ACCUEIL MADA. HISTOIRE MADA. GEOGRAPHIE MADA. DIVERS
PUBLICATIONS MEDIAS LIENS UTILES FORUM
Archives actualité Archives analyse Annonces Annuaire Partenaires Soutien Contact

ARCHIVES ACTUALITES : 1-14 AVRIL 2002

De la part de : Rajoharison (13/04/02) : texte du Pasteur Randriamanantena

F I A N A R A N T S O A
____________

Antananarivo, ce Vendredi 12 avril 2002

L'opération, destinée à déloger l'ancien Gouverneur Emilson, les soldats, les gendarmes et les "élèves-gendarmes", dirigés par le Général Andriafeno (de la même ethnie Antesaka que M. Emilson) y dépêchés pour sa protection, a été prévue depuis le 02 avril 2002. Mais le nouveau Président de la Délégation Spéciale, le bouillant Pety Rakotonirina député élu à Ikalamavony, épaulé par le Général Andriamifidison Commandant militaire de la Province Autonome de Fianarantsoa, a dû ajourner à plusieurs reprises l'intervention des militaires et gendarmes dirigés par le Général Andriamifidisoa fidèles au gouvernement Sylla pour épargner la vie d'une soixantaine d'élèves-gendarmes venus d'Ambositra. Mais depuis vingt neuf "élèves-gendarmes" ont pu s'évader d'Andohanatady.

La RADIO FAHAZAVANA FJKM a pu contacter par téléphone deux habitants de Fianarantsoa ce matin à 6 H (heure locale) et à 8 H 30. Une chose est sûre : les militaires dirigés par le Général Andriamifidisoa ont commencé d'attaquer les soldats retranchés au Palais du Gouverneur à Andohanatady ver 5 H 30 mn. A l'heure où je vous envoie ce message l'opération n'est pas encore achevée et la population fut exhortée à renforcer les barrages et à barricader la piste de l'aéroport de peur que des éléments dépêchés depuis Antananarivo ne viennent renforcer les militaires retranchés à Andohanatady.

Du côté de Brickaville, soixante militaires du REGAP (garde prétorienne de Didier Ignace Ratsiraka) ont remplacé les "Zatovo" sur le barrage situé à 7 km au sud de cette localité. Une autre opération va être menée incessamment depuis Antananarivo pour détruire ce barrage. En effet le gouvernement Sylla a lancé un appel aux "réservistes" et à tous ceux qui sont disponibles pour constituer un groupe d'intervention en vue de la destruction de ce barrage. D'après un témoin oculaire qui vient de passer par Brickaville la population locale se plaint des méfaits de ce barrage : les produits agricoles (bananes, fruits, manioc, agrume) pourrissent sur place, l'argent se fait rare et la pénurie en produits de première nécessité frappe de plein fouet. Les paysans riverains du barrage n'osent descendre sur les rizières pour récolter leur riz à cause des mines anti-personnelles posées jusque dans les champs et les rizières par les Zatovo et les militaires du REGAP. Pourtant la destruction de ce barrage ne débloquera pas pour autant le port de Toamasina et ne résoudra pas ainsi le fond du problème. Si bien qu'il faudra par la suite détruire à son tour le barrage érigé au Sud de Toamasina et cette opération sera plus dure à mener car Didier Ignace Ratsiraka, un sortant de l'Ecole de Guerre, ne se laissera pas faire facilement.

Je pense que Madagascar vient d'entrer dans une phase de "guerre civile" malgré l'annulation par la Chambre Administrative de la Cour Suprême du décret de nomination des membres de la Haute Cour Constitutionnelle, ce qui rend nul et non avenu le verdict du 25 janvier 2002 (il n'y aura plus de "second tour"). Un autre problème, cette fois-ci juridique, est à résoudre. Quelle Haute Cour Constitutionnelle procèdera-telle à la validation des résultats du vote du 16 décembre 2001? Serait-ce l'ancienne dirigée par M. Victor Boto (dont la nomination fut abrogée par Didier Ignace Ratsiraka avant la nomination de celle dirigée par Georges Thomas Indrianjafy) ou serait-ce une nouvelle mais quel Président de la République va nommer les trois Hauts Conseillers, Didier Ignace Ratsiraka ou Marc Ravalomanana ? Ce qui nécessiterait de nouveau un "dialogue" entre les deux camps et une "médiation" d'une tierce autorité. Mais, de mon côté, je me demande si c'est vraiment utile et nécessaire car la situation est telle que tout dialogue semble impossible à amorcer. Madagascar se trouve une fois encore dans une situation "inédite" !

Théodore Randriamanantena
RADIO FAHAZAVANA FJKM
FM 88.6

De la part de : R-R. H. (12/04/02) : extrait du journal Midi du 12/04/02

Remise en cause de la HCC: Ratsiraka en mauvaise posture

En considérant le gain de cause en faveur de Marc Ravalomanana et Jean Michel Rasolonjatovo, un profane conclurait que l’Amiral Ratsiraka a violé la loi. Qu’en rejetant toutes les demandes formulées se rapportant au rétablissement de la vérité sur l’élection du 16 décembre, ce dernier n’a fait que conforter la suspicion qui pesait sur lui. Qu’il avait effectivement tout fait pour que la composition de la HCC lui ait été favorable. Pour ce profane, le président sortant, qui s’est toujours réfugié derrière le « légal » perdra donc « la qualité » qu’il a toujours défendue. Et en se remémorant tous les événements qui se sont produits durant le mois de janvier de cette année, ce même profane conclurait que la lutte populaire et le mouvement massif de mobilisation en faveur d’une cause, celle de la justice, n’étaient pas le fruit d’un « coup de tête », comme l’affirmaient les plus mauvaises langues.

