ARCHIVES ACTUALITES : 15-30 AVRIL 2002
De la part de R-R. H. (le 30/04/02) : Ravalomanana déclaré élu par la HCC (Extrait du journal Tribune du 30/04/02) mais.....position ambigüe de l'OUA (Extrait du journal Midi du 30/04/02)
Extrait Tribune 30/04/02 : RÉSULTATS DE LA PRÉSIDENTIELLE. MARC RAVALOMANANA AUX ANGES…
« Le candidat Ravalomanana Marc, ayant obtenu la majorité
constitutionnelle, est déclaré élu président
de la République de Madagascar ». Il était 12 heures
35 quand le verdict est tombé au ministère des Affaires
étrangères, en présence de nombreuses personnalités
civiles et militaires. Marc Ravalomanana est crédité de
51,46 % ; Didier Ratsiraka : 35,90 %, selon la Haute Cour Constitutionnelle
(HCC). L'annonce fut accueillie par un salve d'applaudissements. Les
ambassadeurs, accompagnés de leurs interprètes respectifs,
présents dans la salle ont pris note de l'arrêt de la HCC.
Avant l'entrée, à 11 heures 30, des six membres de la
Haute Cour, une certaine fébrilité animait l'assistance.
Le suspense allait durer une heure durant. A la fin, le public était
partagé entre soulagement et inquiétude… Soulagé
de voir Marc Ravalomanana enfin officiellement dans son fauteuil présidentiel,
mais inquiet quant à l'avenir du pays. Beaucoup, en effet, ont
encore à l'esprit la récente déclaration de l'amiral
Ratsiraka, à l'AFP, selon laquelle il rejettera le verdict de
la HCC quelle que soit la teneur. Néanmoins, une bonne partie
de la population paraît se réjouir de cette décision
de la HCC, malgré les menaces qui planent toujours sur l'île.
La fête spontanée qui s'est déroulée hier,
sur la Place du 13 Mai, en est l'illustration.
Ainsi, M. Ravalomanana a gagné dès le premier tour. Son
score s'est même amélioré de quelque 400.000 voix,
tandis que celui de M. Ratsiraka n'a pratiquement pas bougé.
On ne sait comment Marc Ravalomanana va-t-il gérer cette victoire
plutôt écrasante face à son concurrent direct. L'heure
est à l'action. Vu cette situation de crise qui prévaut
sur le pays, il ne peut prétendre bénéficier d'un
état de grâce. Son gouvernement doit être à
la hauteur des attentes des Malgaches. C'est un gouvernement de combat
qu'on souhaite voir et non une équipe au bois dormant.
IL N'Y A PLUS DE DIALOGUE
En tout cas, la réplique du camp Ratsiraka a été
rapide. Dès hier, il a décrété, de manière
ferme, la mise en place de la Confédération de cinq Etats
(provinces d'Antsiranana, Toamasina, Toliara, Fianarantoa et Mahajanga).
Une initiative anticonstitutionnelle dont les conséquences sont
graves sur tous les plans. Etant donné qu'aucun dialogue n'est
plus possible entre les deux rivaux - ce qui est à déplorer
- on voit mal comment persuader les cinq gouverneurs de revenir à
leur décision.
Une fois de plus, c'est vers l'Armée que les regards se tournent.
Toutefois, hier également, des officiers supérieurs cantonnés
en province ont fait savoir qu'ils contestent le pouvoir du président
Marc Ravalomanana. Une déclaration qui semble ne pas faire l'unanimité
au sein des forces armées. Exemple : hier Diego Suarez, lors
de la cérémonie de proclamation de la naissance de l'«
Etat d'Antsiranana », devant l'Hôtel de Ville, l'on ne devait
relever la moindre présence d'officiers de l'Armée à
la tribune. Seuls ont été présents, le maire, le
procureur, des chefs de service de l'Administration et quelques élus
dont le député zafiste, Abdillah, ainsi que des militants
Arema.
Quoi qu'il en soit, si l'équipe Ravalomanana a du pain sur la
planche afin de réinstaurer la paix dans le pays, le retour à
la normale n'est pas à exclure. Il revient à tous les
responsables politiques de déployer un discours d'apaisement
pour que la haine de l'autre ne s'incruste davantage dans les cœurs.
Extrait Midi (30/04/02) : Position ambiguë du SG de l’OUA
« Le Secrétaire général de l’Organisation de l’Unité Africaine, M Amara Essy, a été informé de la décision de la Haute Cour Constitutionnelle suite à un nouveau décompte des voix du premier tour de l’élection présidentielle à Madagascar.
Le Secrétaire général, tout en réitérant son respect pour les institutions judiciaires du pays, notamment la HCC chargée de statuer en dernier ressort sur les résultats des élections présidentielles, prend note avec préoccupation de la décision de cette dernière, qui pourrait porter préjudice à la gestion de la mise en oeuvre de l’Accord de Dakar du 18 avril 2002.
Le Secrétaire général en appelle à la raison, à la sérénité et au sens de l’Etat, de M le Président Didier Ratsiraka et de M Marc Ravalomanana durant la présente délicate situation que traverse leur pays. Il les conjure de tout mettre en oeuvre pour préserver la paix sociale et l’unité nationale du pays et leur demande de revenir instamment à l’esprit et à la lettre de l’Accord de Dakar, dont la première motivation est l’instauration et la consolidation de la paix à Madagascar. Le Fihavanana malgache doit prévaloir à présent et permettre aux uns et aux autres de surmonter, d’une façon pragmatique, tous les obstacles qui surgiront du fait de cette décision de la Haute Cour Constitutionnelle. L’OUA et la délégation ministérielle des pays facilitateurs de l’Accord de Dakar, attendues instamment à Madagascar, seront à leur entière disposition pour les aider à surmonter les éventuelles difficultés ».
A la lumière de cette déclaration, on est amené à croire que l’Accord de Dakar, dans sa forme rendue publique, n’était qu’un leurre pour le peuple malgache. L’OUA s’attendait-elle à ce que la Haute Cour Constitutionnelle puisse altérer la vérité pour permettre à Didier Ratsiraka d’assouvir ses caprices ? Pourquoi alors avoir cautionné l’article premier dudit Accord qui stipule noir sur blanc que « (…)dans l'hypothèse où aucun candidat n'a obtenu la majorité requise pour être élu au premier tour de scrutin, un référendum populaire portant sur le choix entre les deux candidats sera organisé avec l'assistance des Nations unies, de l'OUA, de l'Union Européenne et de la communauté internationale dans un délai de six mois maximum ». Pourquoi ne pas avoir mis tout de suite « un référendum est organisé… » ? Pourquoi tromper tout le monde et ne pas avoir clairement mentionné qu’en cas de victoire de Ravalomanana, l’Accord sera renié? Le choix d’un peuple serait-il sujet à troc contre le diktat d’une seule personne ?
