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ARCHIVES ACTUALITES : 1-14 JUIN 2002

De la part du Collectif Indépendant pour la Défense de la Démocratie à Madagascar (reçu le 11/06/02) : COMMUNIQUE.


Nous remercions les Présidents Abdoulaye Wade du Sénégal, Omar Bongo du Gabon et Sassou Nguesso du Congo ainsi que le Secrétaire général de l'OUA Amara Essy, pour tous les efforts de médiation qu'ils ont menés pour Madagascar, dont la situation semble les préoccuper au plus haut point.
Mais nous voudrions insister sur la violence extrême perpétrée actuellement de manière unilatérale par le camp de Ratsiraka, une violence qui va jusqu'au démantèlement du pays en faisant exploser les ponts et en empêchant la libre circulation des biens et des personnes.
Pour se maintenir au pouvoir de manière plus en plus irresponsable, Ratsiraka et ses derniers fidèles maintiennent une campagne de terreur (meurtres, assassinats, violences en tout genre, prise d'otage, menaces d'exécutions, emprisonnements illicites), un peu partout en province et notamment dans la région de Sambava. Cette campagne est perpétrée, si nous en croyons les rumeurs, sous la direction de certains de ses enfants, obligeant l'armée légale à y faire face pour délivrer la population d'individus qui la maintiennent sous une coupe réglée et féroce. Et ceci dans une politique délibérée de mise à sac du pays.

Si nous établissons ici un état des lieux sur le terrain à Madagascar :

- pour isoler la capitale, mais aussi, pour empêcher des témoins de raconter ce qui se passe en province, une politique de barrages a été mise en place. Outre l'isolement qui permet tous les dénis de droits de l'homme et les meurtres en tout genre, cette politique irresponsable de " barrages " a démoli en profondeur toute l'économie de Madagascar. Tout le tissu industriel naissant a été réduit à néant.

- Toutes les zones franches sont fermées car elles ne peuvent évacuer leurs produits.

- 80% des camions qui assuraient le transport se trouvent immobilisés, dont 220 camions citernes pour le transport des produits pétroliers bloqués à Toamasina, engendrant des déperditions de l'ordre de 25 milliards de Francs malgaches par mois, outre les différentes taxes à payer pour satisfaire au racket organisé au niveau des barrages.

- Le transport routier est extrêmement limité : seulement 1/5 du transport est assuré actuellement et les frais de transport sur les lignes nationales ont augmenté de 100%, voire plus, car dans certaines directions " dangereuses ", ils ont littéralement quadruplé.

- la situation économique est chaotique, la situation sanitaire catastrophique :

Dans les hôpitaux, l'occupation des lits a diminué de 35% .
Le seul scanner à Madagascar ne peut fonctionner, les malades souffrants d'insuffisance rénale ne peuvent faire face à leur besoin de dialyse.
La centrale d'achats qui approvisionne les hôpitaux et les dispensaires ne peut fonctionner et ses derniers approvisionnements sont bloqués à Toamasina.

En outre, les livraisons vers les hôpitaux sont gravement perturbés par la pénurie de carburants.
Actuellement, les barrages immobilisent la production pétrolière à Tamatave.
Dans le Nord-Est, Sambava où les combats risquent de reprendre de manière violente, se trouve sans électricité.
Ces faits permettent d'avoir un aperçu de ce qui se passe à Madagascar.

Nous ne pouvons qu'être étonnés, par le refus de l'OUA, de la France, de reconnaître le caractère particulièrement nuisible de Ratsiraka et la tragédie qui se trame à Madagascar.

En lui accordant le titre de Président, en lui accordant l'impunité sur ses actes à Madagascar, l'OUA et la France :

- dénient au peuple malgache, le droit fondamental de pouvoir choisir son Président.

- légitiment les faits d'armes que Ratsiraka et ses fidèles commettent actuellement notamment dans le Nord de la Grande Ile.