Fraudes
Si l’on se remet à la première interprétation logique des effets de l’arrêt de la Chambre administrative, l’arrêt n°01-HCC/AR du 25 janvier 2002, portant proclamation officielle des résultats du scrutin du 16 décembre, se trouverait donc remis en cause. Dans cet arrêt, la HCC a présenté en bloc les motifs qui l’ont amenée à rejeter la confrontation des procès-verbaux et la disqualification du candidat Ratsiraka. Le camp Ravalomanana, en premier, les principales chancelleries, en second lieu, et les autres candidats ainsi que le secteur privé, en dernier lieu, ont exigé la tenue de cette confrontation pour que le candidat Ratsiraka ne soit pas suspecté de fraudes à grande échelle. La HCC « version illégale » n’y a pas donné raison et s’est rangée du côté du candidat incriminé. Sur le plan juridique donc, Didier Ratsiraka n’est pas encore sorti de l’auberge.

Seule force
Sur le terrain politique, la mise en place des barrages, qu’il a cautionnée publiquement, a donné à l’Amiral une autre image, celle d’un chef de guerre qui s’enorgueillit de sa stratégie militaire, face à un ennemi désarmé. Celui qui a fait l’école de guerre française salit sa réputation sur le plan international, d’autant qu’il ne s’est pas soumis à la demande faite par l’Union européenne et les bailleurs de fonds de Madagascar pour « un retour à la normale du réseau du transport national ». Du coup, son adversaire, Marc Ravalomanana, à qui la Chambre administrative a donné raison, a gagné en crédibilité. Les efforts qu’il a menés, durant les trois premiers mois de l’année, se sont avérés fondés. Contrairement à ce que certains peuvent encore penser, Didier Ratsiraka ne domine pas les cinq autres provinces si ce n’est que par la répression et les menaces. Ces barrages contre Antananarivo traduisent sa seule force, et partant, sa seule monnaie d’échange. Et Didier Ratsiraka se déplace encore dans les Faritany pour convaincre l’opinion qu’il n’est pas au bout du rouleau.

De la part de : R-R. H. (11/04/02) : extrait du journal Midi du 11/04/02

HCC : Le décret de nomination annulé par la Chambre administrative

Par requêtes introductives d'instance distinctes, le candidat Marc Ravalomanana, le magistrat Jean Michel Rasolonjatovo, membre du Conseil supérieur de la Magistrature (CSM) ont demandé l'annulation du décret sus-cité portant nomination, constatation des désignations et constatation de l'élection des membres de la HCC. Au soutien de leurs recours, les requérants, représentés par leurs avocats, Me Andriamahadison et Me Randranto, ont fait valoir que la nomination des représentants des institutions parlementaires, l'Assemblée nationale et le Sénat, est illégale dans la mesure où elle n'émane pas des organes délibérants, ni d'une proposition présentée par les bureaux permanents des deux chambres. En ce qui concerne le CSM, le procès-verbal ayant constaté l'élection des deux membres n'étant pas signé par les magistrats, la Chambre administrative a cru bon de juger illégale cette élection.

Intérêt privé

La Chambre administrative s'est ainsi portée compétente pour statuer d'autant que le fait attaqué constitue à ses yeux un acte administratif et non un pouvoir discrétionnaire du président de la République. En effet, comme l'intitulé de son décret l'indique, ce dernier n'a fait que constater la désignation des membres. Les principes de "l'intérêt pour agir" et de "l'acte faisant grief" sont justifiés pour les deux requérants dans la mesure où le but poursuivi par l'acte a été détourné au profit d'un intérêt privé au détriment de l'intérêt public. Aussi bien Marc Ravalomanana, candidat concurrent de l'auteur de l'acte, que Jean Michel Rasolonjatovo, candidat à la HCC, s'en sont trouvés lésés. L'auteur de l'acte incriminé ayant agi pour favoriser un candidat en validant la nomination illégale des membres qui lui sont favorables. Il y a eu vice de forme et détournement de pouvoir, deux actes passibles d'être de la compétence de la Chambre administrative.

Assise légale

Quelles en sont les conséquences ? Quelques juristes que nous avons interrogés à la sortie du palais d'Anosy émettent leur avis personnel. Selon Me Hery Rasoloson, membre du KMMR Antananarivo : "Toutes les décisions prises par la HCC deviennent nulles. Les décisions dont la convocation d'un second tour restent sans effet. Beaucoup se sont demandés si les candidatures à l'élection du 16 décembre en pâtissent. Il n'en est rien car, les dossiers de candidature furent appréciés à l'époque de l'équipe ancienne. Le scrutin du 16 décembre ne se voit pas altéré d'autant que la HCC ne fait que trancher et en proclamer les résultats. Je pense qu'une HCC légale va être opérationnelle, l'ancienne ou une nouvelle, je l'ignore. En tout cas, le verdict d'aujourd'hui constitue une bonne chose pour le pays, ouvrant ainsi la voie à une assise légale du pouvoir actuel aux yeux de la communauté internationale. Je pense que les juges ont fait une saine appréciation et une exacte application de la loi". Selon Jean Michel Rasolonjatovo lui-même "La vérité et la justice sont rendues. Beaucoup de choses vont se produire, en conséquence, mais je ne suis pas en mesure de vous les confirmer avec exactitude".

