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ARCHIVES ACTUALITES : JUILLET 2002

De la part de R-R. H. (le 27/07/02)

"Tananarive obtient pour 2,3 milliards de dollars des bailleurs internationaux." Extrait de clicanoo.com du 25/07/02.

L’aide accordée hier à la Grande Ile, sous forme de dons et de prêts, a été annoncée à l'issue d'une réunion des bailleurs de fonds dite "Conférence des amis de Madagascar" qui a eu lieu hier à Paris au siège européen de la Banque mondiale. Sur les 2,3 milliards de dollars, 1,4 milliard devrait être débloqué d'ici la fin de l'année, a déclaré le Premier ministre malgache Jacques Sylla à la presse.
L'enveloppe globale est plus importante que prévu : le président malgache Marc Ravalomanana avait avancé le chiffre de 2 milliards de dollars. A cette occasion, M. Sylla a confirmé son intention d'organiser des élections législatives anticipées. "L'actuelle assemblée arrive à échéance en juillet 2003. Des élections auront lieu avant cette date", a-t-il dit.
Le Premier ministre venait de présenter un programme de reconstruction et de développement du pays devant les bailleurs de fonds. Il s'agit en premier lieu d'un programme d'urgence aux populations malgaches les plus touchées par la crise.

La France pour 150 millions de dollars

M. Sylla a souligné l'importance attachée par son gouvernement à "la bonne gouvernance, la démocratie et l'Etat de droit" et son intention de mener des politiques en direction du secteur privé "qui constitue le moteur du développement".
Les pays du G8, le PNUD, la Banque mondiale, le FMI, la Commission européenne, la Banque européenne d'investissements (BEI), la Banque africaine de développement (BAD), comptent parmi les bailleurs de fonds de ce pays.
La France et les Etats-Unis débloqueront respectivement un montant de 150 millions de dollars et 100 millions de dollars, a précisé Hafez Ghanem, directeur des opérations à la Banque mondiale pour Madagascar. La visite à Paris du Premier ministre malgache intervient trois semaines après la reconnaissance officielle de Marc Ravalomanana comme président de Madagascar par la France, dans le sillage des Etats-Unis et des principaux bailleurs de fonds.

De la part de R-R. H. (le 25/07/02)

"Madagascar : La France confirme ses engagements." Extrait de clicanoo.com du 25/07/02.

Signe de la volonté de Paris de renouer des liens solides aux plans politique et économique avec Antananarivo, M. Sylla va avoir pendant deux jours une série d'entretiens avec les dirigeants français et des chefs d'entreprise. Il doit ainsi être reçu par son homologue Jean-Pierre Raffarin, les présidents du Sénat et de l'Assemblée nationale, François Poncelet et Jean-Louis Debré.
Hier, M. Sylla s'est entretenu avec le chef de la diplomatie française Dominique de Villepin. Il rencontrera aujourd’hui le ministre de la Coopération, Pierre-André Wiltzer, la France étant le premier bailleur de fonds de la Grande Ile, dont la dette extérieure s'élève à 4,46 milliards de dollars. Une rencontre avec des investisseurs et des entrepreneurs français est également prévue.

“UNE LONGUE HISTOIRE D’AMOUR”

Demain, le Premier ministre malgache participera à la conférence des Amis de Madagascar, organisée par la Banque mondiale à Paris. Les pays du G8, le PNUD, la Banque mondiale, le FMI, la Banque européenne d'investissements, la Banque africaine de développement, l'Afrique du Sud et l'île Maurice comptent parmi les bailleurs de fonds.
“La venue en France du premier ministre de Madagascar constitue une étape importante dans les relations franco-malgaches, et permettra de resserrer les liens entre nos deux pays”, a indiqué hier le porte-parole adjoint du quai d'Orsay Bernard Valéro. “Les entretiens de M. Sylla avec les hauts responsables français seront l'occasion de rappeler notre appui au processus de réconciliation en cours, dans la perspective des élections législatives anticipées annoncées par le président Ravalomanana”, a-t-il ajouté. “La France, premier bailleur bilatéral et premier partenaire commercial de Madagascar, prendra par ailleurs toute sa part dans l'effort de solidarité internationale pour la reconstruction du pays, en octroyant une aide budgétaire exceptionnelle, ainsi qu'une subvention d'ajustement structurel significative”, a dit le porte-parole sans donner de chiffres.
Assurant que les relations entre les deux pays seront désormais “au beau fixe”, le porte-parole du président malgache, Raymond Ramandimbilahatra a indiqué qu' “il n'y avait jamais eu de rupture entre la France et Madagascar”. “L'histoire entre les deux peuples est une longue histoire d'amour”, malgré les récentes incompréhensions, a-t-il ajouté.
M. Sylla est accompagné d'une importante délégation comprenant plusieurs ministres liés notamment au secteur de l'économie et chefs d'entreprises, ce qui témoigne de l'intérêt qu'Antananarivo attache à ce déplacement. La délégation malgache est composée du vice-Premier ministre chargé du Budget et des Finances, Narisoa Rajaonarivony, du ministre de l'Industrialisation, David Rajaona, du ministre de l'Environnement, le général Rabotoarison Sylvain, du ministre de l'Économie et du Plan, Andriamparany Radavidson, et du ministre de la Population, Andriampanjava Jacob Félicien.