Hier soir, selon nos sources, les proches de Didier Ratsiraka se seraient précipités à rendre compte aux responsables français. Quant à Marc Ravalomanana, il a reçu hier à son domicile, avant sa déclaration d’hier, les représentants diplomatiques des Etats-Unis et de l’Allemagne. Quelque part, on constate une désinformation à grande échelle. En tout cas, c’est l’impression qu’on a si l’on se réfère aux informations véhiculées en France, notamment par les médias internationaux. Parler d’une Haute cour à la solde de Ravalomanana signifie une injure aux signataires (les deux candidats, l’OUA, Chefs d’Etat facilitateurs) de l’Accord de Dakar qui avaient donné leur aval à l’actuelle HCC. Les plus critiques posent la question : est-ce la France qui reste réticente à ce que la vérité éclate ? L’absence hier au MAE de l’Ambassadeur de France aurait-elle une signification particulière ?
De la part de Rajoharison (le 27/04/02) : Témoignage de Armand Manitra RAKOTO, Rédacteur au Journal Marturia - Vavolombelona.
Antananarivo, ce samedi 27 avril 2002.
TRAITER AVEC UN TERRORISTE ! .
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"Aza misioka raha tsy tafavoaka ny ala", littéralement
: "Ne sifflotons pas avant d'être sortis de la forêt".
Nous ne nous lassons point d'émettre des doutes non seulement
sur la bonne volonté de M. Didier Ignace Ratsiraka mais surtout
sur ses véritables objectifs. Notons qu'il est tout à
fait logique que les médiateurs et les facilitateurs dirigés
conjointement par M. Amara Essy Sectétaire Général
de l'OUA, M. Ibrahim Fall Représentant du Secrétaire Général
de l'ONU et le Président de la République du Sénégal
M. Abdoulaye Wade, se sont félicités, lors de la conclusion
et de la signature par les deux principaux protagonistes de l'Accord
de Dakar. Il est tout à fait compréhensible qu'après
avoir apposé leur signature sur le bas du document les protagonistes
s'échangent chaleureusement des poignées de mains, des
accolades, des félicitations et émettent des souhaits.
D'un côté ces usages de "politesse" et "protocolaires"
expriment la satisfaction, la sincérité des contractants,
des médiateurs et des facilitateurs et surtout la bonne volonté
des contractants d'appliquer les closes de l'Accord. Quelques heures
après les responsables politiques français, à la
fois promoteurs et initiateurs de cet Accord se sont livrés à
des verves très optimistes et se sont permis de dévoiler
quelques "indiscrétions"
pour se vanter de leur prouesse et de leur "autorité diplomatique
et politique" devant la fameuse Communauté Internationale.
Mais allons voir la suite ! .
Le Président Marc Ravalomanana, qualifié à tort
par les médias occidentaux de "Président auto-proclamé"
en dépit des remarques pertinentes émises à satiété
par les journalistes malgaches,
s'est empressé de rentrer à Antananarivo pour expliquer
les tenants et les aboutissants de l'Accord et pour prendre les mesures
adéquates en vue de sa stricte application; tandis que le Président
sortant M. Didier Ignace Ratsiraka profite de sa sortie à l'extérieur
pour passer plus d'une semaine à Paris or, il n'a émis
même pas un message (à caractère officiel) à
ses partisans et acolytes. Mais son "silence éloquent"
n'a trompé personne. En effet il est difficile de croire qu'il
n'ait pu envoyer ni des coups de fil, ni des lettres faxées à
son Premier Ministre et à ses acolytes. Déjà les
5 Gouverneurs (dont le fameux Emilson de Fianarantsoa) après
un laps de temps de "flottement", assistés et encouragés
par Tantely Andrianarivo, annoncèrent ce que M. Didier Ignace
Ratsiraka leur a soufflé de Paris : "L'application de l'article
5 stipule effectivement le démantèlement des barrages,
mais il ne faut pas oublier qu'il y a d'autres barrages (selon lui de
taille!), le Gouvernemment Sylla et le PDS Pety Rakotoniaina !".
Mais à mon humble avis il serait pratiquement inacceptable de
faire confiance au Gouvernement Tantely Andrianarivo auteur des dynamitages
des ponts et commanditaire des arrestations et des assassinats arbitraires!
Nous, simples mortels, n'étant pas présents à l'Hôtel
Méridien de Dakar, ne pouvant pas ainsi ni partager les "secrets
des dieux", ni assister aux "conciliabules", ni capter
les apartés dans les coulisses, nous avons poussé un ouf
de soulagement mais nous fûmes vite submergés de désillusions
amères ! Et tout ce beau monde savait pertinemment que
les arrestations assorties de tortures continuent en s'amplifiant après
le 18 avril. Le Pasteur Rakotoarimanana de Sambava exilé dans
un endroit dont je tais le nom pour sa sécurité, me rapporta
que, poussés par M. Ampy Augustin Portos et par Mme Soaline,
Rahitso, Kotity imperturbables continuent toujours de jouer les "Rambo"
dans les régions d'Ambanja, de Nosy Be, de Sambava, d'Andapa
jusqu'à ce jour : ils pourchassent les fugitifs jusque dans la
forêt et ont tenté des incursions jusque dans la Sous-Préfecture
d'Antalaha. Heureusement le Sous-Préfet de cette circonscription
a établi un "barrage" pour protéger ses administrés
de la folie meurtrière de ces "chasseurs de KMMR, de KMSB,
de Chrétiens et de Pasteurs Réformés".
Les personnes arrêtées et détenues dans des endroits
inconnus à Antsiranana subissent des traitements inhumains et
des tortures avilissantes. D'après le Pasteur Gilbert Randrianarison
de la Paroisse F.J.K.M. d'Antseranana des arrestations nocturnes eurent
lieux dans divers quartiers de la ville ces derniers jours. Ces détenus
sont fréquemment déplacés d'un endroit à
un autre : leurs ravisseurs veulent éviter les visites jugées
inopportunes, en effet des malgaches (chrétiens et non chrétiens)
mus par la compassion osent apporter des aliments à ces détenus
et constatent de visu les traitements inhumains que leurs geôliers
leur font subir
quotidiennement. C'est pour dire que l'application de l'Accord de Dakar
(qu'il a d'ailleurs dénoncé avec ses autres homologues)
est le moindre des soucis du "Gouverneur" Jean Robert Gara
qui pousse son cynisme jusqu'à faire organiser une parodie de
justice à l'endroit de ces détenus. Le quotidien Midi-Madagasikara
rapporte dans son édition de ce samedi 27 :
"Le sinistre sire Gara Jean Robert, aidé de ses fidèles
acolytes, continue à mener la vie dure à la population
du nord, faisant fi de l'accord signé à Dakar. Hier (vendredi
26 avril - NDLR) 17
prisonniers politiques de la région de Sambava ont été
acheminés au tribunal d'Antsiranana, enchaînés les
uns aux autres comme des malfrats, soi-disant pour être jugés,
après une ou plusieurs semaines de garde à vue et de mauvais
traitements. Une autre victime, du nom de Vévé, que nous
avons eu au téléphone, est dans un état critique.
