ACCUEIL MADA. HISTOIRE MADA. GEOGRAPHIE MADA. DIVERS
PUBLICATIONS MEDIAS LIENS UTILES FORUM
Archives actualité Archives analyse Annonces Annuaire Partenaires Soutien Contact

ARCHIVES ACTUALITES : 11-31 MAI 2002

De la part de R-R.H. (le 28/05/02) : extrait du journal Tribune du 28/05/02

"TANTELY ANDRIANARIVO PLACÉ EN RÉSIDENCE SURVEILLÉE"

La population s'attendait à tout, sauf à cet assaut du palais de Mahazoarivo. Depuis la série de tentatives visant à démanteler l'antenne de Canal 6 (TV et radio pro-Ratsiraka) située à Andohalo, dans la cour de l'état-major général de l'Armée, les forces de l'ordre ont cette fois choisi une cible de taille. L'attaque de la Primature a donc eu lieu hier matin. A 3 heures du matin exactement. Des échanges de coups de feu entre les éléments de la garde du palais et les assaillants, composés de 300 de militaires, de gendarmes, des éléments du FIP (Force d'intervention de la Police) et des civils (comité de vigilance), ont duré jusqu'au petit jour. Et vers 12 heures 30, Tantely Andrianarivo et sa famille, qui se trouvaient à l'intérieur, après des négociations, sont sortis du palais, escortés par des gendarmes. M. Andrianarivo et son épouse ainsi que leurs deux enfants sont ensuite conduits au "Toby Ratsimandrava" (camp de gendarmerie) où ils sont placés en « résidence surveillée ».
L'issue de la fusillade a été particulièrement meurtrière, car l'on devait déplorer la mort de deux membres de la sécurité de Tantely Andrianarivo : le capitaine Andrianasolo Vola et l'adjudant-chef Jeanson, ceux-là même qui avaient fait récemment un démenti, selon lequel ils n'étaient nullement impliqués dans le dynamitage des ponts (lire "Tribune" du 23 mai 2002). D'autres victimes sont également à déplorer, mais on ne sait pas leur nombre.
Dans l'enceinte du palais, une visite des lieux a permis de constater d'importantes quantités d'armes qui pourraient servir à trois régiments, ainsi qu'un fusil à lunette d'une précision exceptionnelle et ayant une portée de plusieurs kilomètres… Un hélicoptère stationnant dans le parc de Mahazoarivo a été immobilisé (les palmes ont été enlevées) par les militaires.

OPÉRATION MILITAIRE

Soulignons, toutefois, que les autorités gouvernementales auraient dû épargner la femme et les enfants de l'« ancien » Premier ministre. Ceux-ci n'ont effectivement rien à voir avec les supposés agissements répréhensibles du principal concerné, Tantely Andrianarivo. De source informée, ils seront maintenus au camp pendant 48 heures, « le temps normal d'une garde à vue ». Au cours de leur « détention », ils n'ont droit à aucune visite ni posséder un portable. Changement de cap, hier en fin d'après-midi, la famille Andrianarivo a été placée dans un autre endroit : « Pour sa sécurité », affirme-t-on. Elle bénéficie, en quelque sorte, d'une liberté… provisoire. Cependant, hier en début de soirée, on nous signale que les Andrianarivo ont été autorisés à rejoindre leur domicile d'Ivandry, mais toujours placés en « résidence surveillée », sous haute surveillance. Des dizaines de gendarmes sont, en effet, devant et aux alentours de la villa.
Cette arrestation de Tantely Andrianarivo n'est, semble-t-il, qu'un épisode dans ce bras de fer entre le KMMR et les pro-Ratsiraka. Ainsi, M. Sylla a quitté définitivement ses bureaux à Ambohitsorohitra pour s'installer à Mahazoarivo.
Curieusement, cette opération militaire intervient la veille de la deuxième rencontre entre MM. Ratsiraka et Ravalomanana, dans le cadre de « Dakar II ». Est-ce à dire que M. Andrianarivo devrait servir de monnaie d'échange dans les pourparlers à Dakar. Autrement dit, un moyen de pression, voire un « otage » afin d'infléchir l'amiral qui, lui, détient les barrages, les milices, etc.
Quoi qu'il en soit, l'on s'achemine vers le commencement de la fin du conflit. Néanmoins, le pays est placé devant un choix cornélien : la poursuite des affrontements, comme c'est le cas depuis cinq mois, ou se plier aux décisions de Dakar, quelles qu'elles soient…