Pour Me Willy Razafinjatovo, alias "Olala", il s'agit, pour une HCC légalement nommée, de procéder à la confrontation des résultats. "Seul problème : tous les PV sont-ils toujours disponibles ? Dans le cas présent, il serait préférable d'organiser un débat autour d'une table", a-t-il déclaré. A noter que la Chambre administrative a jugé en premier et dernier ressort.

De la part de : R-R. H. (10/04/02) : extrait du journal Tribune du 10/04/02

CONTRE LE BARRAGE DE BRICKAVILLE : IMPATIENCE DE LA POPULATION

Quand le régime Ravalomanana entreprendra-t-il une action contre le barrage génocidaire de Brickaville ? A Tana-Ville, la population ronge son frein et pose la question en manifestant de plus en plus d'impatience. Dans l'esprit de beaucoup, pour ouvrir la route de l'Est et assurer de nouveau l'écoulement des marchandises et du carburant, il suffit de monter une opération militaire percutante et fulgurante contre le pont de Brickaville. En fait, les choses ne sont pas aussi simples, et on donnera raison au pouvoir Ravalomanana de fuir la précipitation.
Il est vrai que la population est excédée par les agressions répétées (Fatihita, Fianarantsoa, Nosy Be…) de l'autre camp, et a mauvaise conscience de rester inactive. Suite à la mise en place du barrage de Brickaville d'ailleurs, la pénurie gagne du terrain et gêne l'existence quotidienne, l'inflation se généralise et rogne les bourses tandis que l'absence de carburant rend difficiles les déplacements.
ULTIMATUM
Il y a de ce fait une grosse aspiration à un retour de la situation à la normale, et on pense qu'une expédition militaire bien tournée pourrait accélérer les choses. Des symptômes attestent de cette impatience généralisée. D'abord, la queue qui se forme devant le guichet pour l'inscription des combattants bénévoles (civils ou réservistes), au Palais d'Ambohitsorohitra. Ensuite, le braquage avorté du magasin d'armes et de munitions d'une caserne d'Ivato, dans la nuit de dimanche, par un groupe de civils. Enfin, l'ultimatum lancé par les officiers subalternes pour la levée du barrage de Brickaville. L'échéance expire vendredi, et en prévision de l'assaut, ce collectif a demandé à la population civile du voisinage d'évacuer les lieux.
Une détermination bien compréhensible, face aux agissements d'une clique tribaliste et génocidaire, dont l'objectif visible est d'affamer et peut-être à terme d'exterminer. La population à Tana-Ville n'entend pas subir passivement les événements et être conduite à l'abattoir sans réagir.
Beaucoup veulent donc s'armer et ne craignent pas de périr avec panache, les armes à la main. La devise est celle-ci : « Mourir debout que vivre à genoux ». Mais on engagera la population à la patience et le camp Ravalomanana à la prudence. Le barrage de Brickaville, en fait, est une provocation et par ses effets, on compte pousser à bout l'autre camp. Si, excédée, Tana-Ville envoie une expédition militaire, la clique génocidaire qui n'attend que cela criera à l'agression, et mettra en œuvre on ne sait quel plan de vaste affrontement, de guerre civile et d'extermination, peut-être avec l'assistance d'alliés étrangers…
On saluera, en tout cas, la fière bravoure des Tananariviens. Cette population qui ne veut pas vivre à genoux, aucune génération ne lui arrive à la… cheville.

De la part de : Rajoharison. (08/04/02) : transmis pas le Pasteur T. Randriamanantena

A FIANARANTSOA LES MILITAIRES VONT PASSER INCESSAMMENT A L'ATTAQUE D'ANDOHANATADY

Andohanatady est le site où se trouve le Palais du Gouverneur de la Province Autonome de Fianarantsoa. A l'intérieur dudit palais des éléments fidèles au ex-Gouverneur Emilson, c'est-à-dire à M. Didier Ignace Ratsiraka, sont retranchés avec des "élèves-gendarmes" envoyés depuis Ambositra pour défendre ce Gouverneur déchu. Une "opération" menée par les Gendarmes et les Militaires de Fianarantsoa aurait dû avoir lieu le mardi 02 avril mais les parents de ces "élèves-gendarmes" ont intervenu auprès des Ministres du Gouvernement Sylla afin de faire sortir leurs enfants de ce Palais; le FFKM local a tout fait pour persuader les officiers pro-Ratsiraka pour évacuer la place mais en vain, ces mêmes officiers ont refusé l'évacuation de ces élèves-gendarmes lesquels étaient d'ailleurs acheminés d'Ambositra sur Fianarantsoa sans qu'on leur ait expliqué l'objet exact de leur mission. Quelques élèves-gendarmes ont pu déserter la place mais plus d'une vingtaine y restent encore retenus et bien gardés par ses supérieurs comme "otages". Les militaires ont ajourné plusieurs fois leur opération, la nuit du 6 avril des coups de feu ont été échangés entre les occupants des lieux et des "éclaireurs" sans causer ni de blessés ni de victimes. Cet après-midi vers 17 H 00 (heure locale) le Pasteur Fidimalala Andriamasinoro , Directeur du Collège Théologique FJKM d'Amboniavaratra-Fianarantsoa, joint par téléphone, m'a informé que les femmes et les enfants habitant les alentours du Palais ont été évacués, seuls les hommes sont restés pour garder les maisons. Le Général commandant le camp militaire de Fianarantsoa a informé les manifestants pro-Ravalomanana que la limite de la patience a été atteinte, et, en s'excusant auprès du FFKM local, il a laissé entendre clairement que les militaires vont prendre leur responsabilité et passer à l'action incessamment. Les yeux des membres du Gouvernement Sylla sont braqués actuellement sur Fianarantsoa (où trois ministres ont été envoyés en mission). Que se passera-t-il ? Et qu'adviendra-t-il demain ?

