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ARCHIVES ACTUALITES : 1-10 MAI 2002

De la part de Rajaonarimanana (le 10/05/02) : COMMUNIQUE !

Avec l'investiture officielle de Marc Ravalomanana comme président légitime et légal de Madagascar, selon les textes fondamentaux en vigueur et l¹Accord de Dakar, les portes se referment définitivement sur presque un quart de siècle de régime Ratsiraka au cours duquel on a observé d¹une part un embourgeoisement et un enrichissement scandaleux des « frères », alliés, familles et partisans bénéficiaires privilégiés du régime et d¹autre part une paupérisation sévère des intellectuels, des fonctionnaires, des artisans et des paysans.
L¹espoir renaît cependant de nouveau malgré l'aveuglement têtu et égoïste du président sortant et des ses partisans qui utilisent le terrorisme, les barrages routiers et l'épouvantail du « tribalisme » et de la sécession pour conserver à tout prix le pouvoir qu¹ils ont déjà perdu par les urnes.

Pour sortir de la crise, consolider la démocratie et la bonne gouvernance, notre pays a besoin plus que jamais d¹une nouvelle classe d¹hommes, de gestionnaires politiques, économiques et sociaux compétents, honnêtes, patriotes, mettant l¹intérêt supérieur de la nation avant leurs intérêts particuliers et qui gèrent la chose publique ni pour s¹enrichir ni pour plaire à leur parti ou à un autre groupement.

Pour que la réconciliation nationale et le redressement du pays ne soient pas viciés et piégés dès le départ, quelques principes doivent être
appliqués dans le choix des personnes appelées à des fonctions gouvernementales et ministérielles. Ce nouveau gouvernement de réconciliation nationale doit être un gouvernement des meilleurs parmi le peuple pour le peuple. Pour cela, il ne faut pas laisser, comme dans le passé, aux médiocres, aux aventuriers et aux opportunistes, en mal de prestige et d¹avantages matériels, l¹occasion d¹occuper et de dénaturer l¹espace politique. Le principe de la méritocratie exige le choix judicieux des seules personnes compétentes sur le plan des
qualités intellectuelles, professionnelles et morales. Les affaires de l¹Etat doivent être dirigées par des hommes dynamiques et courageux,
intègres, insensibles à la corruption et au népotisme, gestionnaires, connaissant les réalités malgaches, et ayant un esprit de créativité, quels que soient leurs partis politiques d¹appartenance. Ils doivent être capables d¹imaginer et de concevoir des nouvelles pratiques politiques basées sur l¹éthique, la tolérance, la justice, la solidarité, la transparence et la bonne gouvernance.

Fait à Paris le 09 Mai 2002

TSY LANY OLOM-BANONA SY OLON-KENDRY NY FIRENENA MALAGASY
VIVE LE PEUPLE MALGACHE !
VIVE MADAGASCAR !
VIVE LA DEMOCRATIE CONFORME A LA CULTURE MALGACHE !

Rajaonarimanana Narivelo, enseignant-chercheur, Université, Paris
Ramamonjisoa Tiana, enseignant-chercheur, Université, Paris
Nirhy-Lanto Rakoto, Chirurgien Gynécologue-Obstréticien, enseignant à
l¹Université de Besançon
Ramahefarivo Bruno, expert-comptable, Paris.
Razafindrazaka Rivo-Lalao, enseignant-chercheur, Université, Paris
Rakotomavo Fidy, employé de la Poste, Paris.
Rakotoseheno Fanjanirina, Paris.
Olivia Perrin, Paris.
Nirhy-Lanto Zoely Seheno, employée du Conseil Général, Val de Marne.
Tsaravelona Voahangy, Paris.
Larcher Marc, directeur d¹agence de Voyage, Paris.
Mamitiana Fabienne, comptable, Paris.
Aïoum François, ingénieur, Paris.
Rossignol Jean Pierre Paris.
Razafindrabodo Esther, Cachan.
Andriamparany Rajaonary, Montrouge.
Jahier Luois, Paris.
Rakotomalala Malanjaona, anthropologue, Evry.