De la part de R-R. H. (le 24/07/02)

"Après la hausse du salaire des ministres le smig à 1 million de fmg ?" Extrait du journal Tribune du 24/07/02.

Guy Rajemison Rakotomaharo, homme de confiance du président Marc Ravalomanana, a été élu hier, président du Sénat avec 82 voix pour et deux blancs. Même si son parti, le TIM, ne dispose que de 30 sièges de sénateurs sur 90 et était donc loin d'être assuré de la victoire, aucun candidat rival n'a été aligné contre le maire de Tana-Ville. Bien au contraire, tous les groupes parlementaires se sont ralliés au poulain du TIM et l'ont plébiscité comme un seul homme. Après des ratés au départ, l'alternance est une vérité qui s'impose à tous. Plutôt que de manœuvrer pour lui barrer la route, les forces politiques se sont effacées pour ne pas gêner sa progression.
Tous les sénateurs hier étaient conscients de la triste situation dans laquelle la crise récente a plongé le pays, ainsi que de l'accroissement de la misère chez la population Le principal souci étant donc de redresser l'économie, ils mirent une croix sur la guérilla politique et remirent les rênes à ceux qui, pour l'heure, sont les plus aptes à assurer la relance. Si Guy Rajemison Rakotomaharo a bénéficié d'un oui franc et massif, c'est parce que l'intention était de mettre la teinte du Sénat en harmonie avec la couleur du pouvoir exécutif. Le but de l'opération étant d'éviter un hiatus nuisible à l'œuvre de développement, et de fuir une cohabitation propice aux querelles et aux coups bas politiques.

AFFLIGEANTE AVENTURE

Les sénateurs, hier, ont opté pour l'efficacité au sommet de l'Etat, et ont offert à Marc Ravalomanana les moyens de gouverner sans entraves. Il est vrai néanmoins que si on en était arrivé à ce consensus, c'est parce que le chef de l'Etat avait au préalable engagé des tractations de coulisses. Après des entretiens avec les chefs de groupes parlementaires et les sénateurs influents, il était parvenu à une entente qui s'est manifestée par le triomphe de Guy Rajemison Rakotomaharo.
En tout cas, l'Arema, majoritaire au Sénat admet désormas l'alternance et n'a pas mis des bâtons dans les roues de Marc Ravalomanana. Il s'est rangé, hier, derrière la bannière de Pierrot Rajaonarivelo, le chef "propre" qui ne s'est pas adonné au terrorisme lors des événements, qui a prôné le dialogue et le rapprochement et qui enfin a opté pour la collaboration avec le pouvoir de Marc Ravalomanana. Lors des diverses interventions au micro, le nom de l'amiral Didier Ratsiraka n'a pas été prononcé une seule fois.
Apparemment, les sénateurs Arema ont pris leurs distances vis-à-vis de ce leader qui a cautionné des actes particulièrement répréhensibles, de l'érection de barrages génocidaires aux dynamitages de ponts, en passant par l'incitation à la haine tribale, la sécession des provinces et les exécutions sommaires. D'ailleurs, en acclamant avec enthousiasme et ferveur l'entrée des troupes légalistes, les populations des provinces ont condamné avec netteté l'affligeante aventure de l'amiral. Les sénateurs Arema ne peuvent aller à contre-courant de ce puissant mouvement qui anime leurs électeurs.
Après avoir réduit les foyers de rebellion dans les provinces, Marc Ravalomanana ne pouvait que poursuivre la pacification en direction des deux Chambres. L'Assemblée nationale étant déjà tombée, il s'est tourné hier du côté du Sénat en lançant la phrase fatidique : it's… TIM.

De la part de R-R. H. (le 23/07/02)

"Après la hausse du salaire des ministres le smig à 1 million de fmg ?" Extrait du journal Tribune du 23/07/02.