- créent un précédent dangereux en Afrique, car dorénavant, toute élection démocratique pourra y être contestée et tout acte délictueux, voire tout crime commis par un Président refusant de sortir pourra bénéficier de l'impunité.

- Ceci est particulièrement grave et relève de la complicité du crime contre l'humanité. Ce serait pour le moins un scandale intolérable, comme déjà le fut en son temps, la mention de soi-disant clauses secrètes à la Convention de Dakar 1, prétexte fallacieux donné pour refuser d'accepter que le peuple malgache ait élu démocratiquement Marc Ravalomanana en tant que Président de la République.

Nous sommes fort inquiets du sort réservé à notre peuple quand nous savons que les milices utilisées par le camp Ratsiraka sont lourdement armées. Nous espérons aussi que personne ne trouvera bon d'armer encore plus qu'il ne l'est déjà Ratsiraka.
Nous regrettons que la rencontre de Dakar II ait échoué. Mais nous estimons qu'elle ne pouvait aboutir, vu l'état du dossier, vu les préalables inacceptables pour le peuple malgache ainsi que les efforts pour établir la démocratie dans l'Ile.
Nous maintenons que de toutes façons, elle n'avait pas de raison d'être dès lors que la légitimité du Président Marc Ravalomanana, n'était pas reconnue alors que le peuple malgache a voté pour lui dans la majorité absolue, et ce, dès le premier tour.
Nous regrettons profondément que les Malgaches soient obligés d'en venir à la solution militaire pour régler la situation, mais ceci d'autant plus que le peuple malgache est profondément pacifique.
Nous espérons que personne ne réarmera Monsieur Ratsiraka et notons notre peur devant la nouvelle échéance donnée : des législatives, échéances qui, de fait, ne sont là que pour donner une nouvelle légitimité à Monsieur Ratsiraka et lui permettre encore de nuire en toute impunité.
Nous espérons que cette méfiance n'est point fondée, mais le fait est qu'elle existe.

Et nous remercions le Président Marc Ravalomanana du courage politique qui est le sien et de son refus de brader la dignité de son peuple, d'autant plus que nous savons que le prix à payer pour asseoir une démocratie, sera terrible.

Le Collectif Indépendant pour la Défense de la Démocratie à Madagascar

Courriels : collectifmadagascar@yahoo.fr et ciddmcom@wanadoo.fr

Michèle Rakotoson
Ndretsa Ralison

De la part de R-R. H. (le 11/06/02) : extrait du journal Tribune du 11/06/02

APRÈS L'ÉCHEC DE « DAKAR II » : LA FUITE EN AVANT

Après le fiasco de "Dakar II", tout peut maintenant arriver. Le meilleur comme le pire. Les deux rivaux n'ont, visiblement, plus rien à se dire. Sauf miracle, aucune solution n'est en vue. La crise s'incruste dans le pays. Les dégâts collatéraux sont innombrables : une économie en ruine, un peuple sinistré. Cinq chefs d'Etat africains étaient sollicités à Dakar afin de trouver un « plan de sortie de crise ». Mais en vain. MM. Ratsiraka et Ravalomanana ont chacun leur plan… La fuite en avant. Leur credo est désormais le jusqu'au-boutisme. Les dizaines, les centaines, voire les milliers de morts, dûs aux barrages ainsi qu'aux affrontements ne suffisent pas. Il en faut sûrement davantage pour qu'un ou l'autre camp puisse s'avouer vaincu ou vainqueur. Cependant, dans cette lutte sans merci qui s'annonce, personne ne dira pouce.
Hier, alors qu'à Dakar l'on a à peine débarrassé la table des négociations, au large de Sambava, deux bateaux tiraient, vers 14h30, des coups de canon en direction de la ville. Deux bâtiments (de guerre ?) non encore identifiés, chargés, paraît-il, de déloger les forces de l'ordre légalistes qui s'y trouvent depuis une semaine. Que dire également des ces indiscrétions recueillies auprès des membres de la délégation de Marc Ravalomanana à Dakar, selon lesquelles « l'amiral Ratsiraka aurait demandé à son ami, le président congolais, le général Sassou Nguesso, de l'aide financière ainsi que l'envoi d'éléments issus du "Cobra" (Combattants de Brazzaville) - une milice appartenant au chef d'Etat congolais - à Madagascar pour le soutenir dans sa lutte contre les partisans de Marc Ravalomanana » (sic). Information ou intox ? Quoi qu'il en soit, tout cela ne milite guère en faveur de l'apaisement dans l'île. Bien au contraire.