>Tandis qu'à Antananarivo, après les chaudes alarmes d'hier 07 avril, les "fokonolona" se sont pris aux habitations d'anciens dignitaires de l'Arema : la villa de Emile Tsaranazy, ancien ministre des travaux publics et commanditaire de la destruction du pont d'Ifatihita fut incendiée, celle de Guy Willy Razanamasy (il a soutenu Ratsiraka et a accusé Marc Ravalomanana de fomenter une guerre interethnique) fut pillée, celle de l'ancien ministre, Mme Lalao Raketamanga fut visitée et le fokonolona a sorti les sacs de riz blanc et a vendu à même le trottoir leur contenu (au prix normal) pour pallier à la disette qui frappe actuellement les couches les plus défavorisées à cause des "barrages anti-économiques" érigés par l'Arema à Brickaville et à Mahajanga. La demeure de Mme Lalatiana Ravololomanana (ancienne collaboratrice de l'ancien Maire Guy Willy Razanamasy, laquelle a soutenu Ratsiraka et a proféré des menaces à l'endroit du Président Marc Ravalomanana) fut visitée car des Officiers Algériens y auraient été hébergés ! La liste n'est pas encore close ...

Pasteur Théodore Randriamanantena
Directeur de publication
RADIO FAHAZAVANA FM 88.6

De la part de : Herilalaina (08/04/02) : extrait du journal Midi du 08/04/02

« Nominations illégales » : Un nouveau sort pour la HCC ce mercredi ?

La nomination des membres de la Haute Cour Constitutionnelle par le président sortant Didier Ratsiraka, un mois avant l’élection du 16 décembre, a suscité beaucoup de commentaires sinon des contestations, non seulement au sein des profanes mais surtout dans le cercle des juristes. A notre connaissance, deux requêtes tendant à l’annulation du décret n° 2001-1080 du 22 novembre 2001 portant nomination des désignations et constatation de l’élection des membres de la HCC furent introduites à la Chambre administrative. La première émane du candidat Marc Ravalomanana et la seconde du magistrat Jean Michel Rasolonjatovo, membre du Conseil de la Magistrature. Après l’échange de mémoires écrits entre les parties, une audience se tiendra ce mercredi à la Chambre administrative.

Les illégalités soulevées par les requérants se rattachent en substance à la forme de nomination des membres de la HCC émanant du Sénat, de l’Assemblée nationale, et du Conseil supérieur de la Magistrature. Pour les deux chambres du Parlement, ce sont les présidents qui ont désigné le quota au détriment des institutions. « En tant que personne morale de droit public, ce sont les organes délibérants de ces assemblées parlementaires qui doivent désigner et non leur président ou leur bureau exécutif », soutiennent les requérants. Quant au Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM), on évoque que « certains membres n’ont pas été convoqués et tous les magistrats n’ont pas été informés de la tenue de l’élection des membres pour le compte de la HCC ». Ce qui « va à l’encontre du principe d’égalité de tous les magistrats ». En outre, l’ordonnance n°2001-005 du 18 novembre 2001, portant loi organique relative à la HCC, exige que les 2 membres élus par le CSM doivent avoir « une pratique suffisante » de la magistrature. Or, selon les requérants, ce conseil était dans l’impossibilité d’apprécier cette pratique suffisante, car l’un des élus n’a pas envoyé son CV et ne s’était pas présenté devant lui.

En ce qui concerne les « illégalités commises » par la HCC, pendant ses activités lors de l’élection présidentielle du 16 décembre, les requérants ont fait état de tout ce que l’opinion sait déjà : « Clientélisme et népotisme entachant l’indépendance de la Haute Juridiction, prestation de serment au domicile d’un candidat, le déplacement de la Haute Cour dans un Hôtel en dehors de son siège, etc. ». Mercredi prochain, l’audience à la Chambre administrative aura une signification particulière, dans la mesure où la HCC pourrait connaître un nouveau sort, d’autant que le régime de Marc Ravalomanana asseoit progressivement, à tous les échelons de la structure étatique, son pouvoir. Le contexte n’est plus le même qu’il y a un mois. Affaire à suivre.

De la part de : Herilalaina (07/04/02) : extrait du journal Tribune du 06/04/02

Lutte contre le terrorisme : la guerre est déclarée.