Après la déclaration présidentielle, selon laquelle les membres du gouvernement auront un salaire mensuel de 25 millions fmg, c'est un peu la stupéfaction dans le monde des affaires, étant donné qu'un réajustement devait inévitablement être opéré dans divers secteurs de l'économie. En effet, selon de fortes rumeurs, un projet destiné à relever les salaires de base au sein du secteur privé serait en ce moment à l'étude. Certains avancent même le chiffre de 1.141.000 fmg par mois du Smig.
En réalité, c'est une véritable bombe que le président Ravalomanana vient de lancer. « Le chef de l'Etat aurait dû faire augmenter, en catimini, le salaire des ministres. Maintenant que l'information est connue du public, les travailleurs du privé et les fonctionnaires ne manqueront pas de réagir en réclamant, tout de suite, une hausse de leurs salaires. Pour un pays qui sort à peine d'une longue crise économique, peu d'entreprises seront en mesure de satisfaire de nouvelles revendications salariales », nous confie un directeur général d'une société commerciale récemment installée à Antananarivo.

ILLUSION MONÉTAIRE

On ne sait sur quelle base les autorités concernées ont-elles fait leur calcul pour arriver à ce Smig à plus d'un million fmg ? L'intention de Marc Ravalomanana d'améliorer, de manière substantielle le niveau de vie des Malgaches est, certes, louable, mais reste à savoir si l'intendance va suivre… Transformer en millionnaires, du jour au lendemain, les quelque 130.000 agents de l'Etat ainsi que les centaines de milliers d'employés du secteur privé est, à première vue, irréalisable. D'ailleurs, la masse monétaire en circulation pourrait être insuffisante, sauf si l'Etat fait, de nouveau, tourner la planche à billets. Cependant, une telle opération n'aura jamais l'aval des bailleurs de fonds institutionnels.
Quand le PIB par habitant de Madagascar n'est environ que de 250 dollars par an, il serait difficile de prendre des mesures salariales qui ne correspondent pas à la richesse réelle ou virutelle du pays. Nos gouvernants sont-ils en train de créer une certaine illusion monétaire parmi la population ? Bien que l'injection, dans l'économie nationale, de deux milliards de dollars soit plus ou moins acquise, le nouveau régime devrait, toutefois, faire preuve de prudence dans sa politique économique et sociale. Ce que l'on souhaite à M. Ravalomanana, c'est que l'économie nationale ne se « zaïrise » et que l'inflation ne dépasse pas les trois chiffres, sinon plus. En fait, sous le régime du maréchal Mobutu, le salaire minimum était de vingt millions de zaïres, par contre le prix d'un kilo de viande était de 500.000… Tout n'a été donc qu'illusion. C'est la faute à ne pas commettre à Madagascar.

De la part de R-R. H. (le 22/07/02)

"Rajemison Rakotomaharo à la tête du Sénat ? Il vient d'être nommé sénateur à la dernière minute."

Extrait du journal Midi du 22/07/02.

Après la nomination par le président de la République de 30 nouveaux sénateurs en remplacement de ceux désignés par son prédécesseur, le remaniement du bureau permanent de cette Institution s'avère inéluctable. Et pour cause, 5 postes sont devenus vacants au sein du bureau permanent avec le départ de 3 vice-présidents, en l'occurrence, Jaotody Noëline (Mahajanga); Edouard Remanevy (Toliara); Gisèle Rabesahala (Antananarivo); et de Todisoa Dayah Germain (1er questeur) ainsi que Dahy Annick (2e questeur). Même s'il a été élu et non désigné comme les 5 autres membres précédemment cités, le cas de Moïse Rakotosihanaka, vice-président au titre de la province de Toamasina, reste un point d'interrogation après sa récente arrestation. De toute façon, malgré le rapport de forces qui a changé sans avoir totalement basculé, il est peu probable que l'ancien bras droit de Didier Ratsiraka soit reconduit au poste de vice-président. Idem pour Honoré Rakotomanana, qui n'a pas non plus de grandes chances d'être maintenu au perchoir de la Chambre haute. Un poste hautement important puisque "en cas de vacance de la présidence de la République par suite de démission, de décès, d'empêchement définitif, les fonctions de chef de l'Etat sont provisoirement exercées, jusqu'à l'entrée en fonction du président ou jusqu'à la levée de l'empêchement temporaire, par le président du Sénat".