De la part de R-R.H. (le 27/05/02) : extrait du journal Tribune du 27/05/02

"APRÈS LA FIN DE L'ULTIMATUM L'ARMÉE FACE À DEUX OPTIONS"

L'ultimatum adressé aux militaires par le général Mamizara Jules, ministre de la Défense, a expiré hier. Mais en dépit de cela, ce jour ou dans les prochains jours, il ne faut pas s'attendre à l'envoi d'une expédition militaire chargée de démanteler les barrages. D'abord, parce que la seule menace assortie à la sommation est celle-ci : les militaires qui ne rallient pas la légalité avant le 26 mai « seront considérés comme des rebelles et seront combattus comme tels ». Ensuite, parce qu'on a beau ouvrir l'œil, on ne perçoit aucun indice qui trahit les préparatifs d'une opération militaire d'envergure.
L'ultimatum a-t-il été formulé de façon ambiguë ? En tout cas, de très larges couches de la population ont compris ceci : si les barrages ne sont pas levés avant le 26 mai, une action militaire sera lancée pour ouvrir les routes. Même le camp d'Ambodiatafana a été induit en erreur, menaçant les Merina d'une "opération" ce jour à Toamasina, dans le but d'intimider Antananarivo et de dissuader un assaut contre le Grand Port.
SARCASMES
Quoi qu'il en soit, le ministère de la Défense est tenu de marquer de manière vigoureuse et percutante l'expiration de l'ultimatum. C'est que la population, éprouvée par les privations, fait une fixation sur les barrages, et attend avec impatience le démontage de ces barrières. Ces dernières semaines, les sarcasmes à l'endroit de cette Armée qui hésite et temporise se sont multipliés. Pour s'en convaincre, il n'est que d'écouter l'intervention des auditeurs sur les radios privées : ironie sur les « officiers ventrus nourris avec l'argent du peuple mais qui réchignent à défendre ce même peuple », etc. Traité de "poltron", l'Armée voit sa cote dégringoler à toute vitesse. Même si elle n'ira pas jusqu'aux barrages, elle se doit de réagir et de se livrer à une action d'éclat pour donner le change.
Hier, l'Armée oscillait entre deux options : soit exécuter la menace portée dans l'ultimatum et arrêter les militaires (du moins les officiers en vue) qui n'ont pas rejoint la légalité. Soit entreprendre une opération pour démonter l'antenne illégale qui diffuse à Antananarivo les émissions des deux stations radio-TV de l'amiral.
L'un et l'autre choix constituent, en tout cas, des préliminaires incontournables à un assaut vers les barrages. Il importe, en effet, de mettre hors d'état de nuire les officiers et militaires qui travaillent sur le sol d'Antananarivo à la victoire du camp de l'amiral. Il est d'ailleurs déplorable pour le moral de la population de voir évoluer en toute liberté dans la capitale ses bourreaux et tortionnaires. Ces derniers préparent au cœur même d'Antananarivo les coups tordus dirigés contre la population hôte. D'autre part, les stations pro-Ravalomanana en province ayant été détruites ou confisquées, il est naturel d'exercer des mesures de rétorsion. Le conditionnement psychologique et la propagande prenant une part prépondérante dans l'issue des conflits, il importe de neutraliser les deux chaînes de l'amiral qui sapent la résistance et la combativité des pro-Ravalomanana.
Après le mouvement populaire de 1991, l'amiral a regagné le terrain perdu après avoir mis en place Radio Tsioka Vao. Nettement surclassé à l'élection présidentielle du 16 décembre, il tente de refaire surface en montant une autre chaîne radio et même une station TV. L'homme ayant fait du pouvoir sa raison de vivre, on ne s'étonnera si, chez lui, il y a dans la création des chaînes audiovisuelles une certaine… fréquence.

De la part de R-R.H. (le 24/05/02) : extrait du journal Midi du 24/05/02

"Jacques Sylla interpelle l’ONU. Il a envoyé un mémorandum ."