De la part de Rajoharison (le 09/05/02) :

1) "Déclaration de l'Union Européenne, Bruxelles le 08/04/02"
ET
2) "Appel à la Communauté internationale (Syndicat des Enseignants Chercheurs de l'Enseignement Supérieur - SECES)"

1) Bruxelles, le 8 mai 2002

8769/02 (Presse 127)

P 60/02

Déclaration de la présidence au nom de l'Union européenne sur la situation à Madagascar. L'Union européenne reste persuadée que seul un accord entre les parties et la réconciliation nationale permettront de sortir de la crise actuelle et de préserver l'intégrité et l'unité du pays. A cet égard, la décision des gouverneurs de Tulear, de Diego Suarez, de Tamatave et de Majunga de proclamer l'indépendance de leurs provinces est particulièrement regrettable et ne facilite certainement pas la recherche d'une solution pacifique et démocratique à la crise. L'Union européenne encourage également les parties à tout faire pour permettre la reprise économique, qui passe par la levée des barrages routiers, prévue par l'accord de Dakar.L'Union européenne est convaincue que l'accord de Dakar demeure le cadre approprié pour parvenir à une solution. L'Union européenne salue les efforts renouvelés du Président Wade, qui organise une nouvelle rencontre avec M. Ravalomanana et M. Ratsiraka le 13 mai à Dakar, ainsi que ceux de l'OUA pour favoriser la mise en oeuvre des objectifs de l'accord de Dakar.

2) Appel à la Communauté Internationale.
(notamment les Chancelleries, les Universités du monde entier, Institutions et organismes internationaux, Ligue internationale des droits de l'homme, Amnesty international et à toutes les personnes de bonne volonté)
Le Syndicat des Enseignants Chercheurs de l'Université de Madagascar, section Fianarantsoa :

- Faisant suite à l'investiture officielle du Président de la République de Madagascar, Marc RAVALOMANANA, élu démocratiquement au premier tour, le 16 Décembre 2001; après décompte contradictoire des voix effectué par la Haute Cour Constitutionnelle en application de l'arrêt n°4 du 16 Avril 2002 de la Chambre Administrative de la Cour Suprême;

- Devant l'entêtement de certaines chancelleries et de l'OUA à méconnaître les réalités, ainsi que leur insistance étonnante et suspecte à exiger encore la mise en place d'un "gouvernement de consensus" et la tenue d'une "consultation populaire" alors que l'article 1 de l'Accord de Dakar n'envisage cette éventualité que "dans l'hypothèse où aucun candidat n'a obtenu la majorité requise pour être élu au premier tour de scrutin";

- Face à la persistance des velléités de sécession et aux derniers actes de terrorisme perpétrés par la bande du président déchu Didier Ratsiraka ayant fait fi des accords de Dakar, notamment le dynamitage du pont de Marovola (à 30 km de Brickaville), coupant définitivement toute communication entre la Capitale, les Hautes Terres et la Côte Est; aggravant ainsi les diverses pénuries en produits de première nécessité, médicaments, carburant, matières premières destinées aux industries;

Fait remarquer que Monsieur RATSIRAKA et consorts sont très mal placés pour contester les résultats officiels, ayant refusé de participer à la confrontation des documents électoraux;

S'interroge si le Président Jacques CHIRAC accepterait de former un gouvernement de consensus avec l'équipe de Monsieur Jean Marie LE PEN si des instances internationales le demandaient et irait vers de nouvelles consultations populaires au cas où son rival le réclamait sans preuves;

Est certain que le Président George BUSH ne négocierait jamais avec un terroriste avéré de la trempe de BEN LADEN comme on demande avec acharnement au Président RAVALOMANANA de le faire avec le terroriste RATSIRAKA;

Rappelle à la Communauté Internationale que le génocide perpétré au Rwanda a commencé de la même manière.

Nous, intellectuels de Madagascar,

1. Lançons un cri de détresse aux gouvernements de tous les pays de bonne volonté du monde entier pour qu'ils constatent l'urgence et la gravité de la situation et cessent de tergiverser dans la reconnaissance de la légalité du Président Marc RAVALOMANANA et de son gouvernement.

2. Prions la Communauté internationale d'intervenir pour faire cesser définitivement les actes de sécession, de terrorisme et les préparatifs de génocide avant qu'il ne soit trop tard.

