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ARCHIVES ACTUALITES : 9-13 DECEMBRE 2002

Texte publié le 13 décembre 2002 (Express de Madagascar du 13/12/2002)

Observation des élections

M. André Rasolo, professeur de sociologie politique à l'Université d'Antananarivo, est connu pour ses engagements et ses analyses dans le domaine de la vie sociale et politique. Il était l'ancien coordinateur national du Consortium des observateurs de l'élection présidentielle du 16 décembre 2001. En mai 2000, il faisait partie des membres des observateurs internationaux de la Francophonie pour l'élection législative au Sénégal. Entretiens.

o L'Express de Madagascar : Plusieurs observateurs internationaux sont là. Qu'en pensez-vous ?

- AR : La présence des observateurs internationaux signifie deux choses. L'autorisation ou l'invitation du gouvernement et l'intérêt des organes internationaux à s'investir dans l'observation électorale. Cette mobilisation internationale a eu lieu chez nous il y a 10 ans lors de l'élection présidentielle qui a porté au pouvoir le professeur Zafy Albert. Absent de l'élection du 16 décembre 2001, saluons leur présence aujourd'hui.

o Avant on parlait de l'ingérance.

- L'amiral Ratsiraka était hostile aux observateurs étrangers, déjà il ne voyait pas d'un bon œil l'action des observateurs nationaux. Evitons de leur donner des jugement a priori ou des chèques en blanc.

o La campagne électorale prend fin. Votre avis ?

- En entendant les discours des candidats en lice, j'ai l'impression que cette élection législative se joue entre les diverses tendances de la grande famille du nouveau régime. Ceux qui cherchent un second tour déguisé de la dernière élection présidentielle, comme l'a préconisé l'accord de Dakar, vont être déçus. Le 15 décembre 2002, le gagnant de l'élection du 16 décembre 2001 saura apprécier le poids respectif de ses partisans, même dans le camp Arema.

o Quelle est votre impression sur l'organisation administrative de l'élection ?

- Pourquoi le gouvernement n'a pas changé le code électoral alors qu'il avait la possibilité de le faire ? Pourquoi on n'a pas procédé à la correction ou révision de la liste électorale du 16 décembre 2001 ? On aurait pu l'améliorer et mesurer l'ampleur des falsifications à l'époque. Par contre, le renouvellement des membres du Cne est un signe positif, de même que l'existence des urnes transparentes. Enfin, j'aurais souhaité ramener le siège des Crmv au niveau de la commune pour éviter les risques de détournement et pour faciliter l'opération des confrontations des procès verbaux.

o Où sont les risques de dérapage ?

- Après la 1ère et 2e République, les manipulations ou fraudes électorales se situent surtout au niveau de la confection de la liste électorale, de la livraison des ordonnances, de la transcription des procès verbaux et de leur acheminement intégral à la Hcc. Le bourrage des urnes était une vieille méthode des anciens sous-préfets. Il peut encore exister dans des zones enclavées, loin des yeux des délégués et des observateurs.

o On note un nombre important des candidats indépendants. Pourquoi ?

- Le mode de scrutin et le découpage des circonscriptions électorales arrêtés par le gouvernement favorisent la floraison des candidats indépendants. Avec l'absence officielle de l'Arema ainsi que le boycott du front de refus, que peut être au juste la signification de cette élection législative anticipée ? La méthode "rapide" en vogue actuellement produira-t-elle les effets escomptés ?

o Le Consortium a vécu le temps d'une élection. C'est dommage.

- La situation du Consortium des observateurs n'était pas conçue pour être pérenne. Il est normal qu'à présent chaque entité utilise sa propre organisation. Nous attendons avec beaucoup d'intérêt le contenu de leur rapport d'observation.

o Vous êtes donc occupé à écrire votre livre ?

- Si tout va bien, mon livre sera mis en vente courant premier trimestre 2003. Le lecteur y trouvera entre autres une analyse de la dernière élection présidentielle.