Pour mieux informer les instances internationales, le Premier ministre Jacques Sylla a envoyé au siège de l'ONU, et à tous les partenaires bilatéraux et multilatéraux de Madagascar, un mémorandum résumant la situation générale de Madagascar. Tout en interpellant les Nations-Unies sur certaines questions qui se rattachent au comportement de la communauté internationale.

Mettant en exergue 12 points, le mémorandum explique l'évolution de la crise politique qui prévaut à Madagascar. Le Chef du gouvernement introduit par exemple que "pour la première fois dans l'histoire de Madagascar, grâce aux nouvelles technologies de l'information et de la communication, la présence d'hélicoptères et la mobilisation citoyenne, il a été possible à la majorité des candidats et des observateurs nationaux indépendants et reconnus officiellement de collecter tous les résultats des bureaux de vote, ce qui a permis de réunir toutes les conditions pour une confrontation des procès-verbaux de l'élection présidentielle du 16 décembre 2001". Pour dénoncer les agissements du camp de l'ancien président de la République, le Premier ministre souligne que "le 16 décembre 2001, jour de l'élection, après avoir voté, le candidat Ratsiraka a proféré des menaces selon lesquelles s'il n'était pas réélu ce serait la chienlit, et dès le lendemain du scrutin, le candidat Ravalomanana a demandé une confrontation des procès-verbaux, ce que la Haute Cour Constitutionnelle de l'époque a refusé"

Compagnon de route

Le mémorandum explique également la position du Président Ravalomanana sur l'Accord du Dakar. " L'Accord de Dakar du 18 avril 2002 vise explicitement l'arrêt de la Cour suprême et ni M. Didier Ratsiraka ni M. Marc Ravalomanana n'ont formulé la
moindre objection sur la composition et la compétence de cette Haute Cour Constitutionnelle rétablie dans sa composition antérieure. Le recours en annulation de la désignation du 24 novembre 2001 des membres de la Haute Cour Constitutionnelle devant la Chambre administrative de la Cour suprême a été présenté par un magistrat, membre du Conseil supérieur de la magistrature, candidat à une candidature à la Haute Cour Constitutionnelle au titre du Conseil supérieur de la magistrature et ancien compagnon de route de l'Arema, parti du candidat Ratsiraka. "

Un mépris

Sur ce volet HCC, on lit dans le document que "tous les magistrats qui ont rendu l'arrêt de la Chambre administrative de la Cour suprême ont été nommés sous le régime du président Ratsiraka, la Haute Cour Constitutionnelle dans sa composition postérieure à l'Accord de Dakar et qui s'est prononcée le 29 avril 2002 sur l'élection de Monsieur Marc Ravalomanana est celle-là même qui a entériné celle du président Albert Zafy en 1993, du président Didier Ratsiraka en 1997, l'empêchement du président Albert Zafy en 1996 ainsi que toutes les élections de 1992 à octobre 2001". "De ce fait, jeter le doute tant sur la Cour Suprême que sur la Haute Cour Constitutionnelle est une insulte à la Justice malgache et affiche un mépris caractérisé à l'égard de toutes les institutions de notre République qui se sont engagées à promouvoir l'Etat de droit et la bonne gouvernance démocratique".
Auteur des destructions
Les véritables interpellations de Jacques Sylla se résument ainsi : "Faut-il condamner un pays qui a pu, pour la première fois de son histoire, assurer un vote démocratique et transparent, à moins que la règle du double standard ne soit la norme qu'entendent faire prévaloir l'ONU, l'OUA et la Communauté internationale ? En ce qui concerne l'Accord de Dakar, Monsieur Ravalomanana n'a jamais voulu abandonner les exigences qu'il s'est imposées et que le peuple malgache a ratifiées: le sens de l'éthique, la vérité démocratique, l'Etat de droit, l'ouverture à une société de véritable réconciliation nationale. Faut-il, au regard du comportement actuel de la Communauté internationale, soutenir avec bienveillance l'auteur des infractions aux engagements librement souscrits sous l'autorité fraternelle de chefs d'Etat frères co-responsables de l'Accord de Dakar, l'auteur des destructions volontaires et systématiques de nos infrastructures, l'auteur d'un désastre humanitaire sans précédent appuyé par une politique de terreur et de violence, infractions criminelles pour lesquelles un ancien chef d'Etat reconnu internationalement doit répondre".