GUERRE CIVILE

Concernant cette proposition de la médiation africaine, sous l'égide de l'OUA et de l'ONU, à savoir l'organisation d'élections législatives anticipées, personne n'y croit vraiment. En effet, comment ladite médiation peut-elle se permettre de suggérer des élections sans, préalablement, ordonner à l'amiral la levée des barrages, l'abandon des dynamitages des ponts, la dissolution des milices ? Et si la mise en place d'une transition semble séduire certains, rien n'indique toutefois que MM. Ratsiraka et Ravalomanana se plieront facilement à telle proposition, du fait qu'ils devront plus ou moins s'effacer de la scène au profit d'un Premier ministre omnipotent et d'un gouvernement de consensus dont le pouvoir pourrait, à terme, échapper aux deux protagonistes… Bref, sans une prise de conscience des deux camps quant à la nécessité de sortir le pays de cette impasse, il faut s'attendre à une radicalisation de la position des uns et des autres. Autrement dit, une guerre civile, au sens large du terme, est à prévoir.
En tout cas, d'autres ponts vont être dynamités, d'autres barrages routiers seront érigés, d'autres travailleurs seront licenciés, etc., voilà la situation qui prévaut, aujourd'hui, à Madagascar à la veille du 42è anniversaire de son indépendance. Triste sort !

Deux textes du 08/06/02 :

1- Communiqué de l'Association Madagascar Développement Bordeaux (reçu le 08/06/02) et 2-"Commandement unifié au sein de l’armée et de la gendarmerie : Ordre de détruire tous les barrages" (extrait du journal Midi du 08/06/02).

1- De la part de l'Association Madagascar Développement Bordeaux (reçu le 08/06/02): COMMUNIQUE

"DAKAR 2 : Unique solution pour éviter la guerre et demande d'intervention des "Casques Bleues"


Président Ratsiraka, Président Ravalomanana !

L'épreuve de force continue. Des morts tous les jours, c'est le triste résultat d'un blocage politique dans notre pays. Cela apporte des conséquences économiques, humanitaires désastreuses et surtout un début de guerre civil maintenant. Pourquoi donc tout le peuple Malagasy doit continuer à souffrir ? Et faut-il désespérer ?
NON,
Il est donc urgent de prendre des mesures pour dénouer la situation actuelle et que l'intrangigeance de vos positions respectives et surtout l'absence d'ouverture doivent être rangés au fond de vous même. Nous pensons donc que si vous allez ensemble à Dakar pour dialoguer, débattre, régler vos différends, sous l'égide de médiateur étranger et malagasy, serait l'unique solution pacifique pour sortir de cette longue crise.

L'intérêt du Pays, le respect de notre Peuple et la préservation de l'Unité Nationale doivent être vos priorités. Nous comptons donc sur votre sagesse pour mettre en place une démocratie plus juste et plus forte afin de permettre à chacun de s'exprimer, de vivre ensemble dans la paix. Néanmoins, en attendant la mise en place de cette résolution concertée at acceptée par chaque camp, nous estimons que c'est notre devoir envers nos compatriotes Malagasy de demander auprès de la Communauté Internationale l'envoi d'une force d'interposition "Casques Bleues" afin de rendre aux Malgaches leurs libertés et surtout d'assurer leur sécurité dans tout l'île.