Homme de confiance

A l'instar de l'ancien maître d'Iavoloha, qui a placé un homme de confiance à Anosikely en prévision du pire, l'actuel locataire d'Ambohitsorohitra a intérêt à pousser un fidèle d'entre les fidèles à la présidence du Sénat. A un certain moment, les spéculations de bon nombre d'observateurs portaient sur Norbert Ratsirahonana, qui est du reste un juriste comme Honoré Rakotomanana, mais Marc Ravalomanana n'était pas visiblement de cet AVIs en omettant de mettre dans son quota de 30 sénateurs, le nom de celui qui a failli remporter le grand Chelem: président de la HCC, Chef d'Etat par intérim, Premier ministre. Il ne lui manquait plus que la présidence du Sénat. En tout cas, il aura l'occasion de se rattraper à Tsimbazaza au lendemain des législatives anticipées, s'il est de nouveau candidat et s'il arrive évidemment à se faire réélire. "Ny vato hita (qui plus est avec des urnes transparentes) no hifampitsarana". En attendant, l'attention sera focalisée demain sur l'élection des nouveaux membres du bureau permanent du Sénat. Les noms de Mananjara, ancien Haut Conseiller et de Ramilison Max, ancien commissaire de la loi auprès de la Chambre administrative de la Cour Suprême, circulent avec insistance pour les postes de vice-présidents. Le premier, au titre de la province de Fianarantsoa, et le second, au titre de la province de Tana. Avant sa nomination au Sénat, l'un faisait office de président de la HCC, celle-là même qui avait proclamé Marc Ravalomanana, vainqueur au 1er tour. Quant à l'autre, il est en quelque sorte le bras droit de Norbert Ratsirahonana qu'il avait d'ailleurs remplacé à la Cour Suprême.

Pool pro-Ravalo

Concernant les autres vice-présidents, on cite les noms de l'Indépendant Soja Jean André dit Kaleta au titre de la province de Toliara. Il figure parmi les premiers sénateurs à avoir reconnu le pouvoir du nouveau président et à constituer un pool pro-Ravalomanana avec une dizaine de membres élus de la Chambre haute tel que le Leader Fanilo Constance Razafimily, qui a également des chances d'entrer dans le nouveau bureau permanent au titre de Fianarantsoa, tout comme l'autre ancien Haut Conseiller Jeannine Razafintsalama pour Tana. Pour Toamasina, le poste de vice-président pourrait échoir à Médard. En tout cas, la liste des éligibles au bureau permanent est loin d'être close pour les 6 provinces. Quant au président, le nom de Rajemison Rakotomaharo circulait sous le manteau durant le week-end. En effet, Marc Ravalomanana a désigné sénateur, avant-hier, c'est-à-dire à la dernière minute, son porte-parole sur la Place du 13 mai, à la place de Rambeloson Alfred dont la nomination a été alors abrogée. Quoique le second ait été nommé au titre de la province de Mahajanga, la Constitution n'oblige pas expressément le président de la République à le remplacer par un autre originaire du même Faritany. Pas plus que la loi fondamentale n'exige, en ce qui concerne les 30 sénateurs nommés, une répartition en nombre égal par province. Selon l'article 77 de la Constitution, ils sont "nommés en raison de leurs compétences particulières en matière juridique, économique, sociale et culturelle". Gestionnaire (il est titulaire d'un doctorat de 3e cycle), Rajemison Rakotomaharo répond à ce profil et a le physique de l'emploi. Cet homme qui fait partie des hommes du président était du reste pressenti presque partout: à la présidence, au gouvernement, à la mairie… S'il est élu à la tête de la Chambre haute, ce membre du bureau politique national du TIM imprimera certainement un nouveau rythme au sénat qui "est consulté par le gouvernement pour donner son avis sur les questions économiques, sociales et d'organisation territoriale". Administrateur d'Air Mad, il mettra à contribution le sénat au décollage économique du pays. En tout cas, en cas d'élection de Rajemison Rakotomaharo, le nouveau régime aura la haute main sur toutes les Institutions et les rouages de l'Etat.

De la part de R-R. H. (le 16/07/02)

"QUELQUES REVELATIONS... ." Extrait du journal L'Express de Madagascar du 16/07/02.

Selon le général Olive Razafindralambo, commandant des opérations de pacification, le lieutenant-colonel Coutiti Assolant serait dans la région de Mananara Nord accompagné d'une vingtaine d'éléments armés dont son alter ego, le lieutenant-colonel Rahitso. Des sources militaires les avaient déjà signalés, il y a deux semaines, à Sainte-Marie. Ils seraient donc resté dans une région-clé par laquelle, des personnalités du régime Ratsiraka, comme le général Tsaranazy ou l'ancien gouverneur de Toliara, Maharante Jean de Dieu, ont réussi à échapper au filet des poursuites judiciaires. Activement recherché dès les tous débuts du conflit post électoral, comme chef des milices terroristes, responsable notamment de l'assassinat du commandant Raharison du 2 ème Rfi, le lieutenant-colonel Coutiti aurait cherché à gagner le cap Masoala par une vedette rapide à travers la baie d'Antongil. Il a été repéré quand le propriétaire de la vedette a été identifié. "Nous parachevons actuellement la maîtrise du terrain. Nous nous concentrerons ensuite sur la recherche des armes et la neutralisation des bandes d'irréguliers". Le général Olive Razafindralambo informe par ailleurs que 13 miliciens de Nosy Be, le général Polycarpe, ancien commandant de la région militaire de Toamasina et un commissaire général de cette province, viennent d'être transférés à Antananarivo. :

