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ARCHIVES ANALYSE : MAI-AVRIL 2002

De la part de Rajoharison (le 07/05/02) : témoignage du Pasteur Randiamanantena - Radio Fahazavana.

LES DESSOUS INDECENTS DE DAKAR : Dans la bourse des valeurs de la communauté internationale, que valent les aspirations réelles, profondes et avérées d'un peuple ?

Aspirations réelles

En 42 années d'indépendance dont 25 sous la houlette du même président et de son mode de gouvernance, Madagascar a glissé de la pôle position africaine qui était la sienne dans les années 60 vers les derniers rangs des pays pauvres très endettés avec 75% de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté. La génération d'hommes politiques qui a dominé ces 42 années a fait son temps. Elle est dépassée autant par la réalité que par les enjeux.
Elle essaie d'avancer, mais les freins sont bloqués, le moteur essoufflé et les phares brûlés. Elle est perçue comme la dernière troupe de marionnettes d'une époque révolue, marquée par la condescendance néo-coloniale. C'est dans ces circonstances qu'apparut un homme nouveau, auréolé du succès d'un self-made man » d'origine modeste, avec un discours simple basé sur la reconquête de la fierté d'être malgache, l'aspiration à une société plus juste et la foi dans la possibilité du changement. D'une moyenne qui frôlait à peine les 40% lors des consultations précédentes, le taux de participation des électeurs malgaches est grimpé à plus de 67%. A lui seul, ce taux de participation était un message clair : il faut changer.

Aspirations profondes, exactions en série

Avec toute la machine administrative dans sa poche, les élus et autres partisans éparpillés dans tout le pays, une haute cour constitutionnelle ayant prêté serment devant le président sortant et proclamé les résultats dans un hôtel et non en son siège, le pouvoir en place devait admettre la déferlante pour le changement en confirmant la course en tête du candidat Marc Ravalomanana avec plus de 42% des suffrages contre un peu plus de 40% pour le président sortant Didier Ratsiraka. Résultats contestés par l'équipe de Marc Ravalomanana qui demandait la confrontation de ses propres procès-verbaux avec ceux à disposition de la haute cour constitutionnelle.
Cette contestation trouve un écho dans toutes les provinces et la répression qui s'ensuit est violente : exactions, chasse à l'homme, assassinats, barrages sur les routes nationales, destruction de ponts avec un but clair : asphyxier Antananarivo qui n'est pas la seule à en subir les conséquences.
En réalité, la crise frappe tout le pays et à la limite, si les privations et la flambée des prix sont vécues par tous les malgaches, ceux des provinces vivent sous une terreur quotidienne.
Aspirations avérées, réplique extrémiste
Le nouveau décompte contradictoire des voix, partie intégrante des accords de Dakar signés le 21 avril 2002 par les deux protagonistes à Dakar, donne la victoire dès le premier tour au candidat Marc Ravalomanana avec 51,46% des voix contre 35,90% au crédit de Didier Ratsiraka. Dès lors l'hypothèse
d 'une transition, évoquée par les mêmes accords au cas ou aucun candidat n' avait la majorité absolue n'a donc plus de raison d'être. La réplique du président sortant s'inscrit dans la logique de ce que ses hommes ont entrepris depuis trois mois : renforcement des barrages, dynamitage supplémentaire d'un pont, liste noire et chasse à l'homme, interdiction de lire les journaux, d'écouter les radios, actions violentes sur fond de tribalisme avec sommation de quitter telle ou telle région dans un délai de 15 jours pour ceux qui ne sont pas d'accord avec la solution finale : une
confédération d'états séparatistes, en totale opposition avec la Constitution malgache.
Ce sont là des faits que quiconque peut vérifier. Ce qui jette un trouble de plus persistant aujourd'hui, c'est l'attitude de la communauté internationale dans son ensemble et en particulier l' OUA qui était en première ligne, l'ONU et l'UE dans les coulisses de Dakar.

L'écrit signé ne vaut pas les non-dits glauques ?