Texte publié le 10 décembre 2002 (L'Express de Madagascar 10/12/02)

Parution du livre sur les fraudes électorales

Avec l'appui de la Fondation Friedrich Ebert (Ffe), l'ouvrage intitulé "Fraudes et manipulations électorales à Madagascar, cas de l'élection présidentielle du 16 décembre 2001", édité conjointement par Tsipika et Jurid'ika, a été présenté hier matin au Cite. Cet ouvrage de 96 pages signé "Bemaso", est agrémenté de quelques illustrations du caricaturiste Aimé Razafy et préfacé par Norbert Ratsirahonana.
L'ouvrage traite de la confection de la liste et de la carte électorales, des périodes de la pré-campagne et de la campagne, du scrutin, et de l'après-scrutin avec toutes les anomalies et irrégularités possibles. Les exemples ont été tirés de la dernière élection présidentielle de décembre 2001. Bref, le livre aborde tous les aspects d'une élection.
En ce qui concerne l'auteur, ou plus exactement les auteurs, "Bemaso" est un inconnu très connu. L'anonymat est d'autant plus incompréhensible qu'il s'agit d'un document historique et de documentation, avec une portée pédagogique, comme le représentant-résident de la Ffe l'a expliqué hier. En tout cas, "Bemaso" (littéralement gros yeux) est connu : c'est le logo du Conseil national de l'observation des élections (Cnoe).
L'intérêt général de cet ouvrage est de déballer les irrégularités et fraudes électorales afin que tout le monde comprenne le B.A BA de la pratique, afin de trouver des solutions pour le respect de la démocratie. Dans les exemples choisis, on peut lire, entre autres, les requêtes du candidat Marc Ravalomanana contre l'Etat malgache, ou les rapports des élections d'un sous-préfet relatant les débauches de l'Arema...
En tout cas, l'ouvrage doit être lu par tous lers concernés par les élections à Madagascar, et connu de tous les citoyens.

Texte publié le 09 décembre 2002 (L'Express de Madagascar 09/12/02)

Élection à plusieurs inconnues

Il serait pour le moins surprenant, extraordinaire, que l'arrivée au pouvoir d'un nouveau Président de la République, ait chamboulé, modifié de fond en combles le paysage politique du pays.
Même s'il est d'usage de prolonger la dimension sacrée, incontournable du chef de l'Etat en place, représentant suprême du "fanjakana" dans la représentation locale par le biais des fonctionnaires d'autorité et de toutes personnes qui lui sont proches, en particulier dans les circonscriptions électorales où la population est la moins éduquée et donc la moins informée pour exprimer son libre arbitre, l'éveil à la démocratie, initiée par le mouvement de 1991 et que l'ancien président Albert Zafy a su si bien concrétiser au point d'en être la première victime, est très certainement une liberté acquise et considérée par un nombre important d'électeurs comme désormais irréversible.
Les membres de l'ancienne législature seront donc, très certainement, nombreux à voir leur mandat reconduit, tandis qui les maires qui ont fait acte de candidature après avoir obtenu la considération de leurs administrés pour leur travail et leur honnêteté ont toutes les chances de voir cette confiance acquise au niveau local renouvelée pour un mandat national.

UNE OPPOSITION SANS CHEF

L'inconnue demeure sur le sort que feront les électeurs aux ministres parachutés, tentés, ou contraints, de se présenter avec le label du "TIM" et de l'onction présidentielle, pour la plupart novives en politique de terrain puisque choisis pour leurs compétences avérées ou leur engagement dans le processus d'accession au pouvoir de Marc Ravalomanana.
Il faut savoir, en effet, que le président de la République a besoin, lui aussi, de savoir si les hommes qu'il a choisis pour former par étapes son premier gouvernement de crise, y compris son chef, le Premier ministre Jacques Sylla, jouissent auprès des populations de la considération et de la popularité nécessaires, indispensables pour conduire son programme de développement rapide avec l'appui des bailleurs de fonds.
Il est tout aussi important pour le président Marc Ravalomanana de s'informer, à la faveur de cette élection anticipée, du poids respectif que représentent encore dans l'opinion nationale les partis, et leurs chefs, qui l'ont soutenu tout au long de la crise. Battus, ils pourront faire une croix sur leur carrière politique. Elus, ils ont toute les chances d'obtenir du pouvoir le rôle que leur représentativité appelle.
Enfin, dans l'opposition ou ce qu'il en reste, puisqu'elle ne dispose plus d'aucun chef alors que la personnalisation de la vie politique a désormais totalement laminé les clivages idéologiques, il est également important pour la cohésion et la réconciliation nationales de savoir où se situent les éventuelles poches de résistance de l'ancien régime du clan "ratsirakiste".
Autant de facteurs qui militent, dans son propre intérêt, pour le scrutin transparent, libre et honnète que le président Ravalomana a promis au peuple et à la Nation.