Ayant reçu un coup de poignard, il se trouve aujourd'hui sous
perfusion".
Notons que ce fameux Gouverneur projette actuellement de faire de la
Province Autonome d'Antsiranana un "Etat Indépendant".
Pour ce faire il a déjà pris les mesures qu'il a jugés
adéquates : renvoi ou menace de renvoi des personnalités,
des fonctionnaires et des officiers jugés gênants et non
coopératifs, surtout les merina et les betsileo. Le PDS d'Antsiranana
désigné par le Gouvernement Sylla, Pascal Jaosoa rapporta
que le "Gouverneur" a détourné 900 millions
de francs des "fonds spéciaux" de la Province d'Antsiranana
en janvier, 175 millions en février et 500 millions en mars et
il vient de passer une commande de 17 véhicules tout terrain
qui coûteraient la coquette somme de 14 milliards de nos francs.
Le barrage anti-économique de Betsiboka (érigé
sur ordre du Sire Razafindehibe "Gouverneur" de Mahajanga,
sur la RN4 reliant Antananarivo au port de Mahajanga) fut effectivement
levé mais reste toujours gardé par des militaires rackettant
les conducteurs : la somme exigée varie selon la catégorie
des véhicules: les voitures légères doivent payer
150 000 à 250 000 Fmg tandis que les camions doivent débourser
plus d'un million ! A l'heure où je vous envoie ce message les
partisans de M. Didier Ignace Ratsiraka accueillent "triomphalement"
leur héros à l'Aéroport d'Ambalamanasy de Toamasina,
accueil ayant été préparé minutieusement
par son neveu de maire, Roland Ratsiraka. Tout ces faits nous inquiètent
au plus haut point et ce n'est point la déclaration lénifiante
du Secrétaire National de l'Arema, M. Pierrot Rajaonarivelo qui
va dissiper nos doutes et notre angoisse. Le peuple malgache attend
anxieusement la décision de la Haute Cour Constitutionnelle qui
sera proclamée ce lundi et la réaction du camp de l'Amiral
au cas où la HCC statuera sur la victoire de Marc Ravalomanana
au premier tour. Les quotidiens d'Antananarivo parlent d'un "risque
de déstabilisation" d'ici lundi. De leur côté
le Secrétaire Général de l'OUA, M. Amara Essy et
le Président Abdoulaye Wade se démènent : le Ministre
des affaires étrangères du Sénégal fut reçu
à Paris par l'Amiral et il le sera par Marc Ravalomanana incessament.
Le Directeur du Collège Théologique FJKM de Fianarantsoa
m'a rapporté que de source de bonne foi M. Emile Tsaranazy (le
ministre des travaux publics reconverti en dynamiteur des ponts du Gouvernement
Tantely Andrianarivo), le Colonel de Gendarmerie Belone et le Gouverneur
déchu Emilson sont aperçus actuellement au camp de la
Gendarmerie de Tsaramandroso - Fianarantsoa. Il semble qu'ils seraint
en train de préparer la reconquête du Palais d'Andohanatady.
L'Accord de Dakar, bien que considéré par les Grands de
ce monde comme un "chef d'ouvre diplomatique" et qui constituerait
une "grande première" pour l'Afrique, risque de ne
servir à rien, n'en déplaise aux dirigeants français
lesquels s'empêtrent, non point dans une crise politique majeure,
mais devant la monté de l'Extrême Droite en France ! Le
"fihavanana", cet esprit de concorde et de bonne convivialité
cher aux Malgaches pourra ne pas suffire pour résoudre la "Crise
Malgache". Et nous, peuple malgache, nous ne nous faisons plus
d'illusions car M. Didier Ignace Ratsiraka profitera bien de ce "remue-ménage"
pour torpiller sans aucune autre forme de procès le fameux Accord
de Dakar. La leçon que nous pourrons tirer est très
simple : "avant de traiter avec un terroriste il ne faut jamais
se défaire de sa méfiance" et Dieu seul sait ce qui
va se passer à Madagascar après le lundi 29 mai 2002.
Armand Manitra RAKOTO
Rédacteur au Journal Marturia - Vavolombelona.
De la part de Rajoharison (le 27/04/02) : Extrait du "MAURICIEN"
"Madagascar, selon l'archevêque de Tana "
"Les Eglises ne sont que pour la justice et la démocratie"
:
Le cardinale Armand Razafindratandra
"Marc Ravalomanana n'est pas le candidat des Eglises. Les Eglises
ne sont ni pour Ravalomanana, ni pour Ratsiraka, mais pour la justice
et la démocratie. Nous ouvrons pour la réconciliation
nationale" :
déclaration du cardinal Armand Razafindratandra, archevêque
d'Antananarivo et président de la Conférence épiscopale
de Madagascar (CEM), à une question du Mauricien sur le fait
que le maire de la capitale malgache est présenté comme
"le candidat des Eglises". Rencontrant la presse, à
la mi-journée, hier, à l'évêché de
Port-Louis, le cardinal Razafindratandra a également qualifié
Didier Ratsiraka de "président légal" alors
que Marc Ravalomanana est le "président légitime"
de la Grande-Ile. Il a vivement rejeté le terme de "président
autoproclamé" pour M.
Ravalomanana.
"C'est un véritable miracle que Didier Ratsiraka ait accepté
de signer l'Accord de Dakar, surtout quand l'on voit le contenu de cet
accord. Le chef de l'Etat légal a accepté à Dakar
ce qu'il a toujours refusé à Madagascar, à savoir
un décompte contradictoire des voix après confontration
des procès-verbaux des centres de votes. C'est ce que les Eglises
chrétiennes avaient réclamé à cor et à
cri dès la fin du scrutin", a d'emblée déclaré
Mgr Razafindratandra lors de sa rencontre avec la presse mauricienne.
Le Conseil des Eglises chrétiennes de Madagascar (ESKM), a-t-il
expliqué, regroupe les responsables des quatre plus grandes confessions
chrétiennes de Madagascar, à savoir les Eglises
catholique, anglicane, réformée et luthérienne."Chaque
Eglise assure à tour de rôle la présidence de cette
instance, les trois autres occupant des postes de vice-présidents.