"Apprenons à aimer nos ennemis car c'est apprendre à accepter nos défauts".

Mahefa Razafindramanana
(Vice-président)
"Malagasy nino anareo fotsiny ihany sy tsy mandohalika mandrakizay".

2- "Commandement unifié au sein de l’armée et de la gendarmerie : Ordre de détruire tous les barrages" (extrait du journal Midi du 08/06/02).

Une cérémonie dans la pure tradition militaire s’est déroulée dans la matinée d’hier, à la base aéronavale d’Ivato (BANI). Passation de commandement entre les chefs d’Etat-major au sein de l’armée nationale et de la gendarmerie nationale. Dès son arrivée, le président de la République, Marc Ravalomanana a salué les couleurs nationales et a ensuite passé en revue les troupes. C’était bien le chef suprême des Forces armées qui était hier à la BANI. A la lueur de la cérémonie d’hier, malgré les tentatives de certains chefs militaires de saper l’unité des Forces armées, un commandement unifié s’est institué au sein de l’armée et de la gendarmerie.

« Je vous donne l’ordre de démanteler tous les barrages économiques. » Cette adresse du président Marc Ravalomanana à l’endroit des plus hautes autorités des Forces armées, constitue certainement le message le plus important de cette matinée à la base d’Ivato, où l’on ressentait la fraîcheur d’un début d’hiver. On notera également l’ultime appel qu’il a lancé à l’endroit des militaires encore hésitants à rejoindre le camp de la légalité, en leur rappelant que « la porte est encore ouverte ». Pour lui, l’unité retrouvée de l’armée est aussi l’image de l’unité et de l’indivisibilité du pays. La présence des grands chefs militaires à la cérémonie d’hier a démontré l’unité des Forces armées, sous l’autorité d’un seul commandement. Vis-à-vis de la communauté internationale, il a affirmé, sans ambages, la légalité du régime actuel, quoique puissent en penser ceux qui campent encore sur une position de réserve. C’est à l’issue de cette cérémonie que le président de la République a tenu ces propos.

Passation de commandement

Quant à la cérémonie proprement dite, elle s’est passée dans le plus strict respect des règlements militaires. Ainsi, le général de division, Rabotoarison Sylvain, a passé le commandement de la gendarmerie nationale au général de division Sambiheviny. Puis ce fut au tour du général de division Bruno Rajhonson de passer la main au général de division Sylvain Razafimandimby, désormais Chef d’Etat-Major Général de l’Armée Malgache. L’Etat-major des forces de développement est désormais sous le commandement du général de division Randriamaro Jean-Baptiste. Pour le Régiment des Forces d’Intervention (RFI), le général de brigade Andriamarolahy Wilfrid succède au général de brigade Rakotosolofo, représenté à cette cérémonie par son adjoint. A l’Etat-major des forces aéronavales, le contre-amiral Henri Rambeloson a cédé la place au capitaine de vaisseau Ratsimisetra Andriamanantena.

Un défilé des représentants des trois armes (forces terrestres, aériennes et navales) devant la tribune officielle, a clôturé cette cérémonie à laquelle ont assisté des hauts dignitaires de l’Etat, entre autres, le Premier ministre Jacques Sylla, le président de l’Assemblée nationale, Paraina Auguste, ainsi que les membres du gouvernement. Les chefs d’église étaient aussi présents.

Le chef de l’Etat n’a pas non plus oublié de lancer un message hier à Ivato, à l’endroit du peuple malgache.« Le moment est venu d’unir nos efforts, d’être solidaire avec l’armée pour renforcer notre unité ».