De la part de R-R. H. (le 13/07/02)

"GOUVERNEMENT QUE DE DESTITUTIONS !" Extrait du journal Tribune du 13/07/02.

Les démissions, limogeages et autres formes d'expulsion se multiplient et même s'intensifient dans le régime Ravalomanana. On l'a constaté hier encore avec les départs brusques du chef de la province de Toamasina, Sikonina Victor et du ministre des Lois sociales, Maharavo Rodelys. Apparemment, le régime n'a pas encore trouvé sa position de stabilité et est toujours agité de secousses post-telluriques. La fréquence de ces mouvements de personnel est telle que s'il n'y prend garde, le pouvoir Ravalomanana se verra coller une image d'anarchie et de désordre.

IMPRESSION D'INSTABILITÉ ...

Il est vrai que le gouvernement se cherche toujours dans le dosage subtil entre les partis et que l'irruption de nouvelles donnes comme "la réconciliation nationale" le contraint au remaniement et à la redistribution. L'impression qui prévaut est l'instabilité. Depuis quatre mois, la presse ne fait que diffuser d'interminables listes de nominations adoptées en Conseils des ministres ou de gouvernement. Des ministres en place sont subitement écartés au bout d'un mois. Les nominations qu'ils ont opérées sont rapportées par leurs remplaçants, lesquels procédent à leur tour à d'autres désignations. Il s'en suit un flot interminable de nominations qui étonne une population qui ne fait pas la différence entre le staff du sortant et l'équipe du nouveau. Le sentiment de cette même population : le régime Ravalomanana entretient un nombre exagérement élevé de hauts fonctionnaires, d'autant plus budgetivores que leurs soldes seront bientôt grandement relevées, comme l'a laissé entendre le chef de l'Etat.
Première remarque : il y a des nominations faites à la va-vite et de façon non mûrement réfléchies. Résultat : elles sont rapidement rapportées. Citons Lezava Fleury qui était peut-être le Leader de trop, Raondry Longin, le retraité qui donnait peut-être un air de sénilité au gouvernement, Rahelivololona Victorine dont on ne savait pas qu'elle avait eu auparavant un autre conflit dur avec ses employés, Maharavo Rodelys dont on ignorait l'incompatibilité d'humeur avec son parti etc ...
Deuxième remarque : pour qu'elle porte ses fruits, la fonction ministérielle doit être de longue haleine. Un mois pour ceux-cités ci-dessus par exemple est un délai trop court qui ne permet pas d'évaluer un bilan. Si on leur avait laissé plus de temps, on se serait convaincu de limogeages mérités et justifiés. La longévité à un poste ministériel est une qualité appréciée des bailleurs de fonds.
Troisième remarque : six ministres débarqués au bout d'un mois, c'est trop. Surtout qu'on ne s'est guère soucié de l'être humain dans ces destitutions. On aurait dû s'y prendre avec tact, et laisser les "démissionnés" sauver la face, par exemple en les reclassant ailleurs pour leur reconnaître d'autres mérites. Au lieu de cela, on les vire brutalement comme des valets. Imagine-t-on le désarroi et l'amertume d'un Eric Beantanana qui, de ministre plein est retrogardé secrétaire d'Etat, puis est carrément expulsé du gouvernement sans qu'on lui connaisse de faute professionnelle majeure ? Ou l'embarras et la frustration d'un Sikonina Victor dont le siège, après quatre mois d'attente, lui est ôté au moment précis où il allait s'y asseoir ? Avec ces méthodes sans délicatesse, Marc Ravalomanana se mettra rapidement à dos un nombre croissant de ses partisans.
Une règle en tout cas pour donner plus de longévité à la fonction ministérielle : avant d'accorder le siège, bien s'assurer qu'il n'y a pas de... dossier.

De la part de R-R. H. (le 12/07/02)

"ARRESTATIONS ET NOMINATIONS : EXCÈS DE ZÈLE ! ." Extrait du journal Tribune du 12/07/02.