Lors du premier tour des présidentielles, j'étais président
du ESKM, mais depuis notre dernier Conseil, c'est l'archevêque
anglican qui assume la présidence de notre organisme", a
déclaré Armand Razafindratandra.
" Refus logique "
Le président de la CEM devait alors faire l'historique de la
crise malgache et commenter pour la presse le contenu de l'Accord de
Dakar, conclu sous " les auspices de l'Organisation de l'unité
africaine, représentée par son secrétaire général,
Amara Essy, et des Nations unies, représentés par Ibrahima
Fall, assistés des chefs d'Etat du Sénégal, du
Bénin, de la Côte d'Ivoire et du Mozambique, qui ont agi
comme facilitateurs ".
Le cardinal d'Antananarivo note d'emblée que M. Ratsiraka accepte
dans cet accord " l'arrêt N° 4 du 16 avril 2002 de la
Chambre administrative de la Cour suprême malgache, qui avait
statué qu'un nouveau décompte contradictoire des voix
obtenues par les candidats au premier tour était nécessaire
". Mgr Razafindratandra devait alors expliquer que, vu le rejet
par les partisans de Marc Ravalomanana des résultats proclamés
à l'issue du premier tour des présidentielles de décembre
dernier - résultats qui avançaient que Marc Ravalomanana
avait obtenu 46% des votes alors que Didier Ratsiraka était crédité
de 40% - et " le constat des Eglises que ce résultat ne
reflétait nullement la réalité du terrain ",
le ESKM devait demander un " décompte contradictoire des
voix ", ce que les membres de la Haute Cour constitutionnelle (HCC)
d'alors, proches du "président légal Didier Ratsiraka,
devaient refuser " - "refus logique", selon l'archevêque
d'Antananarivo, " les membres de l'ancienne HCC ayant été
nommés 21 jours avant " le premier tour du scrutin.
Armand Razafindratandra devait alors parler des irrégularités
ayant entaché la nomination des 9 membres de la HCC. Ainsi, la
législation prévoyait que la présidence de la République
malgache devait nommer trois des neuf membres de cette instance ; la
Commission de l'Assemblée nationale, deux ; la Commission du
Sénat, deux ; et le Conseil de la magistrature, deux. "
Il est significatif que les 9 membres de la HCC aient été
nommés alors que ni la Commission de l'Assemblée nationale,
ni la Commission du Sénat, ni le Conseil de la magistrature ne
se sont jamais réunis pour nommer leurs représentants.
Comment voulez-vous donc que les membres de la HCC acceptent un décompte
contradictoire des voix du premier tour ? ", s'est demandé
le cardinal.
Ayant conduit sa propre confrontation des procès-verbaux des
élections, le Conseil des Eglises chrétiennes de Madagascar
devait trouver que " Marc Ravalomanana avait récolté
52,12% des suffrages exprimés ". L'exercice effectué
par la commission, financé par le Japon, les Etats-Unis, l'Allemagne
et la Suisse, a ajouté le cardinal, devait également trouver
que Marc Ravalomanana avait déjà remporté la majorité
absolue des suffrages dès le premier tour.
" Clarifier la situation "
Mgr Razafindratandra a alors fait l'historique des procédures
entamées afin de contester les résultats proclamés
par " la HCC de Didier Ratsiraka " : en plus de mesures dans
la rue - manifs à Antananarivo " qui ont rassemblé
jusqu'à 1,2 million de personnes " ; journées mortes.
-, le ESKM avait " œuvré dès le départ
pour la réconciliation " en envoyant une lettre à
Didier Ratsiraka et à Marc Ravalomanana pour que chaque camp
délègue 6 personnes à une rencontre. " Personne
n'est venu de chez Ratsiraka ". Un deuxième appel à
quatre personnalités de chaque côté résulte
en une rencontre de deux heures, mais " le camp Ratsiraka était
absent pour la réunion suivante, pourtant convenue ensemble ".
Dans une déclaration au Mauricien, Mgr Razafindratandra devait
également ironiser sur la délégation de l'OUA envoyée
en début d'année à Antananarivo - délégation
qui comprenait Paul Bérenger et Anil Gayan, vice-Premier ministre
et ministre des Affaires étrangères respectivement - pour
" sortir de la crise " : " Cette mission n'a servi à
rien, vu qu'elle ne voulait point entendre la demande des partisans
de Marc Ravalomanana pour une comparaison des procès-verbaux
des bureaux de vote et qu'elle semblait accepter tout de go les résultats
officiels du premier tour ", a constaté le prélat
malgache. " Les détails de l'Accord de Dakar sont globalement
positifs et auraient dû permettre que la capitale malgache ne
soit plus asphysiée. Mais, après Dakar, le président
légal Ratsiraka est en France, où son épouse et
lui se font soigner. On ne sait quand il rentrera à Madagascar
et ses partisans ne lèveront le blocus de la capitale que quand
il sera rentré, laissent entendre ses proches ", avance
le cardinal Razafindratandra.
Pour l'archevêque d'Antananarivo, " les choses devraient
évoluer très très rapidement ", la Chambre
administrative de la Cour suprême malgache ayant ordonné
un nouveau décompte contadictoire des voix - exercice qui a débuté
samedi dernier. " C'est le plus important et ce nouveau décompte
permettra, dès la semaine prochaine, de clarifier la situation
", estime-t-il.
" Quand Madagascar retrouvera-t-elle la sérénité
? " : à cette question de la presse, l'archevêque
malgache affirme que " les partisans de Didier Ratsiraka sont en
petit nombre, mais sont des inconditionnels et possèdent des
armes. Marc Ravalomanana est majoritaire dans l'ensemble du pays ".
D'où, souligne-t-il, l'importance " de tout mettre en ouvre
pour répondre à l'aspiration première du peuple
: la réconciliation ".
Message de Marc RAVALOMANANA : Extrait du journal Midi du 20/04/02
"Message du Président Marc Ravalomanana au peuple malgache"
Chers compatriotes ,
Je reviens de Dakar, capitale du Sénégal, avec un accord
de portée historique : un accord politique pour le retour immédiat
de la paix, de la sécurité, et de la libre circulation
des biens et des personnes sur l'ensemble du territoire national.
Certes, un accord politique nécessite quelques compromis, mais
grâce au sens de la justice et du respect strict de la légalité
constitutionnelle de notre hôte et facilitateur principal, Son
Excellence Monsieur Abdoulaye Wade, Président de la République
du Sénégal, j'ai pu obtenir ce qui me paraît essentiel
pour l'intérêt supérieur de la nation.
Je suis reconnaissant de la médiation menée sous les auspices
de l'Organisation des Nations Unies représentée par M.
Ibrahima Fall, Secrétaire Général Adjoint, et de
l'Organisation de l'Unité Africaine représentée
par M. Amara Essy, Secrétaire Général.