Fait à Fianarantsoa, le 08 mai 2002

Au nom du bureau
Le Secrétaire Général
RANDRIANIRINA Benjamin


De la part de R-R. H. (le 07/05/02) : Extrait du journal Midi du 07/04/02.

"INVESTITURE : Ravalomanana, Président légal sous les yeux de la communauté internationale"

Bien qu’en y envoyant leur numéro deux respectif , en raison d’une éventuelle nouvelle rencontre à Dakar, selon l’AFP, les chancelleries à Madagascar continuent d’entretenir une position ambiguë pour ne pas dire ridicule, à la différence de la Suisse qui, la veille, a levé le doute en reconnaissant la décision de la Haute Cour Constitutionnelle laquelle « correspond aux dispositions convenues par les deux parties dans l’Accord de Dakar ». La Suisse soutient cet Accord et « elle souhaite que la décision de la Haute Cour Constitutionnelle soit acceptée par les deux côtés, que les deux parties se réconcilient et que la transition se fasse dans l’esprit de l’Accord ».

Grand-messe
D’autres différences pertinentes entre la cérémonie du 22 février et celle d’hier : la présence de certains hauts responsables de l’Armée qui se sont déclarés « légalistes », entre autres, et non des moindres, la présence de l’ancien ministre des Forces Armées du gouvernement sortant Andrianarivo, le Général de Corps d’armée, Marcel Ranjeva, et la présence des politiciens absents lors de la première investiture, notamment l’ancien Premier ministre Francisque Ravony, et l’ancien président de l’Assemblée nationale, le pasteur Richard Andriamanjato. Enfin, on a également noté la présence de parlementaires étrangers à la cérémonie d’investiture. La grand-messe a été officiée par les six membres de la Haute Cour Constitutionnelle dirigés par le haut conseiller, Doyen, Président Mananjara, à savoir Rakivolaharivony Jeanine, Jean Michel Rajaonarivony, Dieudonné Rakotondrabao, Raymond Imboty, et Florent Rakotoarisoa.

Présence physique
Marc Ravalomanana entre donc en fonction, dans le respect de la Constitution malgache, sous les yeux de la communauté internationale, laquelle a montré sa volonté, avec toutefois une dimension à demi-teinte, de reconnaître la légalité. Mais quoi qu’il en soit, le fait d’assister à la cérémonie d’investiture traduit une signification largement encourageante pour le peuple malgache. Pour bon nombre d’observateurs, en effet, le fait que les chancelleries aient envoyé leur numéro deux ou parfois numéro trois à Mahamasina ne change pas beaucoup de choses, dans la mesure où leur pays respectif, à défaut de leur ambassadeur, a été représenté officiellement lors de la cérémonie. D’ailleurs, les représentants envoyés ont utilisé les véhicules de leur chef de mission, lesquels arboraient le drapeau de leur pays respectif. Le reste constitue peut-être une affaire interne entre eux. Un diplomate européen, présent à la cérémonie d’investiture, a déclaré « qu’il était impossible pour son pays de continuer à discuter avec Didier Ratsiraka qui continue, malgré l’Accord de Dakar, et même si cet accord n’avait pas existé, à détruire son propre pays ». Pour lui, sa présence à cette cérémonie signifie l’acceptation de la légitimité et de la légalité de Marc Ravalomanana. Ce qui explique certainement son absence lors de la première investiture.

L’investiture d’hier a marqué la fin de l’exercice post-mandat du pouvoir de l’Amiral Ratsiraka. Légalement, l’Amiral est un ancien Président. Légalement, Marc Ravalomanana est le Chef suprême des armées.

De la part de R-R. H. (le 06/05/02) : Extrait du journal Le Monde du 06/04/02.

"Madagascar : Ravalomanana officiellement investi président"

Marc Ravalomanana a prêté serment, lundi 6 mai, comme président de Madagascar, après que la Haute Cour constitutionnelle l'eut proclamé vainqueur de l'élection présidentielle contestée de décembre, qui l'opposait au président sortant Didier Ratsiraka. "Je fais solennellement le serment devant Dieu, la Nation et le peuple que j'assumerai les fonctions de président de la République conformément aux dispositions de la Constitution et des lois de l'Etat pour le bien des habitants et sans distinction", a-t-il déclaré en présence des membres de son "gouvernement", d'une cinquantaine de généraux et d'une trentaine de préfets et sous-préfets.