Depuis son investiture à la magistrature suprême le 22 février, Marc Ravalomanana s'adresse, de manière ferme, pour la première fois à la nation et invite le peuple malgache à s'unir pour la défense du pays face au terrorisme. « Des individus appuyés par quelques militaires ont mené un acte de terrorisme sur notre territoire en dressant des barrages routiers, en faisant sauter les ponts afin d'asphyxier la population malgache. Aussi, ils sont les ennemis de la nation. Nous nous engageons à les pourchasser où qu'ils soient ». Telle est la déclaration de Marc Ravalomanana hier au Palais d'Ambohitsorohitra, en présence des membres du gouvernement, des officiers supérieurs issus de l'Armée, de la Gendarmerie et de la Police nationale.
Attendu depuis longtemps, ce discours devait quelque peu soulager la population. Une déclaration qui semble venir à point nommé, vu que la grogne des Malgaches commençait à monter du fait que le gouvernement Sylla se confine dans un attentisme inexpliqué. Il reste, en tout cas, à déterminer comment le camp Ravalomanana va pouvoir lever les barrages et éradiquer le terrorisme. Le ministre de la Défense nationale, le général Mamizara Jules n'a pas, une fois de plus, dévoilé la stratégie à mettre en œuvre. « Nous passerons à l'action sans tarder. Nous préparons quelque chose, mais je ne suis pas en mesure de vous le dire », a-t-il indiqué à la presse, hier matin.
La guerre est donc déclarée. Mais, pour l'instant, l'ennemi est invisible, sinon illisible. Marc Ravalomanana n'a pas indiqué clairement dans son message les noms des « terroristes ». En tout cas, trois sont d'ores et déjà identifiés : Ampy Augustin Portos et le général Tsaranazy Jean Emile et le colonel Coutiti. Lahady Samuel, l'ancien gouverneur de la province Toamasina est aussi sur la liste. De hautes personnalités, civiles et militaires, proches de M. Ratsiraka, y figureraient également. On craint surtout un dérapage venant d'un camp comme de l'autre dans cette chasse aux terroristes.
Pour mener bien cette lutte contre le terrorisme, un Comité National pour la Sécurité (CNS), qui va regrouper les forces armées (y compris les réservistes), les élus et de simples citoyens, est créé. « Ceux qui ne répondront pas à cet appel seront considérés comme les ennemis de la nation », a tenu préciser Marc Ravalomanana.

De la part de : Herilalaina (05/04/02) : extrait du Journal Midi du 05/04/02

INTERVIEW du Gal Razakarimanana (PDS d'Antananarivo) : Ampy Portos et Tsaranazy interdits d’entrée à Antananarivo.

Tsaranazy Jean Emile, aperçu par des témoins dans la destruction du pont de Fatihita et Ampy Augustin Portos, responsable de la flambée de tribalisme et coupable d’actes de terrorisme contre les populations des régions d’Antsiranana, de Toliary et de Mahajanga, sont désormais interdits d’entrée dans la province d’Antananarivo. Le Président de la Délégation Spéciale d’Antananarivo, le Général Razakarimanana Ferdinand, par un arrêté provincial rendu public hier au siège du Faritany à Ambohidahy, a pris cette décision, car « Antananarivo est en danger et il faut à tout prix défendre les biens publics », précise-t-il. Il incite ainsi la population à être plus que jamais vigilante et à collaborer étroitement avec les autorités pour capturer ces deux hommes, s’ils remettent les pieds à Antananarivo ! Selon certaines sources citées par le Général Razakarimanana, des responsables Arema envisagent encore de faire sauter des points stratégiques de la province d’Antananarivo, comme les ponts d’Ankazobe, de Mangamila, de Behenjy, de Tsiroanomandidy et le barrage de Mantasoa. Dans la crise actuelle qui touche la province, nous nous sommes entretenus avec le premier responsable.

Midi Madagasikara : Est-ce que votre autorité est effective après votre nomination ?

Gal Razakarimanana F : Nous avons organisé une réunion avec les différentes autorités de la province d’Antananarivo, qui a vu la présence des préfets de région du Vakinankaratra, de l’Itasy, de l’Imerina Centrale et du préfet de police d’Antananarivo avec 18 sous-préfets sur 19.. J’ai bien demandé à ces différents responsables leur position exacte quant au développement de la province d’Antananarivo. Et je pense que les échanges d’idées et de programmes que nous avons eus, me permettent déjà de dire que mon autorité sur la province est assise. Ils sont prêts à m’épauler et à m’aider dans la continuation du programme de développement d’Antananarivo, qui a déjà été initié par l’ancien gouverneur. De toute manière, ces préfets et sous-préfets sont acquis à la cause du président Ravalomanana et du Premier ministre Jacques Sylla.

Midi : Devant la tactique d’encerclement qui s’installe autour de la province d’Antananarivo, le militaire que vous êtes a-t-il une stratégie de riposte ?

Gal R.F : L’encerclement de la province d’Antananarivo est mené comme une véritable attaque dans laquelle on reconnaît tous ces militaires galonnés diplômés de l’Ecole de Guerre qui essaient de mettre en pratique les théories qu’ils y ont acquises, de détruire complètement la province d’Antananarivo et de mettre à genoux la population. Je précise que la province d’Antananarivo est habitée par l’ensemble de tous les Malgaches et ce sont tous les Malgaches qui sont concernés par l’affaire. Je ne donnerai pas les détails de la stratégie mais malgré tout, nous avons d’autres diplômés d’école de guerre nous aussi, au ministère de la Défense Nationale ou dans d’autres ministères qui peuvent très bien trouver une solution à cette campagne militaire contre un peuple désarmé. De toute façon, nous n’avons qu’à apprendre l’histoire, les Américains se sont pliés devant le mouvement populaire au Vietnam. Le peuple malgache est déterminé à vouloir un changement et je suis sûr qu’il va gagner cette bataille. Quoi qu’il en soit, nous nous sommes, avec le Président et le Premier ministre, attelés à trouver une solution. Les militaires sont déjà sur terrain et je pense qu’à moins d’être bestiaux, de laisser leur conscience à la maison, comme disent certains généraux, je ne crois pas qu’ils se contenteront d’être bêtes et disciplinés, comme on disait autrefois. Je suis convaincu qu’ils réfléchissent en ce moment, et qu’ils vont changer leur fusil d’épaule pour soutenir le peuple malgache.