De la part de R-R.H. (le 23/05/02) : extrait du journal Tribune du 23/05/02

"Pouvoir de Ravalomanana: Début de soutien des bailleurs de fonds ?"

La Banque mondiale ne reconnaît que le Gouverneur de la Banque centrale nommé par Marc Ravalomanana. Le Président de la République a fait cette déclaration hier, au cours d'une rencontre avec les représentants des écoles FJKM qui se sont déplacés à Ambohitsorohitra pour féliciter le nouveau Chef de l'Etat. Et Marc Ravalomanana lui-même affirme avoir obtenu cette assurance lors d'un entretien qu'il a eu avec les représentants de la Banque mondiale. Ce n'est pas tout, les principaux bailleurs de fonds de Madagascar se seraient également déclarés disposés à soutenir et à financer un plan de redressement économique d'urgence.
En tout cas, tous les experts s'accordent pour expliquer que le redressement ne sera pas possible sans injection massive d'aide internationale. Les économistes, comme la Banque mondiale, prévoient pour 2002 un taux de croissance négatif de -2 à -3% alors qu'en 2001, Madagascar avait connu l'une des plus fortes croissances au monde avec une progression du PIB de 6,7%. «Pour retrouver de telles performances, il faudra deux à trois années, si les barrages sont levés immédiatement», selon les propos d'un expert de l'ONU rapportés par la presse étrangère.
La croissance provenait essentiellement de trois secteurs : les entreprises franches, la pêche et le tourisme. Seule la pêche est épargnée puisqu'elle est très peu touchée par les barrages. Les entreprises franches, pour la plupart, ne fonctionnent plus. Ceci s'est traduit, entre autres, par la suppression de 80000 emplois sur les 100000 qu'elles ont créés. Le tourisme, lui, est au point mort.

Lettre ouverte à M. Didier RATSIRAKA, ancien Président de la République malgache (Reçu le 17/05/02)

(Je vous fais parvenir, ci-après, le texte d'un article que j'ai lancé en avril dernier dans les colonnes de la presse locale malgache. Je l'ai, ensuite, mis en ligne sur certains forums du net, sous différents intitulés ("alternance au pouvoir" sur dts.mg, "dualité de Président à Madagascar" sur rfi.fr, "le sacrifice de Ratsiraka" sur lemonde.fr). L'objectif est d'apporter une contribution aux efforts qui sont actuellement menés par toutes les personnes de bonne volonté pour trouver une solution à cette effroyable crise politique qui risque de précipiter le pays vers une épouvantabe guerre civile, à cause de l'inconséquence et l'irresponsabilité de quelques individus.) Signé par l'auteur de l'article.


"Lettre ouverte à M. Didier RATSIRAKA, ancien Président de la République malgache


Le 9 février dernier, votre mandat de Président de la République malgache a pris fin. Vous permettrez donc que je m’adresse à vous en votre qualité de simple citoyen, candidat à l’élection présidentielle du 16 décembre 2001. Comme beaucoup de mes compatriotes, alors que j’étais étudiant en Droit à l’EESDEGS d’Antananarivo, j’ai été de ceux qui sont tombés sous le charme des discours
innovateurs que vous avez tenus à la Tribune des Nations Unies et des propos pleins de promesses et d’espoir que vous avez développés dans votre célèbre Livre Rouge. Je relèverai plus particulièrement les passages suivants :

« L’indépendance, et plus particulièrement l’indépendance politique, n’entraîne pas ipso facto, et loin s’en faut, la fin du colonialisme et l’avènement d’une société plus juste. » « Pour réaliser l’indépendance véritable, pour atteindre nos objectifs fondamentaux qui sont : le développement économique, politique, social et culturel autonome, équilibré, harmonieux ; le développement d’une société plus juste d’où sera bannie l’exploitation de l’homme par l’homme, d’où seront éradiquées toutes les formes d’injustice, d’oppression et de domination, bref le développement intégral de tout homme et de tout l’homme, il nous faut opérer des transformations drastiques,
révolutionnaires ; dynamiter les vieilles structures et dynamiser un nouvel ordre économique et démocratique par la Révolution socialiste tous azimuts.».