A l'occasion de cette cérémonie, quelque 100 000 personnes se sont progressivement rassemblées dans le stade de la capitale malgache et tout autour, pour assister à la cérémonie.

C'est la deuxième cérémonie d'investiture pour M. Ravalomanana, homme d'affaires et populaire maire de Tananarive, la capitale de l'île. Le 22 février, il s'était proclamé président dans la capitale malgache, affirmant avoir remporté avec la majorité absolue là où les résultats le plaçaient seulement en ballottage favorable avec son adversaire. M. Ravalomanana avait accusé Didier Ratsiraka d'avoir truqué le premier tour du scrutin présidentiel du 16 décembre.

Après plusieurs mois de crise entre les "deux présidents" de Madagascar, un recomptage des voix a donné M. Ravalomanana vainqueur du vote avec 51,46 % des suffrages. Didier Ratsiraka, au pouvoir depuis plus de 20 ans, a rejeté ces résultats et demande que soit organisé un référendum. En outre, il bénéficie toujours du soutien des gouverneurs des provinces qui menaçaient de faire sécession en cas d'investiture du maire de la capitale.

Face à cette situation de blocage, qui paralyse l'île depuis janvier, un "nouveau tête-à-tête" entre les deux rivaux malgaches avait été annoncé les 13 et 14 mai à Dakar, par le président sénégalais Abdoulaye Wade, dans cette même ville où les deux hommes avaient signé un accord de réconciliation le 18 avril. Mais Marc Ravalomanana a fait savoir, lundi, qu'il n'était "pas au courant" de ce nouveau rendez-vous.


De la part de Rocky RABARAONA (Les Surfs) (le 04/05/02)

"MADAGASCAR: un bâteau à la dérive."

Lorsque j'ai quitté Madagascar en 1963 avec mes frères et soeurs (Les Surfs), l'île était un paradis terrestre. Elle a eu un potentiel touristique extraordinaire: climat exceptionnel, paysage de carte postale, faune et flore uniques au monde. Le mouvement culturel était à son apogée depuis l'accession du pays à son indépendance.

De retour en 1966 en tournées artistiques, mon pays vibrait encore dans le bonheur. Les Malagasy baignaient dans un climat d'aisance économique et de sécurité. Tout allait bien. Madagascar semblait se diriger vers une prospérité formidable, vers une croissance économique sans équivoque. Les Malagasy étaient fiers de leur pays, de leur gouvernement, de leur indépendance.

Puis tout d'un coup, tout a basculé. D'abord, les gouvernements se succédaient à un rythme d'enfer: coups d'état, destitutions, assassinat, etc... En 1975, vint Didier Ratsiraka. Le rêve et les ambitions des Malagasy tournent alors au cauchemar. Des ressortissants malagasy à l'étranger n'osent plus revenir au pays. En 1993, après dix-huit années de pouvoir, exit Ratsiraka. Les Malagasy remettent les rênes du pays entre les mains d'Albert Zafy. Malgrès la démocratie prônée par ce dernier et les bonnes intentions de son gouvernement, la situation n'a guère évolué. Madagascar s'est enfoncé dans un marasme politique. En 1996, après un empêchement prononcé par la Haute Copur Institutionnelle contre Albert Zafy, Norbert Ratsirahonana, alors Premier Ministre, hérite, et ce par intérim, d'un mandat présidentiel brouillon. Enfin, en 1997, après de nouvelles éléctions contestées, exit Ratsirahonana, rebonjour Didier Ratsiraka. Ce fut tout simplement le retour au premier acte d'une pièce tragi-comique quelconque dans l'histoire de Madagascar.