A partir du moment où l'existence d'un vainqueur au premier tour était proclamée, l'hypothèse d'un référendum et d'une période de transition cogérée tombait d'elle-même. C'est le sens de ce qui était écrit, signé et largement diffusé avec les images d'une autre séance d'embrassade. C'est du moins ce que tout esprit sain et tout cerveau en état de fonctionnement normal devaient conclure. Suite logique, on pouvait s'attendre à la reconnaissance internationale du président Marc Ravalomanana puisqu'il avait obtenu la majorité des voix suite à un nouveau décompte recommandé par les accords de Dakar. Non. Mines énigmatiques et silence embarrassé des représentants de la communauté internationale. L'ambassadeur d'Algérie, doyen du corps diplomatique commence à lever le voile et faire subodorer les dessous indécents de Dakar. Il affirme que c'est trop tôt pour proclamer Marc Ravalomanana et se permet de critiquer la composition de la Haute
Cour Constitutionnelle. Les accords de Dakar n'ont pas indiqué quand il fallait proclamer les résultats : alors, trop tôt par rapport à quoi ? Les accords de Dakar n'ont pas indiqué la nécessité de revoir la composition de la haute cour constitutionnelle. Mieux, ces accords l'ont validé explicitement puisque l'entrée en matière faisait référence à l'arrêt de la Chambre Administrative de la Cour Suprême malgache, lequel arrêt donnait pleine compétence à la HCC. La présence de membres du corps diplomatique à la proclamation du jugement de la HCC était une reconnaissance tacite de sa compétence. D'après l'ambassadeur algérien que fallait-il changer ?
Etait-il le porte parole de toute la communauté internationale ou parlait-il au nom de son pays dont l'assistance directe au président sortant a consisté à fournir un avion des forces armées algériennes pour transporter dit-on des équipements de Télévision, mais on dit aussi des armes pour les milices ?
Pire, monsieur le Secrétaire Général de l'OUA, Amara Essy parle d'un préjudice » aux accords de Dakar. Pour lui il n'y a pas eu préjudice lorsque les hommes de l'amiral Ratsiraka ont renforcé les barrages et multiplié les exactions après avoir signé les accords de Dakar dont l' article 5 stipulait l'arrêt des exactions et la levée de tous les barrages dès signature des accords. Il n'y a pas eu préjudice lorsqu'un quatrième pont a été dynamité. L'OUA a acquis la réputation de ne plus être qu'un club de chefs d'Etat désireux d'être vissés à leur trône quel que soit le prix
à payer par leurs peuples. En passant par le Rwanda, l'Angola, le Zaïre, la Somalie, le Libéria, etc on se rend bien compte que le séparatisme et les chefs de guerre sont devenus parties intégrantes de la politique africaine.
L'OUA s'est habituée aux colonnes de réfugiés, par ailleurs sources de subsides, et son rôle est devenu celui d'un gestionnaire des intérêts des chefs de guerre bien calés sur les monceaux de cadavres, de mutilés et de pays dépecés. C'est sans doute pour cela que monsieur Amara Essy s'entend mieux avec l'amiral Ratsiraka. Par OUA, faudra-t-il demain comprendre Organisation des Ubus Aliénés ? L'Union Africaine et les pétro-dollars de la Lybie feront-ils mieux ? On peut en douter et qu'importe. La politique malgache n'a pas à s'aligner sur les girouettes gesticulantes qui se sont plutôt distinguées par leurs empressements devant des intérêts inavouables que par la défense du mieux-être des peuples.

La France avec une page de retard ?

L'opinion malgache voit la main de la France dans tout ce mic-mac digne des années Focart. Il est vrai que la présence de monsieur Didier Roisin à Dakar n'a fait que conforter cette opinion. Historiquement, économiquement, donc politiquement, les liens entre la France et Madagascar sont une réalité que personne ne pourra effacer d'un coup de gomme. Aux portes du troisième millénaire, les deux pays sont face à une nouvelle page, mais le hic, c'est que c'est le peuple malgache qui a tourné la page en premier avec l'image du président Marc Ravalomanana en tête. Marc Ravalomanana est comme un atome libre par rapport à la nébuleuse néo-padesm où la France avait l'habitude d' adouber les personnalités dirigeantes de Madagascar depuis l'indépendance.
Marc Ravalomanana ne fait pas partie de l'élite francophone sortie des grandes écoles et autres instituts français. L'orientation de ses affaires l 'a plutôt porté vers des pays comme l'Allemagne, l'Afrique du Sud et les Etats Unis. Très vite ses adversaires politiques ont transformé cette particularité en une francophobie que Marc Ravalomanana a maintes fois récusée. Ce qui est certain c'est que c'est un vrai patriote des années 2000 qui compte mettre fin à toute forme de domination et de spoliation des richesses nationales, que cela soit le fait de nationaux ou d'étrangers. A maintes reprises il a affirmé sa volonté de coopérer avec tous les pays qui souhaitent travailler et partager équitablement les richesses créées avec le peuple malgache. Devant la foule du 13 Mai, bien avant de nommer ses ministres il avait déclaré que ceux qui voulaient des postes politiques en espérant s'enrichir feraient mieux de s'abstenir. Premier partenaire économique de Madagascar, la France sait très bien à quel point la corruption avait miné les rouages d'un régime qualifié de kleptocrate par la presse internationale. La France devrait en toute logique avoir intérêt à reconnaître le président Marc Ravalomanana, à établir avec le peuple malgache des liens de coopération régénérés et écrire sur une nouvelle
page d'histoire, ouverte par un pays qu'affectionnent particulièrement les ressortissants français. A l'ombre de Yalta, certains pays occidentaux s' étonnent sans doute de la valse hésitation de l'Elysée et du Quai d'Orsay.
Avec la réélection du président Chirac dans des circonstances qui sont aussi une interpellation historique pour la France et le peuple français, Madagascar devrait pouvoir s'attendre à une reconnaissance rapide par le pays des droits de l'homme.