De la part de Rajaonarimanana Narivelo (reçu le 05/06/02) : COMMUNIQUE


Après six mois de crise politique grave, Madagascar est aujourd¹hui par terre et le peuple malgache à genoux. Malgré l'accord de Dakar du 18 avril dernier, un syndicat d¹interêts particuliers d¹un petit groupe de personnes, dirigé par le président sortant, continue toujours de prendre en otage le pays, d'entreprendre son pillage systématique et ainsi commettre un acte de forfaiture et un crime contre la Nation. Pour ne pas continuer de mépriser la volonté réelle de changement manifestée par le peuple (68% de participation à l¹élection présidentielle du 16 décembre), il est indispensable et nécessaire que le nouveau régime légitime et légal, issu du verdict des urnes et dirigé par le président Ravalomanana et le gouvernement Sylla, soit accepté par tous. Hors de cette voie, il n'y a point de salut. Le peuple malgache tout entier doit rester maître de son destin. Ni l'OUA, ni l'Union Européenne, ni l'ONU, encore moins les chefs
d¹Etat étrangers ne peuvent régler nos différends et choisir à notre place nos institutions, fussent-elles transitoires.
Il est vrai que tout ce qui est nouveau peut inquiéter certains, jeter le trouble chez d'autres, engendrer des suspicions, le scepticisme, le
découragement et parfois le défaitisme ou la trahison. Mais face à l'importance de l'enjeu, enterrer définitivement le régime corrompu et
patrimonialiste de Ratsiraka et mettre hors d'état de nuire tous les terroristes et sécessionnistes de tous bords, l'heure n'est plus aux
tergiversations. L'urgence aujourd¹hui est donc de sortir de la crise , aussi nous soutenons la détermination courageuse et sans faille du gouvernement sylla :
-de restaurer l'autorité de l'Etat et de remettre le pays sur les rails
-de promouvoir l'intérêt général et la protection des personnes et des biens.
-de libérer les solidarités et les énergies présentes au niveau local et régional en réhabilitant les institutions fokonolona.
afin que la paix revienne, que le pays se remette au travail et que tous ensemble, sans exclusive ni reserve, nous unissons nos efforts pour sauver notre patrie.

Fait à Paris le 05 juin 2002

VIVE LE PEUPLE MALGACHE !
VIVE MADAGASCAR !
VIVE LA DEMOCRATIE CONFORME A LA CULTURE MALGACHE !

Rajaonarimanana Narivelo, enseignant-chercheur, Université, Paris
Ramamonjisoa Tiana, enseignant-chercheur, Université, Paris
Nirhy-Lanto Rakoto, Chirurgien Gynécologue-Obstréticien, enseignant à l'Université de Besançon
Ramahefarivo Bruno, expert-comptable, Paris.
Razafindrazaka Rivo-Lalao, enseignant-chercheur, Université, Paris
Rakotomavo Fidy, employé de la Poste, Paris.
Rakotoseheno Fanjanirina, Paris.
Olivia Perrin, Paris.
Nirhy-Lanto Zoely Seheno, employée du Conseil Général, Val de Marne.
Tsaravelona Voahangy, Paris.
Larcher Marc, directeur d¹agence de Voyage, Paris.
Mamitiana Fabienne, comptable, Paris.
Aïoum François, ingénieur, Paris.
Rossignol Jean Pierre, Paris.
Razafindrabodo Esther, Cachan.
Andriamparany Rajaonary, Montrouge.
Jahier Luois, Paris.
Rakotomalala Malanjaona, anthropologue, Evry.

De la part de l'ONG Rassemblement des Citoyens (RC) (le 05/06/02).

Le RASSEMBLEMENT des CITOYENS (RC) est une organisation non gouvernementale malgache qui vient de se créer et dont l'un des objectifs est l'éducation du citoyen. Devant la gravité de la crise que traverse Madagascar actuellement, le RC ne peut rester indifférent face aux pressions que subit le peuple malgache au travers des actions menées par la communauté internationale. Le RC tient à faire connaître son opinion concernant le projet d'application de l'accord de Dakar signé le 18 avril 2002.