Pour un trop nombre de Malagasy, depuis 1976, leur rêve est devenu un cauchemar. L'économie est en déroute. Le chômage atteint plus de trois quart de la population. Plus d'un million d'enfants sont dans la pauvreté. Le pays possède un taux record de 53% d'analphabètes. De nombreuse institutions nationales sont ébranlées. Le PNB a reculé de 43% . La dette extérieure représente 112% du PNB . La surface cultivable de l'île a été divisée par deux, son rendement agricole par sept et le secteur agricole ne contribue que pour 45% au PNB. Chaque année, près de 160,000 hectares de forêts disparaissent. Le secteur industriel n'occuppe que 9% de la population. Le pays est aujourd'hui au bord du naufrage économique et ce sont surtout les paysans qui écopent. Pour l'immense majorité des Malagasy, il n'y a plus de lendemain qui chante, seulement une grande incertitude du lendemain.

En 1997, pendant ma période de vacances, je revenais au pays pour la première fois. Ce fut le grand choc de mon premier retour à Madagascar. J'ai pu voir la dégradation du milieu social et l'aggravation de la misère, surtout aux alentours d'Antananarivo. Après quelques séjours à Vohémar, Sambava, Antalaha, Morondava, Taomasina et Toléara, je ne retrouvais plus le pays que j'ai quitté il y a longtemps! Pour essayer de comprendre un peu plus les causes de cette dégradation, je suis revenu pendant les trois années suivantes.

Nous connaissons la suite des dernieres éléctions du 16 décembre 2001. Un nouveau candidat élu au premier tour dans un décompte rempli de fraudes, un président sortant voulant officialiser ses propres magouilles éléctorales. L'économie s'enfonce dans un marasme inoui, le statut social de la population précaire et la sécurité quasi-nulle. L'accord de Dakar paraissait être l'ultime règlement du conflit, mettant fin une fois pour toute au problème politique du pays. Puis vint le résultat officiel du 20 avril. Le bâteau semble reprendre son équilibre: le moussaillon devient capitaine. L'amiral, jaloux et refusant le verdict très démocratique, devient alors un simple marin et se mutine!!! Quelle bassesse d'esprit que de ne pas reconnaitre l'évidence des résultats! Quelle déshonneur de renier ses paroles, ses promesses et surtout sa signature devant la communauté internationale.

Madagascar se dirige maintenant vers un terrible dilemne: accepter Marc Ravalomanana comme président élu démocratiquement ou opter pour une sécession qui le dirigera tout droit vers un écueil. La brisure sera néfaste poliquement, socialement et économiquement. Les cinq provinces devraient savoir qu'une telle situation ne mènerait nul part si ce n'est le sabordage pur et simple du navire.

Messieurs les politiciens provinciaux, Monsieur Didier Ratsiraka, sachez que les Malagasy n'accepteraient jamais vos manigances. Les Malagasy sont un peuple fier, digne et capable de mener à bien sa propre destinée. La décision de la population est sans équivoque et n'est par monayable. Le peuple malagasy est capable de se relever tranquillement de cette crise. Le peuple malagasy a été manipulé pendant longtemps et refuse maintenant de continuer à participer à votre propre jeu. Le peuple Malagasy est protégé par la Constitution dûment adoptée par vous-mêmes et l'ancienne Assemblée Nationale. "Le peuple Malagasy constitue une Nation organisée en État-souverain et laïc, fondé sur un système de provinces autonomes dont les compétences et les principes sont définis et garantis par la Constitution. Cet État est une République unie et indivisible. Il porte le nom de Répoblika Malagasy"(Les Principes généraux de la Constitution). " Le territoire national est indivisible"(Art.3)." La capitale de la Répoblika Malagasy est Antananarivo"(Art.5). C'est aussi clair que ça!!!

Monsieur le Président Marc Ravalomanana, vous êtes maintenant le capitaine du bâteau et j'en suis plus qu'heureux. La communauté internationale, après quelques valses d'hésitaion et de bafouillement, vous reconnait d'ores et déja comme le président démocratiquement élu de Madagascar. Sachez que tous les Malagasy sont avec vous pour vous aider à redresser la barre. Le peuple Malagasy n'attend que vos ordres pour commencer à rebâtir le pays, La sécession est à nos portes mais nous savons que vous êtes capable de surmonter l'adversité. Nous vous demandons d'être très ferme dans vos décisions et ne pas laisser un simple marin se mutiner tout en entrainant avec lui quelques racailles sans scrupules irrespectueux de la démocratie.