Ainsi formulée, la philosophie politique et économique que vous vouliez mettre en œuvre à Madagascar ne pouvait qu’obtenir l’adhésion massive de tout un peuple épris de justice et de paix et se traduire dans les faits par, sinon un bouleversement total de l’ordre établi, du moins un changement très important des structures mises en place au lendemain de l’indépendance politique de 1960. Après avoir navigué dans les eaux calmes d’un régime libéral teinté de quelques touches socialisantes (1960-1975), la Grande Ile dut ainsi, sous votre conduite, braver les flots tumultueux d’un interventionnisme étatique « musclé » (1975-1991), avant de décider, de nouveau, et toujours sous votre férule, de faire de l’initiative privée le moteur principal de son développement (1991-2001), l’interrègne technique du Gouvernement Zafy (1991-1996) n’ayant pas apporté de changements particuliers dans la politique économique d’ensemble.

L’expérience ainsi menée a voulu être originale à double titre :

- d’abord, dans son esprit : passer du jour au lendemain d’un libéralisme modéré moribond au socialisme révolutionnaire pur et dur, et revenir, seize ans plus tard, à une forme d’ultra libéralisme à la malgache ;

- ensuite et surtout, dans sa réalisation : ce sont les plus hauts responsables de l’Etat socialiste malgache, et vous en premier, avec votre équipe de technocrates hyper-doués (Polytechnique, Centrale, Mines, ISA, IEP, IAE, EDHEC, MBA, etc.) qui, après la retentissante faillite de la Révolution socialiste tous azimuts, ont engagé leurs responsabilités et leur crédibilité dans la mise en œuvre de cette politique de libéralisation et de privatisation de l’économie du pays.

Vous étiez donc « condamnés » à réussir et, en cas d’insuccès, très logiquement, à vous démettre. Vous démettre car, après l’échec cuisant des deux politiques économiques diamétralement opposées que
vous avez servies aux Malgaches, vous ne pouvez plus, décemment, leur proposer de vous renouveler leur confiance pour votre « nouvelle République humaniste et écologique » …Et ils vous l’ont fait bien comprendre ! La réalité est là, cruelle, incompréhensible,
inadmissible : Madagascar fait désormais partie des premiers pays les plus pauvres du monde ! Les images insupportables « d’un peuple désemparé, démoralisé, démobilisé, dont la seule préoccupation est la recherche de la pitance quotidienne » ; celles, tout aussi
inacceptables, « d’un monde absurde où la surconsommation côtoie la famine, où la richesse côtoie la misère la plus dégradante » (cf. J. Rajaonah-Ratsimisetra « Affronter la crise », Lettre mensuelle de Jureco n° 52 04/91 p. 10) sont, la plupart du temps, les seules illustrations que les journalistes occidentaux aient pu montrer, ces dernières années, de ce pays qui fut pourtant l’un des plus beaux fleurons de l’Afrique, au lendemain de la décolonisation. La Grande Ile ne doit aujourd’hui sa survie qu’à l’afflux des aides internationales et au développement d’une économie parallèle où le népotisme, le copinage, l’affairisme, la vénalité et la corruption rongent, comme un gigantesque cancer, tous les rouages de la vie politique, économique, financière, sociale et culturelle du pays.

Vous livrez, depuis plus de trois mois, une lutte sans merci contre un homme qui a gagné les élections présidentielles du 16 décembre 2001 dès le premier tour (une réalité chiffrée, vérifiable à tout moment, que vous refusez toujours d’accepter). Il vous dérange, semble-t-il, à cause de ses origines (paysanne et merina), des succès qu’il a enregistrés dans la gestion de ses affaires privées (agroalimentaire) et publiques (Mairie d’Antananarivo), enfin, de la foi inébranlable qui l’anime. Vous l’avez traité de « petit laitier », de « roi du yaourt », d’adepte d’une secte comparable à celle du tristement célèbre Temple solaire, et de « nazi ».