LA SOUVERAINETE POPULAIRE

Le peuple malgache, lassé par plus de 40 années de non-indépendance économique et politique notoire ayant entraîné le pays dans une extrême pauvreté malgré les variations de personnes à la tête du pays, a montré au monde entier sa maturité politique et sa détermination pour un changement radical en votant massivement lors des élections présidentielles du 16 décembre 2001.
Dans le respect des termes du préambule des accords signés à Dakar le 18 avril 2002, la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) de Madagascar, dont la légalité a été reconnue par la communauté et les institutions internationales, a procédé au décompte contradictoire des voix lors des élections du 16 décembre. Ce décompte a mis en évidence la victoire du candidat Marc Ravalomanana qui a donc été proclamé élu au premier tour.

I- S'alignant sur les dirigeants français qui sont relayés par les chefs d'Etats africains, la communauté internationale continue à piétiner la souveraineté du peuple malgache.

Cette même communauté internationale dénie aujourd'hui au peuple malgache le droit de se choisir lui-même ses propres dirigeants. Par des négociations à répétition, Dakar I, Dakar II, III, … X peut-être ?, elle tente à tout prix de remettre en selle Ratsiraka, l'homme que les dirigeants français soutiennent mais que le peuple malgache a déjà rejeté.
Ratsiraka, depuis ses agressions répétées contre le peuple malgache, ne représente plus rien dans le pays. Ses derniers partisans l'ont tous quitté. Madagascar n'est pas divisé en deux comme certains veulent le faire croire pour justifier leur ingérence. Il y a d'un côté le peuple malgache tout entier et de l'autre quelques individus à la solde de Ratsiraka et de sa famille, une demi-douzaine d'officiers (on connaît la liste), quelques ex-gouverneurs qui s'accrochent à leurs privilèges, quelques militaires ou gendarmes qui s'adonnent aux rackets que permet la confusion actuelle, et une centaine de mercenaires par-ci par-là. Et c'est avec " ça " que la communauté internationale oblige Ravalomanana à négocier !
La crise perdure à Madagascar parce que la communauté internationale continue de soutenir le terroriste et sécessionniste Ratsiraka. Elle prend prétexte de cette crise qu'elle maintient sciemment pour imposer sa paix par l'intermédiaire de cet accord d'application qui n'est rien d'autre qu'un dictat sur le peuple malgache, une sorte de " pax romana ".
- Alors que les accords de Dakar exigeaient l'arrêt immédiat des destructions de ponts et des actes de violence ainsi que la levée sans conditions des barrages dès la signature desdits accords, Didier Ratsiraka et ses partisans qui persistent dans leurs actes criminels n'ont fait l'objet d'aucune condamnation de la part de la communauté ni des organisations internationales jusqu'à ce jour.
- Le président élu Marc Ravalomanana n'est toujours pas reconnu comme étant le seul et unique président légitime et légal.
- Bien que Didier Ratsiraka se soit autoproclamé président d'un état sécessionniste dont Toamasina serait la capitale, aucune voix extérieure ne s'élève pour condamner une telle violation de la Constitution de la République de Madagascar qui est UNE et INDIVISIBLE.
- Faisant fi des réalités malgaches et de la souveraineté populaire dans sa recherche de la résolution de la crise politique actuelle, la communauté internationale, toujours par l'intermédiaire de chefs d'Etats africains et avec la complicité de certains malgaches dévoués à la France, se permet d'établir entre autre des projets tels que l'"Accord d'Application" à prendre ou à laisser (selon le journal Tribune de Madagascar n°4064 / 30 mai 2002 p.3), dont le contenu n'est rien moins qu'une négation totale de la souveraineté nationale malgache.

II- Accord d'Application = refus de souveraineté au peuple malgache.