Madagascar est un bâteau qui s'en va à la dérive. Retroussons nos manches pour aider ce nouveau gouvernement. Le tandem Ravalomanana/Sylla devrait adopter au plus vite une série de résolutions pour rétablir sa confiance aux populations des autres provinces. Sa légalité lui donne maintenant carte blanche pour relever le pays de ce marasme politique, économique et social. Ce sera la seule manière de lutter contre Ratsiraka et ses sbires. Ce sera aussi et surtout l'occasion de redonner à mes compatriotes la confiance en ce nouveau gouvernement et la dignité d'un peuple qui a su et pu se relever fièrement de ses problèmes.

VIVE MADAGASCAR!!
VIVE MARC RAVALOMANANA!!

Rocky RABARAONA (Les Surfs)
02 mai 2002
Québec Canada

MESSAGE OFFICIEL de M. Marc RAVALOMANANA, Président de la République de Madagascar.

Ce 2 mai 2002,

J'ai appliqué à la lettre tous les termes de l'accord de Dakar qui devaient être appliqués dès la signature de ce protocole.

Respectueux de l'arrêt de la Haute Cour Constitutionnelle confirmant la volonté majoritaire des citoyens de Madagascar, je me soumets à cette nouvelle institution prévue par la Loi et la Constitution de mon pays.

Toutefois, garant de l'Unité Nationale et de la Concorde entre nos compatriotes, j'ai décidé de garder l'esprit qui prévalait à Dakar.

Je travaille dans le sens de la mise en place d'un gouvernement qui réconcilie tous les Malgaches.

Je demanderai à ce gouvernement de réconciliation nationale de préparer les conditions d'une conclusion démocratique de la sortie de crise de Madagascar.

J'inviterai la Communauté Internationale à poursuivre l'esprit des accords de Dakar en apportant tous les soutiens utiles à la préparation de cette initiative démocratique, pour le redressement économique de Madagascar, pour le rétablissement de sa continuité territoriale.

Marc Ravalomanana
Président de la République de Madagascar

De la part de Rajoharison (le 02/05/02)

"Un volumineux dossier concernant les exactions commises par M. Ratsiraka et ses partisans contre la population malgache vient d'etre remis à l'ONU à Genève..." (Communiqué par Dominique FLAUX).


Chers amis,

Ce bref message pour vous informer qu'un volumineux dossier concernant les exactions commises par M. Ratsiraka et ses partisans contre la population malgache vient d'etre remis à l'ONU à Genève dans le cadre de la procédure 15 03.
Ce dossier de 361 pages, qui comprend de nombreux témoignages manuscrits, est complété par des documents vidéo accablants.
Le dossier est également remis à M. le Président Abdoulaye Wade, ainsi qu'à la Commision Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples. Il sera également déposé la semaine prochaine aux principales chancelleries à Antananarivo. Ce travail courageux a été réalisé par Mme Mathilde Rabary, député de Madagascar et Présidente de SOS Victimes du Non Droit. Un second dossier est maintenant en cours de constitution qui portera sur les détournemants de fonds, les actes de corruption, le blanchiment d'argent sale, la contrebande et le trafic de drogue.

Face à des preuves aussi accablantes, des faits aussi graves, il faut aujourd'hui se demander ce qui motive M. Amara Essy, Secrétaire Général de l'OUA à ménager à ce point M. Ratsiraka, à déployer de tels efforts pour lui permettre de partir «avec les honneurs» et à retarder indéfiniment la reconnaissance internationale de M. Ravalomanana, déclaré lundi dernier élu au premier tour avec 51,4% des voix par la Haute Cour Constitutionnelle, sur la base de résultats prouvés et publiés bureau de vote par bureau de vote.

Dominique Flaux

De la part de Rajoharison (le 01/05/02)

Déclaration d'une porte-parole du Quai d'Orsay (Paris, le 30 avril 2002) et "Madagascar: Ravalomanana confirmé. La Haute Cour l'a déclaré vainqueur, mais l'île reste toujours divisée" (extrait du journal Libération du 30/04/02).