Midi : Un affrontement est-il envisageable selon vous ?

Gal R.F : Un affrontement est en effet possible. Mais je fais appel à la sagesse des Malgaches et au patriotisme des militaires pour prendre exemple sur la province d’Antananarivo, où la passation de service s’est passée en toute fraternité, malgré les déclarations postérieures du Gouverneur. Si on veut vraiment le bien de ce pays, si on pense vraiment au peuple malgache, il faut que les commanditaires de ces actes de terrorisme, (c’est vraiment le terme) arrêtent ces actions.

De la part de : Herilalaina (04/04/02) : extrait du Journal Midi du 04/04/02

Plainte contre Ratsiraka pour « crime contre l’humanité » ? L’idée fait son chemin...

La Société civile à Antananarivo étudie en ce moment la possibilité de porter plainte contre Didier Ratsiraka pour « crime contre l’humanité » devant le Tribunal pénal international. Les griefs, dont certains ont une similitude avec ceux dirigés contre l’ancien président yougoslave Milosevic, pourront faire état d’ « embargo contre la population d’une province d’un pays dont il se considère toujours comme Président » et de « haine manifeste envers des ethnies, traduite par une chasse à l’homme infernale dans différentes régions de Madagascar ». Les plus critiques affirment que la situation actuelle ressemble à une « épuration ethnique à retardement ». Par ce fait, tous ceux qui lui portent soutien, des complices à qui sont confiés les sales boulots, sont mouillés avec l’Amiral. Ces militaires, ces gradés qui donnent les ordres, ces hommes en uniforme qui s’accrochent à un homme qui n’a plus d’avenir politique et qui, selon ses adversaires, ne pense même pas à l’avenir de ses descendants. Une bonne partie de l’Armée continue à fermer les yeux par souci de principe aveugle de légalité. Mais quelle légalité soutient-elle alors que les ponts sautent au détriment du peuple ? Quel genre de légalité protège-t-elle alors que la population éprouve toutes les difficultés à s’acheter les PPN ?

D’autres analystes se rattachent seulement aux termes de la Constitution de Madagascar. Didier Ratsiraka est, selon eux, coupable « en violant les articles 1, 8, 10, et 12 de la Loi fondamentale malgache ». En résumé : « Une République unie et indivisible (...). Les nationaux sont égaux en droit et jouissent des mêmes libertés fondamentales protégées par la loi sans discrimination fondée sur le sexe, le degré d’instruction, la fortune, l’origine, la race, la croyance religieuse ou l’opinion (...) Les libertés d’opinion et d’expression, de communication, de presse, d’association, de réunion, de circulation (...). Tout individu a le droit de circuler et de s’établir librement sur tout le territoire de la République dans le respect des droits d’autrui et des prescriptions de la loi ». L’Union européenne et les bailleurs de fonds qui viennent de lancer un appel au « retour à la normale du réseau du transport national » ont reçu une gifle, puisqu’on continue de détruire les ponts. Quelles mesures vont-ils prendre maintenant ? Les déclarations en faveur du maintien des barrages faites en public, par exemple à Toliara et à Antsiranana, par celui qui a été formé à l’école de guerre française, constituent des preuves tangibles contre l’Amiral. Ce dernier jette l’ancre à Toamasina et attend que son heure et (ou) celle des autres arrivent. C’est selon.

De la part de : Herilalaina (03/04/02) : extrait du Journal Midi du 03/04/02

Remaniement des chefs de cours et tribunaux : LES AUTEURS DE "CRIMES CONTRE LA NATION" DEVANT LA JUSTICE !

"Certains Procureurs de la République continuent d'obéir aux ordres du pouvoir sortant". Par cette phrase, le général Mamizara Jules explique pourquoi "il est encore difficile, aujourd'hui, d'engager des poursuites contre les auteurs d'actes criminels". Le lieutenant-colonel Coutiti fait partie de ceux-là, selon le nouveau ministre de la Défense nationale, qui n'a pas hésité à le qualifier de "criminel". Laissant entendre par-là que, le moment venu, l'intéressé sera traduit devant la Justice. Au même titre que tous les auteurs d'actes de nature à porter atteinte à l'unité de la République ou à mettre en péril l'intégrité du territoire national et qualifiés de "crimes contre la Nation" par la Constitution. Pour ne citer que les barrages antiéconomiques et les destructions de pont.

Supérieurs hiérarchiques

Ces procureurs complices par inaction (publique) sinon coupables par omission, seront inévitablement remplacés. A tout le moins, on mettra au-dessus d'eux, au niveau des cours d'appel, des supérieurs hiérarchiques, c’est-à-dire des procureurs généraux, à même de remettre les plus récalcitrants sur le chemin du droit. Le remaniement de l'appareil judiciaire touchera donc les deux niveaux de juridiction, les tribunaux de première instance et les cours d'appel. Et aussi bien le siège que le parquet. L'opération concernera, en premier lieu, les chefs de juridiction et/ou de cour. C'est dans cet esprit que s'inscrit la récente nomination en conseil des ministres, à Ambohitsorohitra, du premier président et du procureur général de la cour d'appel de Tana. Suivie ensuite de celle du procureur général près la cour d'appel de Fianarantsoa dont la compétence s'étend jusqu'aux juridictions sises dans la province de Toliara. Sans doute que le vent du remaniement n'épargnera pas non plus les autres cours d'appel de Toamasina et de Mahajanga.