Dans tous les discours que vous prononcez dans les campagnes de propagande que vous menez à travers l’île, vous (et vos suppôts) suscitez la haine tribale, espérant vous maintenir au pouvoir en poussant clairement les Malgaches à s’entretuer. Dans les Provinces autonomes que vous avez si habilement créées (comme si, à l’époque, vous craigniez déjà les mouvements d’humeur des habitants de la capitale : traumatisme de 1991 oblige !), vos partisans, sur votre initiative ou avec votre assentiment, n’arrêtent pas de mener des manœuvres d’intimidation et de subversion contre tous ceux qui osent manifester la moindre sympathie pour votre adversaire. Ils s’engagent même aujourd’hui dans de très graves et totalement irresponsables opérations de sabotage, destinées - semble-t-il - à asphyxier la Capitale.Si vous êtes désormais comptable devant la Nation toute entière de la plus grave débâcle économique, financière,
sociale et culturelle qu’ait jamais connue Madagascar, d’aucuns vous accusent aussi d’être impliqué dans la plupart des événements dramatiques qu’ont vécus les Malgaches depuis votre accession au pouvoir : les accidents - jamais élucidés - d’avions et d’hélicoptères
où nous avons perdu de grands hommes d’Etat, les tueries du 10 août 1991, de janvier, février, mars et avril 2002, tous justiciables de la Haute Cour de Justice sur le plan interne et du Tribunal Pénal International au niveau du concert des Nations.

Auriez-vous la conscience tranquille et pourriez-vous encore vous regarder en face si vous deviez être en plus le premier Chef d’Etat malgache responsable de l’explosion d’une guerre civile dans votre pays ? En toute objectivité, il me semble que les Malgaches (à
propos desquels vous aviez dit, il y a quelques années, qu’ils « n’étaient pas à la hauteur de vos ambitions ») vous ont signifié, sans la moindre ambiguïté, leur volonté de tourner une page importante de leur histoire.Puisque vous et votre équipe de technocrates hyper-doués êtes dans l’incapacité de sortir ce pays de sa pauvreté, et l’immense majorité de sa population de la misère noire dans laquelle vous l’avez sciemment enfermée depuis 1975, ayez la sagesse et le courage de vous retirer pendant qu’il en est encore temps. L’art d’être champion, disait un célèbre écrivain, c’est aussi savoir perdre avec grâce.

Et, dans un esprit sain d’alternance au pouvoir (c’est cela aussi la démocratie !), laissez au « petit laitier » et aux hommes et femmes de bonne volonté qui l’accompagnent le soin de mener à bien cette gigantesque et indispensable bataille du développement. Sa réussite
fulgurante à la tête, d’une part de sa célèbre société Tiko, d’autre part de la Communauté urbaine d’Antananarivo, est sans doute de bon augure.Vous avez encore les moyens de sortir par la grande porte. Pour une fois, dans votre (trop) longue carrière politique, soyez bon joueur et souhaitez-lui « Bonne Chance ».

Un Malgache (parmi tant d’autres) qui aime son pays."

Gouvernement : la liste des membres (15/05/02)

MINISTRES


-Finances et Budget: Narisoa Rajaonarivony (Vice - premier ministre)
-Economie et Planification: Lezava Fleury
-Agriculture, Elevage, Eaux et Forêts: Yvan Andriasandratriniony
-Enseignement supérieur: Ranjivason Jean Théodore
-Enseignement Secondaire et Education de Base: Razafindrandriatsimaniry
-Enseignement Technique et Formation Professionnelle: Zoana Blaise
-Recherche Scientifique pour le Développement: Alidina Edouard
-Santé: Andry Rasamindrakotroka
-Industrialisation, Développement du Secteur Privé et Privatisation: Davida Rajaona
-Défense Nationale: Mamizara Jules
-Tourisme: Ntsay Christian
-Garde des Sceaux, Justice: Alice Rajaonah
-Commerce et Consommation: Ralison Alphonse
-Energie et Mines: Elysée Razaka
-Travaux Publics: Lahiniriko
-Aménagement du Territoire: Reboza
-Intérieur et Réforme Administrative: Seth Rambeloarijaona
-Fonction Publique: Vola Dieudonné Razafindralambo
-Travail et Lois Sociales: Raondry Longin
-Transports, Environnement et Météorologie : Rakotovazaha
-Culture: Odette Rahaingosoa
-Communication: Mamy Rakotoarivelo
-Postes et Télécommunications: Haja Razafinjatovo
-Sécurite publique: Amady Augustin
-Affaires Etrangères: Ranjeva Marcel
-Polulation: Rabenandrasana Jean Louis