"Marc Ravalomanana déclaré vainqueur au premier tour des élections présidentielles par la Haute Cour constitutionnelle malgache."
Déclaration d'une porte-parole du Quai d'Orsay
(Paris, le 30 avril 2002)

La France a pris connaissance de la décision de la Haute Cour constitutionnelle qui déclare Marc Ravalomanana vainqueur au premier tour des élections présidentielles qui se sont tenues le 16 décembre à Madagascar. La France a pris contact avec ses partenaires (OUA et Etats-Unis) afin d'apprécier la situation ainsi créée.
L'OUA vient de rappeler l'importance de l'accord de Dakar du 18 avril 2002 pour une sortie pacifique et politique de la crise et je relève qu'une mission de ministres africains pour le suivi de Dakar va se rendre sur place.

"Madagascar: Ravalomanana confirmé. La Haute Cour l'a déclaré vainqueur, mais l'île reste toujours divisée" (extrait du journal Libération du 30/04/02).

Antananarivo. De notre correspondant Louis HENRIQUET

La proclamation, lundi dernier, par la Haute cour constitutionnelle (HCC) de Madagascar, de la victoire de Marc Ravalomanana au premier tour de la présidentielle du 16 décembre, avec 51,46 % des suffrages, loin de mettre fin au feuilleton post-électoral malgache qui l'oppose au président sortant Didier Ratsiraka le relance sous un jour nouveau et franchement inquiétant. Quatre des six gouverneurs qui jouissent d'un pouvoir autonome dans leurs provinces, celles d'Antseranana au nord, de Mahajanga à l'ouest, de Toamasina à l'est, et de Toliara au sud, ont en effet annoncé leur intention de s'émanciper de la tutelle d'Antananarivo, la capitale et fief politique de Ravalomanana, en optant pour un statut qui reste à définir entre l'indépendance pure et simple, une confédération ou une fédération des provinces. La province de Fianarantsoa, au sud de celle d'Antananarivo sur les hauts plateaux, acquise au nouveau Président, échappe à cette tentation sécessionniste.

Nouveau décompte. L'accord de Dakar, signé le 18 avril entre Ratsiraka, reconnu comme seul président du pays, et Ravalomanana, qualifié de candidat à la présidence, s'il prévoyait bien un nouveau «décompte contradictoire» des résultats, proclamés une première fois le 25 janvier par une HCC aux membres invalidés au profit de leurs prédécesseurs, n'avait manifestement pas imaginé que ce nouveau décompte prendrait une tournure expéditive et, selon certains observateurs, tout aussi partisane. Ce qui n'avait pas été prévu également par l'accord, c'est que Ratsiraka assimilerait le blocage de la Banque centrale et de tous les rouages financiers du pays du gouvernement du Premier ministre Jacques Sylla, nommé par Ravalomanana, aux vrais barrages, installés sur tous les axes routiers qui mènent à la capitale. Barrages qui n'ont pas été immédiatement levés comme le prévoyait l'article 5 du document signé par les deux rivaux dans la capitale sénégalaise à l'initiative du président Abdoulaye Wade.

Depuis le 18 avril, chaque camp se renvoie la responsabilité du non-respect de cet accord dont la principale disposition, la formation d'un gouvernement de transition chargé d'organiser une nouvelle consultation électorale, est aujourd'hui caduque du fait de la proclamation de Ravalomanana comme nouveau président de Madagascar.

Confirmation. Un résultat rejeté par avance par Ratsiraka et ses partisans qui ne reconnaissent pas la légalité de l'ancienne Cour rétablie dans ses prérogatives, dont trois membres, plutôt pro-Ratsiraka, sur les neuf qui la composent, ont d'ailleurs refusé de participer aux travaux. Personne ne s'attendait sérieusement à cette confirmation, officielle cette fois, de l'élection par «autoproclamation» de Ravalomanana le 22 février: loin d'apaiser les rivalités entre Antananarivo et le reste du pays, elle jette de l'huile sur un feu qui couve.

L'unique voie dont dispose désormais le président Ravalomanana pour ramener le calme dans les esprits est d'annoncer rapidement, comme il l'a d'ailleurs promis, un «référendum de confirmation» pour savoir si la population veut ou non de lui comme président. Une perspective électorale que le camp Ratsiraka ne lui permettra certainement pas d'organiser tranquillement.