L'armée garante de la souveraineté nationale et de l'intégrité territoriale

Tout comme son peuple, l'armée portera longtemps les stigmates de cette mutation douloureuse de la société malgache. « Pour la Patrie » telle est la devise de l'armée malgache. La Patrie, parlons-en ! D'ici à la résolution définitive de la crise combien de conteneurs seront encore soudés par les hommes des l'amiral sur les montants des ponts lorsque ceux-ci ne seront pas purement et simplement dynamités ? Combien de temps faudra-t-il pour neutraliser les mines anti-personnelles éparpillées aux portes des villages riverains des ponts ? Combien de temps faudra-t-il pour désarmer les milices qui ont semé la terreur, pris goût à l'argent facile du racket et tué de sang froid ? Quelle décision prendre face à des officiers supérieurs qui se sont transformé en véritables seigneurs de guerre et dont les plus connus ont du sang plein les mains ? Combien de temps encore peut-on admettre la partition du pays contre la volonté des populations ?Combien de temps pour recréer la confiance des uns envers les autres lorsque le tissu social a été déli-bérément déchiré avec la violence armée des milices sous couvert du tribalisme ? Combien d'autres milliers de femmes et d'enfants vont mourir faute de médicaments, car cela fait partie des dégâts collatéraux comme le qualifient les experts militaires ?
Avec la prise de position nette et claire du Général de corps d'armée Marcel Ranjeva, officier supérieur « le plus ancien dans le grade le plus élevé » et ancien ministre appelant à reconnaître la légalité du président Marc Ravalomanana, un ralliement progressif de l'armée semble en marche. Il reste que certains officiers détenant les clés du commandement tergiversent encore. Sans doute à cause des liens et bienfaits particuliers de toutes sortes qui les rend prisonniers de l'avenir du président sortant.
Plus que de la reconnaissance internationale, c'est de son armée que le peuple malgache a le plus besoin actuellement. Pour défendre la souveraineté face à de nouveaux téléguidages politiques. Pour défendre l'intégralité du territoire face à des politiciens qui ont fait leur temps et dont les velléités de balkanisation ne sont que le reflet de leurs visions pulvérisées.

L'école de la démocratie et de la dignité

Une partie des drames vécus par un grand nombre de pays d'Afrique s'explique par le mépris total des pouvoirs coloniaux envers les communautés humaines lorsqu'ils ont décidé de tracer les frontières. Combien de communautés humaines avec une culture et une langue qui les rassemblaient se sont retrouvées séparées par une frontière ? Par ailleurs, la diversité des langues ou dialectes parlés au sein d'un même territoire officiel avec des frontières inaliénables », même si elles sont aliénantes, a facilité l' imposition de la langue du colonisateur comme langue d'unification. Les malgaches quant à eux forment un peuple multiséculaire. Avec un fondement culturel évident, des valeurs partagées et surtout une seule langue,
parlée et comprise avec ses variantes jusque dans les petites îles qui font partie du territoire malgache. Dans la culture malgache « il vaut mieux être haï du roi qu'être vomi par le peuple » - « il vaut mieux être poursuivi par un taureau furieux que par sa conscience » - « on pince le mort de peur qu'on enterre un vivant » - « on évite de faire du mal ou que ce soit car un jour on y repassera » - « c'est auprès d'autrui que l'on cueille des idées ; avec les idées du plus grand nombre on a une meilleure vision des choses » .
Ces valeurs partagées nous on préservés de tout excès de violence structurelle et de guerres tribales que certains attisent vainement. C'est avec ces valeurs et des dirigeants honnêtes, compétents et audacieux que se forgera la démocratie malgache et non avec les « non-dits » des manipulateurs internationaux, ni avec ceux qui disent : « le peuple, s'il n' est pas d'accord, on le tue » Il n'est nullement question ici de faire l' éloge du président Marc Ravalomanana. Mais il faut reconnaître qu'il est apparu au moment où Madagascar ressentait un profond besoin de changement et de croire en d'autres perspectives. Le président Marc Ravalomanana incarne aujourd'hui cette volonté d'avancer coûte que coûte vers d'autres horizons.
Le véritable espoir réside dans la jeunesse qui s'est forgé une vision politique et une détermination sans faille au cour de ces moments forts de l 'histoire. Sur une population de 16 millions, 10 millions ont moins de 18 ans. Il n'était pas rare de voir des adolescents de 12 ans dans les piquets de sécurité en divers endroits de la ville.
A la question de savoir ce qu' ils faisaient là ils répondaient : « c'est de notre avenir qu'il s'agit » Ils n'avaient pas de kalachnikov en bandoulière.
Un grand bal populaire spontané eut lieu sur la place du 13 Mai dès l' annonce des résultats du décompte contradictoire. Interviewée une jeune fille déclara : « c'est vrai qu'on n'est pas encore au bout de nos peines, mais je suis fière d'être malgache » Il y a si longtemps qu'un cri pareil n' est plus sorti de la bouche d'un(e) malgache.
Ce ne sont pas les dessous indécents des accords de Dakar qui vont casser un tel élan. Quoiqu'il advienne !