Le Président Ratsiraka et moi-même acceptons de respecter
l'arrêt de la Chambre Administrative de la Cour Suprême
qui nous ouvre la voie à un nouveau décompte sérieux,
crédible, et surtout contradictoire des votes exprimés
en décembre dernier.
Nous acceptons de nous soumettre, si besoin est, à un référendum
qui vous permettra de choisir librement votre Président.
Si la procédure du référendum doit être engagée,
je présiderai la transition en tant que Président du Conseil
Supérieur de la Transition.
Pour la gestion de votre quotidien, un gouvernement de réconciliation
nationale restreint sera formé d'un commun accord, en vue de
préparer cet éventuel référendum.
Enfin, nous avons convenu, ce qui est crucial, que l'éventuelle
consultation électorale sera gérée par une Commission
Electorale Nationale Indépendante, avec l'implication directe
et la garantie des Nations Unies, de l'OUA, de l'Union Européenne,
et de toutes les bonnes volontés au sein de la communauté
internationale.
Voilà ce que je rapporte de Dakar.
Mais je vous rapporte également les enseignements que m'ont inspirés
la sagesse, l'expérience, et le panafricanisme du Président
Abdoulaye Wade.
Avec l'appui de ses pairs, le Président Kerekou du Bénin,
le Président Gbagbo de la Côte d'Ivoire, le Président
Chissano du Mozambique, et le Président Bongo du Gabon qui n'ont
pas non plus ménagé leur temps et leur énergie
pour le succès de la médiation, le Président Wade
nous a montré que l'Afrique aime Madagascar, et qu'elle s'est
sentie profondément concernée par les évènements
survenus dans notre pays.
Je remercie le Président Wade, son peuple et son gouvernement,
et je leur confirme ma volonté de respecter tous mes engagements.
Enfin, je voudrais témoigner ma gratitude à tous ceux
qui ont contribué de près ou de loin à la réussite
des négociations.
Je lance un appel à tous les Malgaches de toutes les régions
de Madagascar, et à tous les partis politiques pour qu'ils respectent
cet accord afin de préserver l'unité nationale et le retour
à la paix civile.
Que Dieu bénisse notre nation.
Le Président Marc Ravalomanana.
Deux textes reçus le 19/04/02 : 1) LE TEXTE DE L'ACCORD DE DAKAR et 2) COMMUNIQUE DE Mamy ANRIAMASOMANANA (recueilli par téléphone hier et nous a été transmis par la personne qui l'a recueilli).
1) Voici le texte intégral de l’accord, signé hier à Dakar, entre Marc Ravalomanana et Didier Ratsiraka pour résoudre la crise à Madagascar.
Didier Ratsiraka, président de la République, candidat
à la présidence de la République de Madagascar,
d’une part, Marc Ravalomanana, candidat à la présidence
de la République de Madagascar d’autre part,
Sous les auspices de l’Organisation de l’unité africaine
(OUA) représentée par son secrétaire général,
M. Amara Essy, et de l’ONU, représentée par M. Ibrahima
Fall, représentant personnel du secrétaire général,
tous assistés des chefs d’Etat facilitateurs soussignés,
Sont convenus d’arrêter ce qui suit :
Vu l’arrêt n° 4 du 16 avril 2002 de la Chambre administrative
de la Cour suprême dont l’application implique un nouveau
décompte contradictoire des voix.
Article 1.
Les parties conviennent que dans l’hypothèse où
aucun candidat n’a obtenu la majorité requise pour être
élu au premier tour de scrutin, un référendum populaire
portant sur le choix entre les deux candidats sera organisé avec
l’assistance des Nations unies, de l’OUA, de l’Union
européenne et de la communauté internationale dans un
délai de six mois maximum.
Article 2.
Dans ces conditions, un gouvernement de réconciliation nationale
de transition sera mis en place selon les principes suivants :
— Le Premier ministre sera désigné d’un commun
accord entre M. Didier Ratsiraka et M. Marc Ravalomanana
— sur les cinq ministères de souveraineté, M. Ravalomanana
proposera deux personnalités à l’Intérieur
et aux Finances,
— tous les autres membres du gouvernement seront désignés
d’un commun accord, à raison de la moitié par M.
Didier Ratsiraka et l’autre moitié par M. Marc Ravalomanana.
Article 3.
Les deux parties conviennent, dès la proclamation des résultats,
de mettre en place un Conseil supérieur de la transition, dont
la mission est de veiller au bon déroulement de la transition.
M. Marc Ravalomanana est désigné en qualité de
président de cette institution, avec rang protocolaire de deuxième
personnalité de l’Etat.
Article 4.
A la place de l’actuel Comité national électoral
(CNE), il est créé une Commission électorale indépendante
chargée de la préparation et de l’organisation de
la consultation populaire.
Article 5.
MM. Didier Ratsiraka et Marc Ravalomanana s’engagent, dès
la signature du présent accord, à faire respecter la liberté
de circulation des biens et des personnes, l’arrêt immédiat
de toutes les menaces et violences sur les personnes et les biens, le
dynamitage des ponts, ainsi que la levée de tous les barrages
sur toute l’étendue du territoire national».
Fait à Dakar, le 18 avril 2002
Suivent les signatures de :
M. Didier Ratsiraka
M. Marc Ravalomanana
M. Amara Essy, secrétaire général de l’OUA
M. Ibrahima Fall, représentant personnel du secrétaire
général
Abdoulaye Wade, président de la République du Sénégal,
au nom du groupe des chefs d’Etat facilitateurs : Mathieu Kérékou
(Bénin), Laurent Gbagbo (Côte d’Ivoire), Joaquim
Alberto Chissano (Mozambique)
____________________
2) Communiqué de Mamy ANDRIMASOMANANA (Représentant officiel de Marc Ravalomanana en Europe)
Chers compatriotes, chers amis,
L'Accord de Dakar signé ce jour reprend les termes échus
du protocole d'accord présenté avec M. Amara ESSY le 11
février 2002, formalisé par M. Norbert RATSIRAHONANA lors
de la négociation du Hilton.
Il reprend également les 6 propositions de l'OUA du 8 mars 2002
ainsi que mes propositions du 12 mars à M. Amara ESSY pour un
retour de la paix, à savoir:
1) Didier RATSIRAKA reste le garant de l'unité et de la cohérence
nationale
...
2) Marc RAVALOMANANA préside le pouvoir exécutif et en
garantit le bon fonctionnement avec un "Gouvernement de Réconciliation
Nationale" conduit par un Premier Ministre nommé sans désaccord
avec Didier RATSIRAKA.
3) Pour permettre la concorde nationale, l'organisation par ce gouvernement
d'une consultation électorale libre, juste, transparente, qui
se fera dans un cadre paritaire avec la garantie de l'appui de la Communauté
internationale.