SECRÉTRAIRES D'ETAT


-Commerce Extérieur: Eric Beantanana
-Décentralisation et Développement des Provinces Autonomes: Monique Andreas
-Condition Féminine et Enfance: Rahelivololona Victorine
-Agriculture, Elevage et Eaux et Forêts Chargé de la Pêche et des Ressources Halieutiques: Contre-Amiral, Rarison Ramaroson Hippolyte

VERS L'AVENEMENT DE LA IVe REPUBLIQUE DIRIGEE PAR MARC RAVALOMANANA ! (extrait du journal Midi du 11/05/02)

30e anniversaire, hier, des événements du 13 mai 72 qui devaient donner son nom à la place sise devant l'ancien hôtel de Ville de Tana. Une place devenue célèbre car c'est là où se font et se défont les régimes, à une moyenne sinon à un rythme d'une République tous les 10 ans.

La première fois, c'était en 72, avec la chute de la Première République suivie après 4 ans de transition mouvementée, de l'avènement de la Seconde. La deuxième fois, c'était en 91 avec le mouvement populaire qui donna naissance en 3 ans, de la Troisième République. Jamais deux sans trois, la Place du 13 mai allait être, 10 ans après, envahie quotidiennement par une foule monstre dont l'enthousiasme n'avait d'égal que sa soif de changement qui débouchera certainement sur la IVe République dirigée par Marc Ravalomanana. Tous les indices vont dans ce sens, pour ne citer que la prochaine conférence nationale qui sera immanquablement consacrée par l'adoption d'un nouveau cadre constitutionnel. En effet, on imagine mal l'actuel locataire d'Ambohitsorohitra procéder à un simple toilettage de la Constitution, qui a été taillée et retaillée à leurs mesures, par ses prédécesseurs. Ce qui est plus que probable, c'est que le "Fahamarinana" apporté par Zafy Albert et évacué par Didier Ratsiraka, sera réintroduit dans la devise de la République par Marc Ravalomanana qui en fait du reste, son leitmotiv.

Acquis de Dakar

La délégation malgache, envoyée à Dakar par Marc Ravalomanana, n'a pas du reste exclu, devant le président sénégalais, que la conférence nationale annoncée par le nouveau président de la République, "pourrait aboutir à un référendum constitutionnel". Autrement dit, la prochaine consultation populaire ne sera pas, mais pas du tout, un deuxième tour déguisé. La délégation malgache, composée de Manandafy Rakotonirina, Marson Evariste et Lila Ratsifandrihamanana, s'est entretenue pendant 2 heures et demie, avec Abdoulaye Wade. Les émissaires de Ravalomanana ont informé le chef de file du groupe de contact de l'OUA, de l'évolution de la situation à Madagascar. "En application de l'accord de Dakar, les acquis, à savoir le décompte contradictoire des voix, la proclamation des résultats par la HCC et l'investiture du président Marc Ravalomanana". Le président sénégalais en a pris acte et "a voulu rassurer la délégation de sa disponibilité pour accompagner le processus de reconnaissance internationale".
Reconnaissance internationale

Un processus de reconnaissance internationale "en bonne voie", selon les chefs de mission diplomatique qui ont été reçus dans la matinée d'hier, par Marc Ravalomanana au palais d'Ambohitsorohitra, en l'occurrence, l'Ambassadeur de France, Stanislas de Laboulaye; celui de l'Union Européenne, Pierre Protar; celui des Etats-Unis d'Amérique, Wanda Nesbitt; ainsi que le Représentant résident du PNUD, Adama Guindo. Tous, ils ont assuré le maître des lieux, de leur disponibilité à aider Madagascar. Pour en revenir à la délégation malgache à Dakar, une deuxième rencontre avec le président sénégalais est prévue, suite aux instructions de son homologue malgache dont la légitimité et la légalité sortiront sans doute renforcées, à l'issue du prochain référendum constitutionnel qui constituera un tournant important dans l'histoire du pays, sans remettre en question l'unité et l'unicité de la République. Que le camp d'en face soit... Dakar ou pas d'accord.