Pasteur Théodore Randriamanantena
Directeur de Publication
RADIO FAHAZAVANA
FM 88.6

Le Pasteur Randriamanantena Théodore: "A QUEL JEU LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE JOUE - T - ELLE ?" (mise on-line le 03/05/02)

Le verdict de la Haute Cour Constitutionnelle vient d'être proclamé au nom du peuple malgache et ce devant la nation et la Communauté Internationale. Dans un Etat de Droit où la séparation de pouvoirs est de règle, ce verdict est sans appel ! Et devant la Communauté Internationale laquelle a avalisé l'Arrêt n° 4 de la Chambre Administrative de la Cour Suprême du 16 Avril 2002 lors de la conclusion et lors de la signature de l'Accord de Dakar les jeux sont faits et rien ne va plus. Or, les quelques points suivants étonnent et inquiètent au plus haut point le peuple malgache en premier lieu et aussi les millions de personnes de par le monde qui ont suivi le processus de règlement de ce qu'on appelle communément la " crise malgache " :

1.L'ancien Président Didier Ignace Ratsiraka et ses acolytes, se disant "respectueux des principes de l'Etat de Droit et de la Démocratie":

1.1.ne veulent point se soumettre à cette décision de la HCC qu'ils jugent acquise au Président Marc Ravalomanana car quatre des Hauts Conseillers y siégeant ont participé à la cérémonie d'investiture du Président Marc Ravalomanana le vendredi 22 février 2002. Mais rappelons que cette " ancienne " HCC fut désignée par la Chambre Administrative pour recompter " contradictoirement " les voix du scrutin du 16 décembre 2001 et si on parle de la tendance " politique " des Hauts Conseillers de cette cour notons que l'Amiral avait disposé, au moins, de trois "Hauts Conseillers " ; mais M. Georges Thomas Indrianjafy et Mme Berthe Rabemahefa n'ont daigné utile de reprendre leur place (auraient-ils l'ordre de l'Amiral ?) tandis que l'ancien Président Victor Boto a remis sa démission pour cause de santé. Pourtant la HCC a demandé à toutes les parties et à toutes les organisations d'observation de l'élection de lui envoyer les Procès-Verbaux dont elles disposent mais l'Arema n'a pas jugé nécessaire de répondre favorablement à cette demande pour des raisons qu'on ignore :
ce parti pourrait ne disposer d'aucun document électoral du tout mais se serait contenté de ceux collectés (puis falsifiés et envoyés à l'ancienne HCC) par les administrateurs territoriaux du Ministère de l'Intérieur d'antan (Gouverneurs, Préfets, Sous-Préfets, Délégués Administratifs acquis à la " cause " de l'Amiral),il pourrait en disposer mais n'a pas jugé utile d'envoyer ces documents de peur qu'au cours des opérations de rapprochement et de confrontation les membres de la HCC s'aperçoivent des falsifications que la HCC ne manquerait pas de cocher noir sur blanc dans son arrêt, ce qui jetterait un discrédit " honteux " et sans appel au parti pour la postérité à venir.
Enfin l'Arema sait pertinemment que l'Amiral perdra à coup sûr devant un décompte "contradictoire" si bien que ce parti a décidé d'avance de ne pas s'associer à l'opération afin de mieux rejeter le verdict qui n'ira pas dans le sens du " referendum ", au risque de violer l'Accord de Dakar.