Je rappelle ces 3 points pour dire que cette VICTOIRE DE LA DIPLOMATIE
DISCRETE SUR LES FAUCONS ne devrait pas compromettre le succès
définitif de la volonté de changement du peuple malgache.
Certes, l'application de ce protocole se vérifiera sur la volonté
des deux parties :
1) A lever dans les heures qui suivent toutes les entraves à
la liberté de circulation des personnes et des biens.
2) A la pertinence du choix d'un Premier Ministre capable d'unifier
la prescription politique et le commandement militaire.
3) A la capacité à unifier l'autorité publique
et la signature de l'Etat malgache vis à vis de la Communauté
internationale.
CE SONT PAR LES ACTES QUE L'ON VERIFIE LES INTENTIONS.
Mamy ANDRIAMASOMANANA
Représentant Officiel de Marc RAVALOMANANA en Europe.
Deux communiqués reçus le 17/04/02 : Collectif Indépendant
pour la Défense de la Démocratie à
Madagascar et Union des Forces Vives Malgache à l'Extérieur.
Communiqué du : Collectif Indépendant pour la Défense de la Démocratie à Madagascar (reçu le 17 avril 2002).
Pitié pour nos enfants !
Le huitième pont, celui du Mangoro a sauté! L'isolement
des provinces entre elles n'en sera que plus accentué. La stratégie
guerrière mise en œuvre par Ratsiraka et son équipe
a des
conséquences catastrophiques.
La destruction systématique des ponts situés sur les principaux
axes et les routes nationales empêche la libre circulation des
biens et des personnes, aggravant ainsi la dégradation du tissu
économique et industriel de l'île. Toutes les catégories
socioculturelles sont touchées, du paysan qui ne peut écouler
son stock à l'industriel qui est contraint de fermer son usine.
Les PPN et les médicaments manquent crucialement alors que de
nombreux foyers épidémiques refont surface, dont le choléra
qui commençait à être maîtrisé. Notons
que ces opérations sont plus que juteuses pour ceux qui les organisent.
Elles sont orchestrées par les gouverneurs de chaque province
nommés par Ratsiraka. Ces barrages sont l'occasion d'un
racket, d'où l'attention particulière portée par
celui-ci et son équipe à leur maintien. Ces ponts sont
piégés de dynamites prêtes à la mise à
feu. De plus, des mines antipersonnelles ont été déposées
aux alentours pour interdire à la population d'y accéder.
Par ailleurs, à Fianarantsoa porte d'entrée vers le sud
et la mer, des mines antipersonnelles ont été également
placées dans la ville. A l'heure actuelle trois enfants qui jouaient
en ont été
victimes.
Pour parfaire sa stratégie, Monsieur Ratsiraka et son équipe
ont envoyé des élèves militaires pour protéger
le bastion de Monsieur Emilson, gouverneur nommé fin 2001. Bilan
dix neuf morts et quarante blessés recensés à ce
jour.
" Ne tuez pas nos enfants (allusion aux élèves sous-officiers
de l'ENSOA) en les envoyant aux fronts avec des armes lourdes. De grâce,
laissez-les faire leurs études mais ne les forcez pas à
aller faire la guerre avec un peuple déterminé plus que
jamais à mettre un terme à une situation révoltante
qui génère des exactions intolérables " selon
Jean Seth Rambeloarison Ministre de l'Intérieur du gouvernement
Sylla.
… et Monsieur Ratsiraka se pose en victime !
Michèle Rakotoson 06.10.44.94.58
Communiqué de l'Union des Forces Vives Malgache à l'Extérieur (reçu le 17 avril 2002).
(Association Loi 1901 5 allée de Longchamp-95 MONTMORENCY -
Tél.
(33) 1 39 89 48 62)
Le Bureau
Paris le 13 avril 2002
"Nous avons toujours sollicité" l'intervention de
l'Opinion
internationale sur les troubles à Madagascar, engendrés
par les
irrégularités lors de l'Election Présidentielle
du 16 Décembre
2001.
Cette déclaration effectuée par le Président Abdoulaye
Wade fait partie de celles que nous
attendons.
Cette intervention du Président du Sénégal a d'autant
plus de valeur et de mérite qu'elle émane d'une Personnalité,
d'un sage de l'Afrique, un homme qui a affronté et subi les affres
des irrégularités administratives à différentes
époques dans son Pays, avant d'accéder à la magistrature
suprême. Il a lutté. Il en a bavé. Il en sait quelque
chose. Et il a eu la chance d'avoir en face de lui des Personnalités
qui ont respecté le choix du peuple sénégalais
!
Ce choix du Peuple est primordial, sacré ! il est des cas et
des moments où, comme à Madagascar depuis quelques mois,
le Peuple réagit devant des irrégularités et des
injustices flagrantes, chaque fois constatées, reconnues et chaque
fois perpétrées car jamais sanctionnées!
Si le blocage de la situation actuelle, à Madagascar, est dû
à l'ambition de deux hommes politiques, il faut quand même
faire un distinguo primordial entre:
- d'un côté, l'ambition d'un président "sorti",
de se maintenir au pouvoir alors que pendant 25 ans il a occupé
ce poste et n'a fait que plonger le pays dans la misère noire,
- de l'autre côté, un président élu et soutenu
par le peuple qui a l'ambition de promouvoir l'évolution de son
pays et de le sortir de cette misère. Il a au moins commencé
à faire ses preuves dans la direction de la mairie de la Capitale,
Antananarivo.
Nous nous élevons contre :
- les actes de violences (enlèvements, séquestrations,
tortures, mort d'hommes par armes blanches ou d'armes à feu)
commis sur des personnes en différents lieux de Madagascar (Nosy
be, Antsiranana, Toamasina, Toliary, Mahajanga, Antananarivo,...).
Nous nous élevons contre :
- les actes de sabotages perpétrés par des personnes de
basse mentalité, en plusieurs endroits stratégiques de
l'île : barrage sur la RN2, dynamitage d'un pont sur la RN7, déboulonnage
des ponts sur la RN4, destruction d'autres ponts sur les trajets Antsirabe
-
Miandrivazo, Fandriana - Antanifotsy, etc...).
Nous nous élevons contre :
- le saccage d'habitations particulières dans plusieurs
localités à Madagascar: Ambatondrazaka, Antsiranana, Fianarantsoa,
Toliary, Taolagnaro, Toamasina, Antananarivo.
Nous sollicitons, comme nous l'avons toujours demandé, l'intervention
des forces de l'ordre pour protéger les personnes et les biens
contre les fomenteurs de troubles de quelque bord qu'ils proviennent,
et à chaque fois, au fur et à mesure qu'ils se manifestent,
et non pas donner l'impression d'agir quand seulement certaines localités
ou certaines personnalités sont victimes de vandalisme.