L'effervescence politique que connaît le pays semble prendre une autre tournure. La chasse aux sorcières, bien que légitime après les actes de terreur proférés par des ratsirakistes, devrait se faire avec discernement. Néanmoins, la tolérance zéro doit être appliquée à l'endroit de ceux qui ont commis des crimes.
D'autant que des partisans de ces derniers, cherchent « à destabiliser le régime Ravalomanana à partir des côtes de Madagascar », selon les propos du ministre de la Police nationale Amady Augustin hier, lors d'un point de presse. Surtout que des miliciens armés circulent encore dans différentes régions de l'île.
Quoi qu'il en soit, la chasse à l'homme se poursuit. Hier encore, trois généraux complices de l'amiral Ratsiraka ont été arrêtés à Toamasina, ainsi qu'une dizaine de colonels et de commandants. Des officiers connus du public pour avoir été la branche armée du ratsirakisme. Ces généraux sont Andriafeno, ancien commandant de la gendarmerie de la circonscription de Fianarantsoa, Boba de la circonscription de Mahajanga et Iandro Fenomanana, de la région militaire de Toamasina. Ils sont déjà dans la capitale pour enquête. Dans la même foulée, un groupe d'officiers légalistes ont réussi à perquisitionner hier la résidence de l'ancien président à Ambodiatafana (Toamasina).
Mais là où il y a risque de débordement, c'est que quelques colonels et commandants qui n'ont été ni pro-Ratsiraka, ni-pro-Ravalomanana, avant le mois de février, sont taxés de ne pas être de bons patriotes… « Nous sommes légalistes et avons respecté l'éthique militaire depuis. Nous avons reconnu le président Ravalomanana après la proclamation du verdict par la HCC ; et pourquoi ces accusations alors que n'avons jamais participé aux dynamitages des ponts ou encore d'avoir soutenu des milices ? », déplore un général.


CLIENTÉLISME

En outre, une certaine grogne est relevée au sein du microcosme politique majungais. En effet, sur ordre des autorités, le préfet de Mahajanga et non moins commissaire général de la communication et de l'administration du territoire du gouvernorat, Josoa Alfred, a été arrêté hier soir, et sera remis ce jour à la DGDIE. Un administrateur civil, apparemment innocent et inoffensif pendant le règne de l'ancien gouverneur de Mahajanga.
Mais parallèlement, l'ancien secrétaire général du gouverneur, Gérard Rajaobelina est nommé préfet de Région à Toamasina. Pourtant celui-ci fut un des proches du gouverneur de Mahajanga, et donné des instructions aux leaders des miliciens afin qu'ils pourchassent les membres du KMMR du Boina. Visiblement, il y a, quelque part, erreur de casting…
Par ailleurs, la publication hier, de la nomination des hauts fonctionnaires (voir page 2) lors du conseil des ministres du mercredi dernier, a choqué certains hommes politiques. Ainsi, concernant le ministère de la Communication, on se demande pourquoi une seule et même personne est appelée à diriger trois fonctions différentes. Et à propos de la nomination de membres du conseil d'administration d'une grande société d'Etat, force est de regretter que les pratiques de l'ancien régime sont toujours maintenues : le clientélisme à bon dos.


De la part de R-R. H. (le 08/07/02)

"Déploiement d’armes lourdes dans la « Bataille de Brickaville ." Extrait du journal Midi du 08/07/02.

Trois jours après leur départ de Moramanga, les forces régulières ont mis en fuite les forces rebelles. Les premières sont entrées, samedi dernier dans la matinée, à Brickaville. Le déploiement d’armes lourdes a eu raison des forces rebelles, avec notamment un orgue de Staline, des blindés légers, des auto-mitrailleuses et des canons. De leur côté, les forces rebelles avaient aussi eu en leur possession des mitrailleuses anti-aériennes et des lance-roquettes.

Le mercredi 03 juillet, vers 4h du matin, les forces régulières ont quitté la capitale pour rejoindre Moramanga, pour mettre ensuite le cap, le lendemain même, sur Brickaville. Jeudi 04 juillet dans la matinée, premier accrochage entre l’armée gouvernementale et les rebelles. Les affrontements ont eu lieu dans la localité de Marovola. La maison de « Solo Dollar », proche des lieux de combat, fut touchée au cours des affrontements et sa toiture prit feu. L’après-midi, les mutins ont tenté de tendre une embuscade à l’armée régulière, en se barricadant avec des sacs de sable dans l’enceinte de la brigade de gendarmerie de Ranomafàna. Face à la détermination des forces gouvernementales, les partisans de l’amiral ont pris la clé des champs, laissant derrière eux, des roquettes et plusieurs fusils.