1.2.entreprennent odieusement des actes tout à fait anticonstitutionnels en décidant la " balkanisation " de Madagascar, en intimidant les populations des cinq (5) provinces afin de les contraindre à accepter cette sécession et en accentuant l' " état de siège " de la Province d' Antananarivo en renforçant les barrages et en reprenant le dynamitage des ponts. L'Etat indépendant d'Antsiranana fut proclamé le 29 avril devant l'hôtel de ville par le Gouverneur Jean Robert Gara tandis qu'à Toamasina le Gouverneur Samuël Lahady et ses paires ont décidé la mise sur pied d'une Assemblée Constituante en vue de la mise en place d'une " Confédération d'Etats Indépendants ". Mais il y a pire encore car des " chefs d'institution " de la République de Madagascar (en principe une et indivisible) tels MM. Ange Andrianarisoa Président de l'Assemblée Nationale, Honoré Rakotomanana Président de la Chambre Haute (tous les deux sont des merina) et Tantely Andrianarivo (un betsileo) ancien Premier Ministre de l'Amiral, sont en train de concocter donner un coup de main aux Gouverneurs sécessionnistes.

1.3.organisent actuellement des " pogroms " à l'endroit des Merina et des Betsileo émigrés dans les provinces autres qu'Antananarivo et Fianarantsoa. En effet, à Nosy Be les sbires de Kotity font de la " chasse " aux Merina et aux Betsileo qu'ils humilient sur les places publiques et torturent dans les locaux de la police ou de la gendarmerie, actes commandités évidemment par l'Amiral.

2.La position de la Communauté Internationale, représentée par le Secrétaire Générale de l'OUA (lequel est en réalité manipulé à souhait par la France qui a tout préparé d'avance et qui tire en réalité les ficelles) semble très ambiguë :

2.1.En effet M. Amara Essy sait pertinemment que l'Accord de Dakar est basé sur l'Arrêt n°4 du 16 Avril 2002 de la Chambre Administrative lequel Arrêt désigna nommément les membres de la nouvelle HCC et ordonna le " décompte contradictoire " des voix du scrutin du 16 décembre 2001. Au moment de la signature de l'Accord personne ne pourra encore " prédire " le résultat de ce recomptage, même les deux protagonistes mais chacun a osé " prendre le risque " (exactement comme à la loterie où chaque joueur espère dans son for intérieur de gagner). M. Amara Essy aurait pu ne pas croire à la victoire du Président Marc Ravalomanana dès le premier tour, en effet pour avoir tablé ses résultats sur à peu près seulement 10 000 procès-verbaux (sur les 16 493), le KMMR n'a pu dégager au profit de son candidat que 52 % et quelques poussières, le Consortium seulement un peu plus de 50 % et le FFKM un peu plus de 51 %. Et dans l'esprit de M. Amara Essy (et de celui des Français, ses commanditaires) si on allait procéder à un recomptage (même contradictoire) des voix, Marc Ravalomanana ne pourrait dépasser les 49 % ; si bien que MM. Amara Essy, Ibrahim Fall, Abdoulaye Wade et les autres Chefs d'Etat africains " facilitateurs " ont pris le risque d'accepter la validité " légale " de l'Arrêt n° 4 du 16 avril, le principe du " recomptage contradictoire " et le résultat qui en découlera, et de prévoir " absolument " une " transition " aboutissant à un referendum (un second tour déguisé). Et l'Amiral a accepté aussi de marcher après de laborieuses persuasions, peut-être assorties de " garanties verbales " par les médiateurs et autres facilitateurs. De son côté Marc Ravalomanana a accepté le " pari " (pour ne pas dire " défi ") car après tout il a déjà dit qu'il acceptera tout résultat issu d'une
" confrontation des procès-verbaux ", il n'avait rien à perdre, du moins il ne perdra pas la face devant ses électeurs, mais tout à gagner et il a effectivement gagné !