Chaque article, chaque alinéa de ce projet est un outrage au peuple malgache. A titre d'exemples :
- Le peuple malgache a respecté à la lettre l'accord écrit signé à Dakar le 18 avril 2002 ainsi que l'unité nationale et l'intégrité territoriale, ce que l'on ne peut pas dire de Ratsiraka et ses partisans. Mettre le peuple malgache et son président élu sur le même pied d'égalité que des individus coupable d'actes terroristes et d'incitation à la guerre civile est une injure inacceptable.
- Il n'est en aucun cas du ressort de la communauté internationale de statuer sur la nécessité d'instaurer un cadre institutionnel d'exception à Madagascar, nation souveraine qui peut, si et seulement si elle le veut, faire appel à l'aide de la communauté internationale.
- L'alternance démocratique résultant des élections du 16 décembre 2002 est une réalité que la communauté internationale persiste à nier.
- Aux Etats Unis, les terroristes sont poursuivis, bombardés jusqu'en Afghanistan, emprisonnés à Guantanamo. Dans les PVD et à Madagascar en l'occurrence, on les impose comme co-président de la République.
- Le chef de gouvernement (qui est une personnalité NON élue) est élevé au rang de " chef suprême des armées, de l'administration, est responsable du maintien de l'ordre, de la sécurité nationale, de l'intégrité du territoire national, préside le conseil des ministres et de gouvernement, légifère par voie d'ordonnance ", devient le VRAI chef d'Etat. Cet individu qui sera nommé par les deux co-présidents devenus des pantins de figuration, devra certainement avoir l'aval de la France et de la communauté internationale. C'est un véritable coup d'état venant de l'extérieur, perpétré sur notre sol.
Les rédacteurs de ce projet ont volontairement omis de tenir compte depuis le premier "considérant" jusqu'à l'article 14 que le peuple malgache est souverain et qu'il a fait son choix : il ne veut plus ni de Didier Ratsiraka ni de la mainmise de ses anciens colonisateurs et leurs représentants étrangers et nationaux sur la vie politique et par voie de conséquence sur l'économie du pays.
L'opinion internationale, et en particulier l'opinion française, ont été intentionnellement désinformées : Didier Ratsiraka ne représente plus que lui-même, sa famille et une poignée de partisans irréductibles, mais il est toujours présenté comme le président lors des accords de Dakar et proposé comme co-président dans le projet d'application.
L'unité et la cohésion nationales n'ont été menacées que par les actes d'agression, de destruction et de division perpétrés par le camp de Didier Ratsiraka qui s'est senti conforté par le soutien machiavélique de la France et de la communauté internationale, et par leur refus de reconnaître le verdict des urnes.
Ce soutien constitue une négation de la souveraineté du peuple malgache qui a clairement fait connaître sa volonté de changement par sa forte participation au vote et par les manifestations massives pendant plusieurs semaines à travers tout le pays, manifestations sauvagement réprimées par les hommes de Ratsiraka dans les provinces périphériques.
Cette négation de la souveraineté populaire entraîne la communauté internationale à piétiner la souveraineté de la Nation malgache. Se plier à un tel accord d'application, accepter de négocier avec ceux qui détruisent, tuent, torturent et affament la population de toutes les régions de Madagascar, n'est plus acceptable.
Pour le peuple malgache, Ravalomanana a pris l'engagement sur la Place du 13 mai de mériter sa confiance. C'est le moment de montrer que ce contrat n'est pas rompu unilatéralement.
Le peuple malgache a su rester digne tout au long de cette grave crise. Il saura encore montrer qu'il est prêt à faire respecter cette dignité jusqu'à ce que soit enfin reconnue sa souveraineté.
La solution de cette crise que traverse Madagascar n'est pas à Dakar ou ailleurs, elle est ici sur place, avec le peuple tout entier. Ravalomanana ne doit pas perdre de vue cette vérité.