Un soulier
Plus tard dans la soirée, le lieutenant-colonel Rakotonarivo Samuel, dit Ben Laden, et ses gardes de corps, se sont trouvés face-à-face avec les forces légales dans la localité de Marovoalavo. Ben Laden et quatre de ses soldats tombèrent sous les balles des forces régulières. Selon les riverains, ils ont été enterrés là où ils furent tués. Un soulier orne la tombe de « Ben Laden». D’après un officier supérieur des forces légales, le lieutenant-colonel Rakotonarivo Samuel et son équipe étaient partis de Toamasina pour prêter main-forte aux mutins de Ranomafana. Leur objectif n’a pas été atteint, car ils sont tombés nez à nez avec des éléments des forces légales. Très tard, dans la soirée du jeudi 04 juillet, de nouveaux accrochages eurent lieu à Antsampanana. Un milicien fut tué et deux autres capturés.

Coup d’arrêt
Les forces rebelles tentèrent une dernière opposition aux forces régulières, le vendredi 05 juillet, en prenant position sur le pont Bailey de Brickaville. La tactique du « coup d’arrêt » (jargon militaire) adoptée par les mutins ont échoué, ils ont pris la poudre d’escampette, laissant sur le terrain, deux MITAA (Mitrailleuses Anti-Aériennes) quadritubes, un mortier de 60mm et beaucoup de munitions. Ce barrage était le dernier verrou de protection de Brickaville. Samedi 06 dans la matinée, Brickaville est tombée entre les mains de l’armée régulière. Signalons que la plupart des habitations dans cette localité ont arboré un drapeau blanc. Avant d’entrer dans la ville, les techniciens de la SOGEA, appuyés des éléments du génie militaire, ont dessoudé le conteneur qui a été fixé sur le tablier du pont Bailey. Après une halte de 24h à Brickaville, les forces gouvernementales ont repris la route vers le grand port de l’Est, hier en début d’après-midi.

De la part de R-R. H. (le 05/07/02)

"Madagascar-Etats-Unis. Vers une plus grande ouverture aux investisseurs américains."

Extrait du journal Midi du 05/07/02.

"L'année qui nous attend va être passionnante, offrant une opportunité sans précédent de collaborer beaucoup plus étroitement que nous ne l'avions jamais fait dans le passé". Cette déclaration de l'ambassadeur des Etats-Unis, SEMme Wanda Nesbitt, est plus que révélatrice.

Ce fut, hier au Hilton Madagascar, lors de la réception officielle à l'occasion du 226e anniversaire de la déclaration de l'Indépendance des Etats-Unis. Première grande puissance à avoir reconnu le régime Ravalomanana, les Etats-Unis bénéficieront ainsi d'une ouverture plus grande sur le plan de l'investissement à Madagascar. "Nos deux pays s'accordent sur le fait que la clé pour l'avenir de Madagascar se trouve dans le développement économique durable, et nous nous sommes engagés à soutenir toute marche menant vers cet objectif", a ajouté SEMme Wanda Nesbitt. "Personne ne pourra effacer les pertes économiques subies depuis ces six derniers mois, mais en travaillant ensemble, on peut aider Madagascar à profiter pleinement, une nouvelle fois, des opportunités disponibles sous le programme de l'AGOA. J'ai énormément de confiance à la force du secteur privé, quand on lui assure une concurrence saine, pour générer une croissance avec beaucoup plus de rapidité et d'efficacité que n'importe quel autre mécanisme", a-t-elle expliqué avant de continuer, lors d'une conférence de presse, que les deux gouvernements vont bientôt déterminer quel genre de coopération et de programme est à concrétiser dans le cadre de la coopération.

Sur le plan politique concernant Madagascar, l'ambassadeur des Etats-Unis a fait savoir, tout en respectant le choix des autres, que son pays a pris des décisions qui émanent du gouvernement américain. Indépendamment de la France et de l'OUA dont les Etats-Unis ne sont pas membres. Le Premier ministre Jacques Sylla, a, quant à lui, loué la volonté des Etats-Unis exprimé le 26 juin dernier. "Cette heureuse décision restera gravée dans le cœur et l'esprit de tous les Malgaches". En tout cas, la célébration de l'"Independence day" a permis aux deux pays d'engager de nouvelles perspectives qui s'annoncent dans le cadre du changement. A la lumière de cette déclaration de Wanda Nesbitt : "Et tout comme nous avons traversé des périodes turbulentes dans notre histoire, Madagascar est actuellement engagé dans une lutte historique qui devrait aboutir à des pratiques et des politiques qui reflètent les réalités d'une nouvelle époque".

De la part de R-R. H. (le 01/07/02)

"Sous la pression de la France, l’Arema sur le point de reconnaître Ravalomanana, Pierrot Rajaonarivelo renie Ratsiraka."