Gouvernement: Une équipe élargie…(extrait du journal Tribune du 11/05/02)

Le Premier ministre Jacques Sylla formera un gouvernement d'ouverture, selon, hier, l'intéressé au Palais d'Ambohitsorohitra. Car, a-t-il ajouté, "le pouvoir de Marc Ravalomanana est disposé à collaborer avec tous les hommes de bonne volonté, surtout ceux qui n'ont pas commis de crime vis-à-vis du peuple et du patrimoine national".
D'après Jacques Sylla, la formation de son gouvernement se fera en deux temps : un petit remaniement se fera à la fin de cette semaine ou au début de la suivante, puis un grand viendra plus tard qui aboutira à une nette augmentation du nombre actuel des portefeuilles.
Les grandes lignes de l'opération : la plupart des ministres du gouvernement précédent seront reconduits, ensuite, des ministères seront restructurés et leurs noms modifiés, enfin, l'ouverture sera orientée vers les groupements désireux de collaborer. En tout cas, le gouvernement Sylla est déterminé à jouer du bâton pour mettre un terme à la violence armée et à la mutinerie dans les provinces. "Nous nous préparons à une réaction de légitime défense face à la poursuite des agissements de l'autre camp", a déclaré hier Jacques Sylla, qui a ajouté que le gouvernement en est à sa seconde réunion dans la concrétisation du projet.
Selon d'ailleurs le ministre de la Défense Mamizara Jules, à l'intention des militaires qui gardent les barrages, un avertissement sera lancé la semaine prochaine avant l'usage de la force.

Ravalomanana reçoit les représentants des provinces....(extrait du journal Midi du 11/05/02)

L’article 44 de la Constitution stipule que « (…) Il (le président de la République) est le garant de l’indivisibilité de la République. (…) Il est le garant de l’Unité nationale ». Le président de la République Marc Ravalomanana, en s’y conformant, a reçu ces derniers jours les représentants et les natifs des provinces au palais d’Ambohitsorohitra. Fianarantsoa, mardi dernier, Antsiranana jeudi, et Mahajanga et Toliary hier. Toamasina dans les prochains jours. Au centre des entrevues, la réconciliation nationale et la consolidation de l’unité nationale.

Dans le contexte actuel, en effet, Marc Ravalomanana se présente comme le mieux placé pour cette politique de solidarité. Ses adversaires, depuis la campagne électorale en vue de l’élection du 16 décembre, avaient déjà essayé de véhiculer le tribalisme, dans l’objectif de freiner au maximum sa percée sur l’échiquier politique malgache. Sa performance à la tête de la mairie de la capitale lui a valu quelques obstructions de la part du camp de Didier Ratsiraka, alors qu’il n’a pas encore annoncé sa candidature à l’élection présidentielle. Le schéma de balkanisation, soutenue par les partisans de l’ancien Président Ratsiraka, s’est confirmé tout au long de ces quatre derniers mois. Elu Président, Marc Ravalomanana a annoncé le 6 mai dernier au stade de Mahamasina, lors de son investiture, qu’il restait le « Président de tous les Malgaches », contrairement à certains extrémistes qui « transcendent » quelqu’un pour devenir « le président de la confédération des 4 Etats indépendants ».

La synergie qui s’installe entre le chef de l’Etat et les représentants des provinces traduit le fait que Marc Ravalomanana, contrairement à certaines idées qui induisent la communauté internationale en erreur, dispose d’une légitimité aussi bien à Antananarivo que dans les autres régions. Comme le camp Ratsiraka avait brouillé habilement les circonstances exactes du premier tour du scrutin, toute présomption est devenue redoutée. Actuellement, Marc Ravalomanana œuvre pour que l’unité des Malgaches, altérée par les sécessionnistes, soit consolidée. A Antananarivo, le chef de l’Etat rassemble. En province, ses adversaires divisent.