Cour suprême unique

En plus des chefs des tribunaux de première instance et ceux des cours d'appel, le conseil des ministres présidé par Marc Ravalomanana mettra un soin particulier au choix du procureur général et du premier président de la cour suprême. "Sur proposition du ministre chargé de la Justice après consultation du Conseil Supérieur de la Magistrature". Ancien premier président de la cour suprême, l'actuel ministre de la Justice, Alice Rajaonah, saura sûrement quels noms proposer, pour devenir "les chefs de cette haute juridiction" qui siège à Tana, mais qui a compétence sur toute l'étendue du territoire de la République. Autrement dit, les cours d'Appel et tribunaux sis dans les 5 provinces autonomes ne peuvent se soustraire ni à l'autorité ni au contrôle de l'unique Cour Suprême implantée à Tana, quand bien même Tamatave aurait été "autoproclamée" capitale des 5 autres provinces, par les 5 ex-gouverneurs qui sont passibles de la peine maximale prévue par le code pénal.

De la part de : Rajoharison (01/04/02)

Le " POIDS des MOTS " : ils ont dit ( ou ils ont osé dire )

Ratsiraka qui déclare (en campagne) : "si jamais un des candidats venait a être assassiné,il n'aurait rien à voir là-dedans", ....et la fameuse phrase à Fénérive-Est : "...Jamais, jamais, jamais !" (sept fois !) et encore d'autres : Ratsiraka déclare devant la caméra le jour même de l'élection du 16 Décembre 2001 ": ..."si, si par malheur, je ne serai pas réélu, il y aura instabilité politique"..."Je souhaite bien du courage à mon successeur", aime-t-il à dire.

Marc Ravalomanana s'engage définitivement à aller jusqu'au bout pour faire respecter le choix du peuple malgache :
"Vonona aho hiaro hatramin'ny farany,ny safidin'ny vahoaka malagasy" ("Je m'engage à sauvegarder le verdict du peuple malagasy jusqu'au bout"). Cette déclaration solennelle que Marc Ravalomanana a ramené la confiance à sein de son électorat, moralement ébranlé par une semaine de désinformation à base de résultats falsifiés établis par le gouvernement en place. Au Stade de Mahamasina (Antananarivo) 22 Décembre 2002.

Son slogan électoral était celui d'un prédicateur, tiré de l'évangile selon Saint-Marc (9.23): "Tout est possible à celui qui croit".

Sommaire Mardi 08 janvier 2002 (Midi Madagascar)
Ravalomanana loue " la détermination du peuple ". " La patience a des limites ", a-t-il dit. " Je suis né audacieux et courageux. Je ne recule pas devant les obstacles une fois que j'ai pris mes responsabilités ." "A quoi servirait un second tour, si on n'a pas respecté le choix des électeurs au premier ? Ratsiraka pourra encore une fois tranquillement se livrer à une fraude électorale massive", commente un avocat de M. Ravalomanana.

André Haja RESAMPA (Rouen) - Juriste en droit public a dit : ....."Car seul subsiste désormais la valeur politique de la légitimité du choix du peuple, étant donné que la valeur juridique de la légitimité de la procédure électorale est désormais nulle et sans intérêt ; et ne serait-il pas louable de reconsidérer et adapter sa perception du droit au regard de la réalité politique malgache, plutôt que de "perdre son âme" à défendre un juridisme qui abrite la fraude électorale et la violation des droits fondamentaux ?........"
"...Il ne faut surtout pas que la communauté internationale se trompe de condamné:
- c'est bien l'Amiral Didier Ratsiraka qui a violé la procédure électorale par le biais de certains juges constitutionnels qui lui étaient soumis,
- c'est bien l'Amiral Didier Ratsiraka qui a usé sans fondement des prérogatives redoutables que sont les pouvoirs de crise pour en faire une arme du combat politique; et enfin,
- c'est toujours l'Amiral Didier Ratsiraka qui usurpe aujourd'hui avec la complicité des gouverneurs autonomes, des pouvoirs présidentiels qui ne lui appartiennent plus.
Et tout cela pour réaliser ce qu'il convient d'appeler sans ambiguïté, un " coup d'Etat ".
Car étant donné que le pouvoir légitime et le centre décisionnel légitime sont à Tananarive, toute autre forme de pouvoir qui chercherait à s'y substituer, ne serait rien d'autre qu'un " coup d'Etat ".

"Ravalomanana = SS", proclament des graffitis sur les murs d'Antananarivo, dont certains accolent le nom du candidat de l'opposition à la présidentielle, Marc Ravalomanana, à des croix gammées. "Nous sommes à la veille d'une dictature nazie, à la veille du fascisme et du nazisme à Madagascar", a lancé, Vendredi 18 janvier, le président Didier Ratsiraka, qui brigue un nouveau mandat. Pour préserver la démocratie, "le pouvoir ne doit pas être au bout de la rue, pas plus qu'au bout du fusil", a déclaré Ratsiraka en fustigeant les menaces de "dictature nazie". Des tracts de Ratsiraka à Tamatave : à Toamasina, fief du président Ratsiraka, un de ces tracts a même été diffusé avec le nouvel annuaire du téléphone. "Aujourd'hui, c'est notre fils Marc Ravalomanana qui a introduit l'idéologie nazie chez nous. C'est pour cela qu'il agite la main comme Hitler quand il passe devant une foule." (..)