2.2.Et ce fut le désarroi du côté des médiateurs, à l'occurrence de M. Amara Essy ! La HCC, après plus d'une semaine de patientes et minutieuses labeurs, a pu finir ses travaux. Nous, en tant que simples citoyens tenus à l'écart de toute tractation et de toute conciliabule voire marchandage, n'avions eu vent des résultats des travaux de la HCC. Il faudra noter qu'au cours de la II° République il n'y avait eu que des " secrets de polichinelle " mais cette fois-ci le secret fut bien gardé et le suspens presque total ! L'électorat de Marc Ravalomanana fut plongé dans une anxiété oppressante car appréhendé par une peur tenace de " perdre ", c'est-à-dire de passer au second tour déguisé en referendum. Nous ne saurons jamais si les représentants des nations étrangères et des organismes internationaux ont déjà eu vent des résultats à la veille du lundi 29 avril mais l'absence très remarquée de l'Ambassadeur de France lors de l'audience au Ministère des Affaires Etrangères a intrigué plus d'une personne ; les questions fusent de partout dont : " La France a-t-elle eu la primeur de la nouvelle ? ". La réaction, pour le moins inattendue pour le public, de M. Amara Essy ne se fit point attendre ! Il se dit " préoccupé " par la situation et préconisa l'application " intégrale " de l'Accord de Dakar : après le " recomptage contradictoire " des voix et le verdict de la HCC il faudra, d'après l'avis de M. Amara Essy passer à la formation du " gouvernement transitoire paritaire d'union nationale " afin de s'atteler à la préparation du " referendum ". Mais le verdict de la HCC est pourtant clair et net voire sans appel ! Dans l'esprit de l'Accord de Dakar et selon la logique de toute personne " saine d'esprit " les jeux sont faits et rien ne va plus et pourquoi parler encore de " transition " et de " referendum " ? Et le gouvernement des Etats Unis d'Amérique qui dit qu'il est en train d'examiner la situation ?
3.Alors le peuple malgache commence à comprendre que tout ce beau monde avait vendu la peau de l'ours avant de l'avoir terrassé et qu'on lui a fait jouer une énorme une farce mais de très mauvais goût et ce, à son dépens ! Le peuple malgache a bien vite compris qu'on se moque de sa souveraineté nationale. Ces pays de la " démocratie avancée " qui lui ont fait la leçon du respect de l'Etat de Droit et des vertus de la démocratie et qui ont fait savoir qu'ils respectent toujours la " souveraineté " du peuple malgache, commencent à bafouer dangereusement les principes qu'ils ont défendus eux-mêmes. Et pire, ils apparaissent comme les défenseurs d'un ancien président (anciennement un dictateur) qui n'accepte pas le verdict des urnes, d'un " mauvais perdant " pour reprendre les termes du Cardinal Armand Gaëtan Razafindratandra.

Et devant l'accentuation des pressions exercées par l'Amiral et ses acolytes non seulement pour punir surtout les " Merina d'Antananarivo " d'avoir défait l'Amiral qui se sent assimilé actuellement à un " malpropre ", et les " Betsileo de Fianarantsoa " qui ont chassé d'Andohanatady M. Emilson (qui a organisé des fraudes électorales à vaste échelle dans " sa " province le 16 décembre 2001) mais aussi devant les manouvres douteuses de la Communauté Internationale, les populations des Provinces d'Antananarivo et de Fianarantsoa pourront-elles tenir longtemps sans carburants, sans médicaments, sans produits de première nécessité, sans devises ? Les habitants des Provinces d'Antananarivo et de Fianarantsoa sans distinction d'ethnies seront les " Palestiniens " de Sharon-Ratsiraka lequel fera de Marc Ravalomanana le Yasser Arafat des Hautes Terres Centrales. Notons en passant que pour le camp de l'Amiral les électeurs des autres provinces qui ont osé voter Marc Ravalomanana le 16 décembre 2001 et qui ont eu le toupet de défendre à cor et à cri leur choix, ne comptent pas ! Ces hautes personnalités souvent bardées de diplômes et émoulues des Grandes Ecoles de la " Métropole " (anciens de la Polytechnique, de l'Ecole Centrale, de l'Ecole de Guerre) assimilent ces électeurs à des traîtres, ni plus ni moins, si bien que ces " renégats " ne devraient être considérés que comme des " sous-hommes " et ne méritent que des balles de fusil ou au mieux des arrestations arbitraires et des tortures.

Et oui, comble de l'ironie ! A la veille d'un autre " second tour inévitable ", la France se démène pour barrer la route à Jean Marie Le Pen mais elle fait tout pour maintenir un terroriste doublé d'un fasciste à la tête de l'Etat à Madagascar ! Evidemment la " démocratie " doit être préservée par tous les moyens " légaux et démocratiques " en France, tandis que M. Jacques Chirac président-candidat de la droite conservatrice (se parant du toge de la " démocratie " pour la circonstance), ce " challenger " du fasciste Jean Marue Le Pen, avait osé dire un jour que pour les Etats africains " la démocratie est un luxe ". Devrons-nous comprendre alors que ce sera à lui de juger et de décider quel peuple pourra " mériter " ce luxe et quel peuple méritera plutôt un " despote " (même pas " éclairé ") parmi ces " hordes primitives " à peine sorties de la Paléolithique mais qui surgissent sans crier gare à l'Ere de l'Internet dans " ses " Républiques bananières !

En bon entendeur salut !

Pasteur Randriamanantena Théodore
Directeur de publication
RADIO FAHAZAVANA
FM 88.6

De la part de Soromilanja : "Une façon de voir et d'analyser l'architecture des relations internationales Nord-Sud" (mise on-line le 28/04/02)

"Afrique : qui exploite qui ?"
de Jean Pierre OLIVIER
(Revue "Les Temps Modernes" - n°346 et 347 - 1975)

"Tout simplement, ce texte est toujours d'actualité !"
RAPPEL DE L'ACTUALITE :

1) - Pour le pays, c'est vraiment triste ce qui s'est passé depuis la dernière élection. Pourtant cette histoire date depuis longtemps, mais seulement elle a explosé suite aux dernières manigances de DR. Ce n'est pas la première fois, et ce ne sera pas la dernière tant que cette personne, et son " système de corruption généralisé " est en vigueur aux alentours du pouvoir à Madagascar.