L'Armée Malagasy est consciente de son devoir : défendre
les personnes et les biens sans considération d'appartenance
politique.
Par l'intermédiaire de l'un de ses chefs, l'Armée vient
de confirmer "qu'elle ne tirera pas sur le Peuple !". Cela
nous l'avons déjà constaté et déclaré
depuis 1991, nous avons manifesté notre solidarité au
Peuple malagasy devant l'ambassade de la République démocratique
de Madagascar, à Paris.
Cette attitude de l'Armée Malagasy a suscité la reconnaissance
et l'admiration du monde entier.
Monsieur Abdoulaye Bathily, membre du groupe de contact de l'Organisation
de l'Unité Africaine pour Madagascar, n'a-t-il pas déclaré
au cours d'une interview accordée au SUD - International :
"...seule l'armée malgache s'est, jusque là, mise
au dessus de la mêlée. Nous avons vraiment été
impressionné par l'esprit républicain des Forces Armées
!".
Ainsi va l'Armée malagasy !
Cette Armée pour ne pas entacher son honneur, doit neutraliser
dans ses rangs, les brebis galeuses qui s'amusent à appliquer
contre le peuple malagasy la tactique et les stratégies qu'elles
ont apprises à l'Ecole de guerre !
Le Peuple malagasy n'a pas l'intention ni le moyen de se comporter en
"armée ennemie". Il ne demande que l'application stricte
des règles établies et le respect de la justice, à
tous les niveaux de l'échelon social.
Il compte, pour cela, sur l'Opinion internationale à l'extérieur
et à l'intérieur, sur les personnes de bonne volonté
dont l'Armée.
Des solutions de crises sont proposées par des personnalités
ou groupes de tous bords. Les Malagasy sont enclins aux discussions,
à condition qu'elles soient franches, loyales, en reconnaissant
au besoin ses erreurs.
Dans le système fondamental de la société malagasy
:"le fokonolona", la majeure partie des problèmes aussi
bien sociaux, économiques, éducatifs, judiciaires que
policiers doit et peut être réglée à l'échelon
local. Si jamais guerre civile il y a à Madagascar, ce sera le
fait de quelques personnes égoïstes, irresponsables, qui
en plus, font venir de l'extérieur des armes, des munitions et
des mercenaires.
La Direction du Bureau Permanent.
Dr. Bertin KARA
M. Socrate RAMANANARIVO
Dr. Antoine RANDRIANASOLO
De la part de : Lysnorine (16/04/02)
Réponse à l’interview du sénégalais Abdoulaye Bathily, membre de la délégation OUA venue à Antananarivo, envoyée à "Sud Quotidien".
L'interview a paru dans le journal sénégalais Sud Quotidien n°2695 en date du Jeudi 28 Mars 2002. Il peut être consulté sur : http://www.sudonline.sn/archives/28032002.htm ou http://fr.allafrica.com/stories/200203280719.html
Les propos et réflexions d’Abdoulaye Bathily sur la situation
à Madagascar dénotent et confirment ce que le peuple malgache
savait
depuis longtemps : l’adhésion servile de l’OUA et
consorts à la politique « néo-colonialo-impérialiste
» de la France en Afrique,
illustrée par le maintien à perpétuité au
pouvoir, contre tout mouvement populaire et démocratique en cours
de gestation ou de développement, de vulgaires assassins et criminels,
auteurs de crimes contre l’humanité et de meurtres de masses,
du genre : Eyadéma du Togo, assassin du leader nationaliste Sylvanus
Olympio en janvier 1963 et artisan de tentatives d’assassinat
manquées sur son fils Gilchrist S. Olympio, réel vainqueur
aux élections de 1998 ; Denis Sassou N'Guesso du Congo-Brazaville
qui a renversé par le feu et par le sang un régime démocratiquement
élu-celui du président Lissouba, Blaise Compaoré
du Burkina-Fasso, assassin de son ancien compagnon d’armes Thomas
Sankara,. Idriss Deby du Tchad, etc..Citons également dans le
passé, pour mémoire, l’ « empereur »
Bokassa de Centre-Afrique, le « lieutenant » Moussa Traouré
du Mali, Hissen Habré du Tchad que la justice du pays d’Abdoulaye
Bathily a tristement refusé
de poursuivre pour les crimes qu’il a commis contre ses concitoyens.
La genèse et l’essence de la crise malgache sont systématiquement
occultées par Abdoulaye Bathily et l’OUA, ainsi d’ailleurs
que par la
Commission de l’Océan Indien (COI), le Conseil de Sécurité
des Nations et le SG de l’ONU, tous dûment chapitrés
par la France qui a toujours la prétention de dicter aux peuples
d’Afrique et de Madagascar qui doivent être leurs dirigeants
et ce qu’ils doivent faire.
Elle a consisté dans le refus persistant du pouvoir Ratsiraka de la CONFRONTATION PUBLIQUE DE TOUS LES PROCÈS VERBAUX EN POSSESSION DE TOUS LES AYANTS-DROITS DE L’ÉLECTION du 16 Décembre 2001. Cette confrontation, conforme aux principes généraux du droit et de la constitution selon l’opinion unanime des juristes malgaches, a été réclamée en raison des fraudes à grande échelle, bien documentées , que le pouvoir Ratsiraka, notamment son ministre de l’Intérieur-le général Rasolondraibe- a perpétrées avant, pendant et après la consultation. Relevons simplement l’apparition inopinée de plus de 2000 bureaux de vote fantômes au lendemain des premiers dépouillements des suffrages et l’accélération inouïe de la collecte et de la publication en l’espace d’une journée des résultats provenant d’endroits les plus reculés ! La ratification des résultats frauduleux émanant du ministère de l’Intérieur par la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) en dehors de toute confrontation des procès-verbaux est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase et déterminé le peuple à faire valoir directement, urbi et orbi, sa souveraineté, à défendre envers et contre tout la liberté de son choix et son droit inaliénable à l’auto-détermination. Le candidat Ravalomanana a été déclaré élu au premier tour par le peuple majoritaire avec plus de 50 % des suffrages exprimés conformément aux canons universels de la démocratie et en dépit des fraudes du pouvoir Ratsiraka.
Dans ces conditions, l’attitude de la France, de l’OUA
et consorts, qui ont endossé sans relâche le refus de Ratsiraka
de procéder à la
confrontation des procès-verbaux , sanctionné sans réserve
la proclamation de résultats frauduleux et poussé sans
vergogne à la tenue
d’un second tour truqué une fois de plus, a encouragé
Ratsiraka à engager présentement une guerre terroriste
contre le peuple malgache :
assassinats et arrestations arbitraires d’élus du peuple
dans les provinces, atteintes à la liberté de circulation
des biens et des personnes, destructions de ponts et d’infrastructures,
atteinte à l’intégrité du territoire et à
l’unité nationale, incitations à la guerre civile.