Eusèbe JAOJOBY ( le "roi du Salegy") a dit :
"Ceux qui soutiennent Ratsiraka sont en train de dire que c'est lui qui a été à l'origine de l'autonomie des provinces, c'est lui le père qui doit élever son enfant." "Ils disent aussi que c'est lui le garant de l'unité nationale, que sans lui ce sera la guerre civile, le tribalisme, mais ce sont eux qui terrorisent les gens dans les provinces." "Le tribalisme n'est plus d'actualité, les Malgaches s'aiment. Que tu descendes d'une lignée princière ou d'esclaves affranchis, que tu sois des hautes terres ou de la côte, tu es Malgache, tu as le droit de voter, d'être élu, de diriger ton pays". "On est loin du temps des seigneurs, maintenant on est en république : Il faut être démocrate, faire des élections transparentes, et quand il y a des doutes,comme c'est le cas actuellement, faire une confrontation". Pourquoi se réfugier dans des lois que tu as toi-même tissées ? Pour moi, c'est de la malhonnêteté."

Aujourd'hui, alors que les Etats-Unis lancent un appel en faveur de la population et demandent que le gouvernement Ratsiraka accepte le verdict, le président sortant affiche le même détachement vis-à-vis des manifestants : "Le nombre m'importe peu. Peu m'en chaud qu'il y ait 10 000, 40 000 ou 100 000 personnes", a-t-il lancé. L'amiral-rouge Ratsiraka a répondu (concernant les 40.000 malgaches morts de faim dans le Sud de l'Ile) : "Je n'en sais rien, très franchement j'avoue mon incompétence à compter les morts."
Ratsiraka sur "CANARD ENCHAÎNÉ" du 13 Mars 2002

Le Père PEDRO d'"AKAMASOA" à Antananarivo : " ...l'action est plus forte que la parole " disait Père Pedro le prêtre bâtisseur et meneur d'homme qui défend la dignité de l'homme en lui donnant le moyen de vivre décemment.

Sur "Le MAURICIEN" ce Samedi 30 Mars 2002. Dans une déclaration à Radio France Internationale (RFI), hier, le président sortant Didier Ratsiraka a affirmé qu'il veut " sauver l'unité nationale " en se maintenant face au président Marc Ravalomanana, qui a installé un pouvoir parallèle dans la capitale. " J'ai sauvé l'unité nationale six fois déjà dans ma chienne de vie. Je vais essayer de la sauver une septième fois mais cette fois-ci je ne suis pas si sûr de pouvoir y arriver parce qu'il y a un mépris tel, et une exacerbation telle de conflits ethniques que ça me semble assez difficile ", a déclaré M. Ratsiraka. Le président sortant malgache a estimé qu'il y a un gros risque aujourd'hui " de déflagration, de conflit ethnique pour ne pas dire de guerre civile ".

Jeudi, l'Union européenne, appuyée par les principaux bailleurs de fonds de Madagascar, a appelé à la levée de ces barrages.
"Peut-être que ces barrages sont un moindre mal pour empêcher justement une déflagration, une confrontation ethnique " a estimé M. Ratsiraka. " Les barrages, en fin de compte, en dernière analyse, peuvent être un moyen d'éviter la guerre civile à Madagascar ", a-t-il ajouté.

Didier Ratsiraka a affirmé ne pas vouloir être un " déserteur " face à M. Ravalomanana, affirmant qu'il s'agirait d'une " non assistance à peuple en danger ". Il a qualifié le mouvement de son rival RAVALOMANANA de " horde néofasciste ou fasciste ou nazie ", de " secte qui va mettre le pays en coupe réglée, vassaliser nos enfants et nos petits enfants, réduire en esclavage le pays ". " Je ne peux pas laisser faire ça ", a-t-il ajouté, affirmant que pour l'instant, M. Ravalomanana n'avait " de prise que sur la capitale " et pronostiquant que la situation allait " se retourner en sa défaveur ".

"S'il veut raser Antananarivo, après tout, il en est le maire, ceux qui s'en plaindront n'avaient qu'à pas l'élire", plaisante le directeur général de la présidence sortante de Ratsiraka, Gérard Andrialemirovason.

Démission du Général Raveloarison , gouverneur de Tananarive, désigné par le président sortant Didier Ratsiraka, pour appliquer la loi martiale dans la capitale. (27 Mars 2002 ). "La situation qui prévaut actuellement à Antananarivo peut aboutir objectivement à un affrontement avec mort d'homme, tant du côté de la population que des forces de l'ordre ", explique le général. - (AFP.)

François BAYROU à la Réunion : (30/03/2002)
"S'il y a un pays, un peuple au monde qui a besoin du changement que la démocratie apporte c'est Madagascar", a dit M. Bayrou, accompagné du député UDF Jean-Paul Virapoullé, qui soutient Jacques Chirac au premier tour.
"Je me sens aux côtés de la liberté, de la lutte, du changement puissant qui est en train de se produire", a-t-il ajouté, avant de conclure :
"vive Madagascar et vive Madagascar libre".

( à suivre )..........