2) - Lorsque vous voyez ce genre de chose, vous vous demandez vraiment où se trouve-t-on quoi ! Pour ma part, je ne suis pas étonné autant que cela : j'attendais ce genre de confirmation. Relisez cet extrait ci-dessous, de Lysnorine, que j'ai lu le 25/04/2002 sur ce site :

" Enough to turn you green with envy STRAITS TIMES
http://web.singnet.com.sg/~twells/news023.htm "
" THAILAND - Gemologist Christian Dunaigre and sales agent Jeffery Bergman smile when holding the world's largest known cluster of emeralds worth an estimated US$50 million (S$71 million). The cluster of 127 medium green emeralds, weighing 380,000 carats, was extracted by Bangkok gemologists from what was thought by its owner to be a large black rock. The unidentified owner of the cluster, who found the rock while mining in Madagascar five years ago, had thought it might be special but had no idea that it would be so valuable until an initial cleaning by gemologists revealed its splendor. Mr. Bergman said he expected the emeralds to be bought by a private collector or a museum. The cluster had been certified by the Asian Institute if Gemological Sciences and is now on display at the Mid-east Watch and Jewellery Fair in Sharjah in the United Arab Emirates. "
Lysnorine

MON IMPRESSION PERSONNELLE :

Cet extrait ne fait que conforter ce que je pense, car je sais que le trafic de " pierres précieuses a eu cours depuis la colonisation. Mais c'est une vraie information pour le peuple malgache, d'avoir ces détails : 50 millions de US dollars, pour le budget d'un petit pays comme Madagascar, n'est-pas ?
En plus, il y a vraiment de quoi : " tuer père et mère - jeunes, enfants, vieillards" pour et par certains dirigeants, je pense à des gens comme Tantely (au dire du Général Rajaoson - number two de l'Etat Major), qui ont décidé d'envoyer les jeunes gendarmes d'Ambositra, pour défendre ce genre de système à Fianarantsoa (je vous rappel que l'endroit géographique du gisement de saphir se trouve dans la région de Fianarantsoa - au Sud d'Ambalavao, et au Nord de Ihosy).

Tout le peuple français n'en est pas au courant, ni le peuple malgache.

Mais les dirigeants réciproques de ces pays sont au courant, puisque ce sont eux qui en sont les acteurs : surtout les fameux "amis français de l'Afrique", ou encore la " France-Afrique ", dont Mr Georges SERRE est le valet au Quay d'Orsay aujourd'hui. La gauche (du temps de Mitterand), et la droite française (on a même connu l'histoire des diamants de Giscard - il y a encore aujourd'hui le cercle que dirige entre autre Charles Pasqua pour les gaullistes) ont chacune leur "cercle d'amis français de l'Afrique".

Voilà chers amis ce qui se trame au-dessus de nous, et derrière toutes ces positions incohérentes de la France, où plutôt de la " France-Afrique ".

A la question : " Afrique, qui exploite qui ? " ou encore : " Madagascar, qui exploite qui ? ", maintenant, nous avons des éléments de réponses.

Personnellement, je ne crois en quelqu'un qui met à genoux tout un pays, et toute une population pour s'enrichir avec toute sa famille, et tous ses " tandàpa ", sur le dos du pays et sur le dos de la population.
Je ne sais pas, avec cet accord de DAKAR, si DR cherche vraiment une porte de sortie. Mais, moi je n'y crois qu'à moitié : il cherche certainement une " immunité internationale ". Toutefois, au niveau locale, je ne pense pas du tout que le peuple malgache souhaiterait laisser filer quelqu'un qui diligente des assassinats, une guerre tribale, des blocages du pays, des dynamitages de ponts pour affamer la population (pour ne pas aller plus loin dans toutes les exactions de ces 20 / 25 ans de régime).
Alors une " immunité locale, et nationale ", je pense pas, d'autant plus qu'il a prévu, et manigancé avec ses " tandàpa " de continuer à bloquer le pays, pour mettre la pression sur ses adversaires, c'est à dire la population (Cela c'est vraiment du César, par l'exemple : " j'embrasse mes enemmis pour mieux les étouffer "). Evidemment, comme d'habitude, il se faufile toujours, lorsque la situation se dégrade, en disant : ce n'est pas moi, ce sont " les ailes dures de mon camps " - comme par hasard, on voit " sa fille derrière cette aile dure ".
De qui se moque-t-on ?
Peut-être c'est sa façon d'annoncer sa "demande d'immunité locale et nationale" : par la force, comme d'habitude.
J'espère que la réalité et les faits me contrediront après coup, mais je préfère garder une méfiance toute entière face à cet énergumène.