Il est significatif que la France, l’OUA et consorts ont omis
de reconnaître et de condamner ces crimes actuels du pouvoir Ratsiraka.
Ce
qui n’est pas l’attitude des Églises chrétiennes
à Madagascar, et en particulier du cardinal Razafindratandra
.Les épithètes de « va-t-en-guerre » et du
« plus extrémiste des leaders d’opinion du pays »
dont les affuble le vice-président de l’Assemblée
Nationale du Sénégal
témoignent de sa solidarité inébranlable avec les
crimes et les fraudes du pouvoir Ratsiraka ! Sans doute l’extrémisme
de l’homme d’Église aux yeux du politicien africain
consistait à dire que QUATRE JOURS suffisent pour faire l’AUDIT
des procès-verbaux du premier tour-bureaux de votes par bureaux
de votes, d’autant plus que « 96% des procès-verbaux
sont strictement identiques(et) donnent Marc Ravalomanana vainqueur
avec 52% des voix » [interview du cardinal Razafindratandra dans
le journal français « La Croix » du mercredi 16 Janvier
2002].
Enfin, il n’est pas sans intérêt de rappeler à
Abdoulaye Bathily que le peuple malgache souverain n’a jamais
fait appel à l’OUA et n’a
nullement besoin de son entremise, encore moins de ses conseils pour
régler ses problèmes et qu’en aucune manière
il ne dialogue avec des
terroristes et des criminels. Déjà le poète malgache
Jacques Rabemanannjara, ancien politicien, condamné lors de la
pseudo-rébellion
malgache de 1947, et grand ami de feu Léopold Sedar Senghor,
avait proclamé publiquement en 1993 qu’il discutait et
tendait la main à tout le monde sauf aux assassins, faisant ainsi
allusion à Ratsiraka qui avait ordonné le massacre de
plus d’une centaine de manifestants lors
d’une marche de protestation pacifique vers le palais présidentiel.
Signalons également à Abdoulaye Bathily que Rabemananjara
est un
Betsimisaraka, ethnie dont se prévaut frauduleusement Ratsiraka
bien que son père soit un Merina des Hauts-Plateaux pour lui
permettre de réviser son « constat » irresponsable
et inconsidéré sur l’éventualité d’une
guerre civile à Madagascar et sur l’urgence, conformément
à la
politique-colonialo-impérialiste » de la France, de propulser
au pouvoir des pantins en uniforme.
Que les choses soient bien claires dans l’esprit d’Abdoulaye Bathily, de l’OUA et consorts : une poignée de terroristes et de criminels forts du soutien d’une certaine communauté internationale a engagé une lutte contre le peuple malgache pour l’empêcher d’exercer sa souveraineté. Le peuple se défendra et les traduira en justice comme il se doit selon les normes et pratiques en vigueur dans les démocraties civilisées occidentales si pareils crimes et atteintes aux droits de l’Homme y étaient commis.
De la part de : R-R. H. (15/04/02) : extrait du journal Tribune du 15/04/02
SOMMET DE DAKAR : DOUBLE ABSTENTION ?
Le sommet du NEPAD (Nouveaux Partenaires pour le Développement
de l'Afrique) s'ouvre aujourd'hui à Dakar et se termine jeudi.
Mais, hier soir, Marc Ravalomanana et Didier Ratsiraka étaient
encore au pays. Ces derniers, pourtant, ont été invités
à ces assises par le président du pays hôte, Abdoulaye
Wade. En marge de la conférence, en effet, le chef d'Etat sénégalais
entend réunir en aparté les deux leaders malgaches afin
de quêter les moyens de résoudre la crise à Madagascar.
Les bons offices d'Abdoulaye Wade sont appuyés par les Etats-Unis,
selon un communiqué du Département d'Etat. Ayant raté
la cérémonie d'ouverture, on ne sait si Marc Ravalomanana
et Didier Ratsiraka viendront pour le reste des assises.
Avec la situation particulièrement mouvante qui prévaut
actuellement dans l'île, les deux leaders ne tiennent guère
à s'absenter. Les affrontements armés de Fianarantsoa
ne sont pas terminés, et pourraient s'étendre du côté
de Brickaville. L'activisme connaît un regain de vigueur avec
le dynamitage hier du pont du Mangoro.
Dans la population comme dans l'Armée, le clivage à connotation
ethnique pourrait s'amplifier. C'est dire que tout peut basculer du
jour au lendemain, et il importe pour les deux chefs de rester à
leurs postes pour parer à toute éventualité.
RAISONS DE SÉCURITÉ
Il est vrai aussi que Marc Ravalomanana peut, à bon droit, être
contrarié par la formulation de l'invitation. Car si Didier Ratsiraka
est qualifié de "président", lui, n'a droit
qu'au titre de "maire". Ceci présage des problèmes
de préséance au sommet de Dakar. Il n'est pas sûr
d'abord qu'on accorde à Marc Ravalomanana la représentation
officielle de la République de Madagascar. Ensuite, on pourrait
ne pas lui octroyer les égards dus à un chef d'Etat. Devant
tant d'incertitude sur sa qualité, Marc Ravalomanana pourrait
s'abstenir.
En tout cas, la masse des pro-Ravalomanana manifestent de la réticence
face à une rencontre entre les deux leaders. En premier lieu,
car ils estiment que Marc Ravalomanana ne devrait pas se rabaisser à
traiter avec un "terroriste" et un "génocidaire"
qui martyrise son propre peuple. En second lieu, car les deux chefs
ont déjà eu une entrevue en février sous l'égide
de l'OUA, mais la suite des événements n'ont pas été
à la hauteur des attentes. Pour les partisans de Ravalomanana,
en effet, la morgue, le mépris et l'instransigeance de l'amiral
ont déteint sur sa délégation du Hilton, laquelle
a repoussé les propositions du KMMR comme la confrontation des
PV, la formation d'un gouvernement d'union nationale ou le remaniement
de la HCC.
Dès lors, est-ce qu'il importe encore de siéger autour
d'une table ronde ? Selon les pro-Ravalomanana, avant toute négociation,
l'amiral devrait manifester sa bonne foi et sa disposition favorable
en levant le barrage de Brickaville. Pour le reste, ils prônent
l'abstention pour des raisons de sécurité, Marc Ravalomanana,
selon eux, étant très vulnérable à l'étranger.
Qui du "président" et du "maire" représentera
officiellement Madagascar au sommet du NEPAD ? En somme, si Marc Ravalomanana
refuse cette fenêtre ouverte sur une reconnaissance internationale,
c'est parce qu'il craint d'être laissé à la…
porte.