Extrait du journal Midi du 01/07/02.

Les événements se sont précipités ce week-end avec cette pression de la part de la France pour une ouverture plus élargie en direction de l’Arema de Pierrot Rajaonarivelo, en contrepartie de sa reconnaissance et du déblocage des avoirs extérieurs de Madagascar. Le secrétaire national de l’Arema ayant fait une première déclaration, samedi dans la soirée, exprimant sa volonté de collaborer avec le régime en « oubliant » de qualifier Marc Ravalomanana de président élu, s’est ravisé, hier dimanche, en publiant un communiqué plus précis et plus réaliste.

La réaction fusait de partout ce week-end, sur les ondes des radios privées de la capitale et même dans différents cercles politiques. La plupart très sceptique, pour les raisons suivantes. Pierrot Rajaonarivelo, dans sa première déclaration de samedi soir, n’a pas reconnu Marc Ravalomanana comme le président de la République, alors qu’il s’est formellement engagé à collaborer avec ce dernier. Il n’a pas non plus fait le moindre geste pour condamner les auteurs des actes de sabotages et d’exaction. L’on aurait surtout compris, à partir de sa déclaration, que Pierrot Rajaonarivelo a plutôt ménagé et Didier Ratsiraka et les militants Arema. Et par ce fait, il a contrarié voire vexé les partisans de Marc Ravalomanana en essayant d’installer le doute entre eux et ce dernier. En se voulant trop « modéré », Pierrot Rajaonarivelo a faussé tout le sens de la réconciliation en ce temps de crise où les pylônes continuent à sauter…

Plus précis
Mais hier dimanche, le numéro Un de l’Arema est devenu plus précis. « Dorénavant, je concrétiserai par des actions précises ma volonté de concertation et de collaboration avec le président élu Marc Ravalomanana. Je lance un appel aux citoyens qui partagent avec moi les mêmes idéaux, en particulier aux membres et aux sympathisants Arema, à répondre favorablement à cette disponibilité en vue d’une collaboration innovante dans son approche. Ce n’est point une défaite, ni un manque de courage et encore moins un reniement des convictions de chacun que de savoir taire les ambitions pour l’intérêt suprême de la Nation », déclare-t-il dans le communiqué, en ajoutant plus bas : « Je suis persuadé que le président Marc Ravalomanana qui a su convaincre l’électorat sur les thèmes du Fahamarinana et du Fahamasinana accueillera favorablement cette offre de collaboration ».

Compromission
De la seconde déclaration de Pierrot Rajaonarivelo, on constate qu’il reconnaît comme président de la République Marc Ravalomanana. Il invite les militants et sympathisants de l’Arema à faire de même et leur propose de travailler avec le nouveau régime. C’est une nouvelle situation qui aura comme conséquences quelques vérités. Le secrétaire national de l’Arema considère ainsi que l’amiral Didier Ratsiraka n’est plus président de la République et que le gouvernement de Tantely Andrianarivo n’existe plus. Beaucoup estiment quand même que cette décision a été prise tardivement. S’il avait eu le courage de le faire plus tôt, on aurait peut-être évité des morts et des blessés. Il n’y aurait peut-être pas eu de dynamitages de ponts, ni une situation économique si catastrophique. Actuellement, dans le cas où, par compromis, une ouverture plus élargie vers l’Arema s’opèrerait, il est préférable que ce soit en direction des éléments modérés, pour ne pas tomber dans la compromission. Ce qui signifie que ceux qui ont commis des crimes et des délits seraient traduits en justice.

Vide de sens
Les conditionnalités de la France amènent également à réfléchir sur certains points. La réconciliation, telle qu’elle est définie au Quai d’Orsay, sera-t-elle à même de stopper les exactions et la résistance des rebelles dans le processus de l’effectivité du pouvoir dans tout le territoire de Madagascar ? Permettra-t-elle de régler sans effusion de sang le démantèlement des barrages antiéconomiques pour Antsiranana et Toamasina ? Résoudra-t-elle tous les problèmes de « cohabitation » entre la population Kmmr/TIM de Toamasina et d’Antsiranana avec les miliciens de Ratsiraka ? Si la France était vraiment à l’origine de ce qui se passe ces derniers jours, il est souhaitable qu’elle rassure ainsi les Malgaches, notamment le nouveau régime sur ces points. Sinon, la soi-disante réconciliation n’aurait pas l’effet escompté et l’ouverture serait vide de sens. En tout cas, c’est au président de la République Marc Ravalomanana, à qui l’offre de collaboration est adressée, de trancher.