Par conséquent, j'ai du mal à croire en un " homme politique gratuitement ". Ce n'est pas parce que je n'aime pas Ravalomanana - d'ailleurs, je persiste et signe comme quoi : le problème du pays aujourd'hui, n'est pas uniquement le problème d'une seule personne, mais plutôt d'un système. Ce qu'il y a par contre, c'est que le cas de Ratsiraka est déjà trivial : c'est lui même qui le démontre aujourd'hui - alors pour la personne de Ratsiraka, puisqu'il s'identifie lui-même à ce système de corruption généralisée on osant même tuer, et faire tuer ce qui ne sont pas d'accord, et même les gens qui ont voté pour lui, par la même occasion. Voilà pour quoi, je me méfie quand même : " un homme averti en vaut deux ", et " une population bafouée, affamée, etc, en vaudrait combien ? ". C'est mon point de vue personnel !

Pour ma part, compte tenu de l'expérience vécue par le pays et la population, je crois qu'il faut que le peuple ne cède rien sur Ratsiraka. Il a mit 25 ans pour prouver qu'il n'a rien à faire des 99% des malgaches, ce n'est pas maintenant que cela va changer. Il n'y a rien à attendre de lui de positif pour le pays et la population.

RELATION : POPULATION/PAYS - ETAT AFRICAIN - IMPERIALISTE :

On nous a distribué et fait lire une polycopie, en maîtrise de sciences économiques (1979), à l'EESDEGS, et dont le titre est : "Afrique : qui exploite qui ?" de Jean Pierre OLIVIER (Revue "Les Temps Modernes" - n°346 et 347 - 1975). J'ai gardé le texte depuis mon passage à l'EESDEGS, mais dans sa version papier. Par contre je serais intéressé par une version "française" et électronique, si quelqu'un puisse trouver cette référence.

Tout simplement, ce texe (qui date de 1975 - année de l'arrivée de Ratsiraka au pouvoir) reste d'actualité, et trouve sa justification aujourd'hui au 21è siècle, à Madagascar (et à plusieurs endroits en Afrique), comme quoi : la bourgeoise d'Etat (civile, militaire), et toute la bourgeoise compradore tout confondu (karana, sinoa, gasy - toutes ethnies confondues, vazaha etc.) ont chassé les impérialistes, et ont tout mis en poche à la place de ces impérialistes, ont continué à le faire, et continue à le faire aujourd'hui, même s'il faut tuer les gens, faire sauter des ponts, etc.

L'Etat a joué un double jeu, et continue à jouer un double jeu. il constitue un " couche fumeuse " entre la population, le pays et l'extérieur :
- face à la population il discrédite l'impérialiste, mais en même temps, il occupe le poste de celui-ci ;
- face à l'impérialiste, il se dit "humaniste", mais en même temps, il "mâte" (tue, assassine, vole, pille, etc.) la population pour sucer celle-ci, et accaparer les richesses (une grosse partie de la richesse : si les fonctionnaires malgaches en arrivent à rançonner les citoyens, pour des services publics, c'est parce qu'il n'y a pas grand chose dans la caisse de l'Etat - un pourcentage de PIB PNB sort du circuit économique officiel tous les ans, et cela depuis 20/25 ans - pour ma part, je suis prêt vérifier ce chiffre), pour les blanchir à l'extérieur avec l'aide de l'impérialiste lui-même, moyennant partage.

Ce texte vous explique le rôle d'une structure comme l'OUA, dans la cadre de la géo-politique mondiale (zone Afrique), et de la nouvelle présentation de la mondialisation en ce troisième millénaire. Les anciennes puissances coloniales deviennent néo-coloniales (avec tout le respect que je dois aux peuple et amis français), avec de nouvelles formes d'affichage, de présentation, de discours, d'actions, etc.

Des structures comme l'OUA jouent comme une couche fumeuse, entre chaque pays Africain et les puissances néo-coloniales.

J'ai retrouvé la référence (www.unu.edu/unupress/unupbooks/uu30ce/uu30ce0j.htm) de ce texte sur le net, mais en anglais (mais on peut vraiment re-visiter ce texte aujourd'hui )

Selected bibliography
... Nkrumah, K The Class Struggle in Africa (1970). Olivier, JP Afrique,
qui exploite qui?, Temps Modernes, May-June 1975. ...
www.unu.edu/unupress/unupbooks/uu30ce/uu30ce0j.htm - 10k -

Merci et à plus !
RANAKANDRIANTSOA Soromilanja