RASSEMBLEMENT DES CITOYENS
B P 1012- Tel. 00 261 20 22 262 41
Antananarivo - MADAGASCAR

De la part de R-R.H. (le 03/06/02) : extrait du journal Tribune du 03/06/02

"ARMÉE LÉGALISTE : OFFENSIVE DANS LE NORD"

Les troupes pro-Ravalomanana sont depuis hier parties à l'assaut du nord de l'île, plus précisément dans la province d'Antsiranana. De vifs affrontements à l'arme à feu ont provoqué deux morts à Sambava. Ce qui dénote la détermination des assaillants et un certain acharnement de la résistance. Ayant atterri au sud de la province, ces éléments armés progressent vers le nord, et tentent apparemment de s'emparer des localités situées sur leur passage. Pour l'instant, on ne sait très bien l'objectif de cette offensive : vise-t-elle simplement à prendre possession de localités où les militants pro-Ravalomanana sont victimes de graves sévices, afin de soustraire ces derniers à leurs oppresseurs ? Ou ambitionne-t-elle de faire tomber Antsiranana, le chef-lieu, afin de s'assurer le contrôle militaire et politique de la province ?
Le commando a quitté Antananarivo samedi et atterri à Antalaha où elle s'occupa surtout à démanteler des barrages aux portes de la ville, sans essuyer aucun coup de feu. Arrivée ensuite à Sambava, hier à 3 heures du matin, où les hostilités cependant ne furent engagées qu'à la tombée du jour. Au terme des échanges de tir, on releva deux morts du côté des ratsirakistes, un militaire et un milicien. Cette grosse agglomération ayant été mise sous contrôle, des détachements entreprirent de procéder à l'arrestation du député Soaline et du sous-préfet, mais rentrèrent bredouilles car les "prévenus" furent introuvables chez eux.
En tout cas, on fit des bureaux de la sous-préfecture le QG des opérations. L'état-major de campagne est composé comme suit : le général Andrianafidisoa (le héros de Fianarantsoa), le général Behajaina (adjoint du chef d'Etat-major général), le député Jaosoa Jean-Pascal, PDS d'Antsiranana, flanqué de deux conseillers qui connaissent bien les lieux car originaires de la région : Seramila Beza et Horace Gatien.
A Sambava, solide bastion du KMMR, les miliciens armés du député local, Soaline, avaient maltraité et incarcéré en nombre les militants pro-Ravalomanana. L'entrée des troupes dans la ville fut saluée par des ovations et aussitôt, un meeting suivi d'un bal populaire furent organisés sur la Place du 13 Mai locale. L'état-major ne participa pas à ces réjouissances et pour cause : les mauvaises nouvelles s'accumulèrent. D'abord trois camions bourrés de soldats en armes avaient été dépêchés à Sambava par le gouverneur Gara Jean Robert. Hier à 17 heures, ces véhicules ont été localisés à 50 kilomètres de Sambava, au lieu dit Ampanefena. D'autre part, un avion de la Sonavam avait débarqué 40 hommes de troupe à Vohémar pour couper la progression du commando pro-Ravalomanana. Ensuite, les unités basées à Sambava (Armée, Gendarmerie et Police) refusent de rallier le détachement, faute notamment d'ordre dans ce sens. Pour enrayer une éventuelle contre-offensive, l'état-major a exhorté la population à monter des comités de vigilance et à dresser des barrages.
On ignore les intentions globables du commando. Le mieux pour lui serait de pousser son avance jusqu'à Antsiranana, de placer sous son contrôle ce centre névralgique du nord et d'étendre ainsi la tutelle du pouvoir Ravalomanana sur cette province. Mais en a-t-il les moyens si loin de ses bases, et alors que ses forces seront sapées par les contre-offensives et notamment par la résistance que pourrait opposer Antsiranana, place forte qui a pris ses dispositions face à l'avance ennemie ?
En tout cas, le général Jules Mamizara est bien parti pour concrétiser sa promesse d'éliminer les barrages avant le 26 juin. Il était d'ailleurs contraint de passer à l'offensive, le public réclamant des actes sur l'air des… lampions.