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ARCHIVES ANALYSE : MAI-AVRIL 2002

De la part de Andriandrahiraka (le 06/06/02) : "La politique propre n'existe pas : le sacrifice sur l'autel de la Démocratie".

"La politique propre n'existe pas : le sacrifice sur l'autel de la Démocratie"

Comment se règlent les conflits nationaux et internationaux ? Un choix et deux possibilités : par les armes ou par la négociation. Quel est le point commun entre ces deux possibilités ? C'est la violence.
Oui, pour résoudre un conflit, il faut de la violence. Cette affirmation peut surprendre au premier abord mais elle n'est pas inexacte.
Allons plus loin. Dans un conflit, il y a toujours au moins deux parties et un enjeu. Face à cet enjeu, que chaque partie considère comme important, les adversaires, les rivaux ou les ennemis n'ont qu'un objectif : gagner. L'issue la plus glorieuse est la capitulation pure et simple de l'adversaire, et la moins enviée est la défaite rapide qui est considérée comme l'humiliation suprême. Ces deux cas extrêmes sont assez rares et ne sont possibles que sous certaines conditions précises : supériorité écrasante (militairement, économiquement, financièrement, diplomatiquement, etc.) de l'une des parties. En effet, cette supériorité permet de régler le conflit dans un laps de temps suffisamment court pour qu'il y ait un vainqueur et que les dégâts (surtout humains) soient moindres.
De façon plus courante, les conflits sont beaucoup plus complexes car la supériorité de l'une des partie n'est pas toujours garante de sa victoire facile. L'histoire récente en regorge d'exemples ; citons la guerre du Vietnam, le conflit afghan, l'assaut des marines américains contre la Somalie. En outre, les deux parties adverses sont rarement seules. Au moins l'une d'entre elles est aidée directement ou indirectement par une tierce partie (une organisation ou un pays). Cette alliance (officieuse ou officielle) - souvent décisive quant à l'issue du conflit mais ne l'est pas systématiquement non plus - se fait et se défait au gré de l'évolution de la situation. Parfois, l'alliance se défait brutalement mais lorsque l'une des parties prenantes appartient au cercle des pays dits "développés et démocratiques", l'évolution des alliances est plus vicieuse car le futur perdant se retrouve dans une des configurations suivantes : perdre la bataille (ou la guerre) sans avoir l'impression de perdre la face tout en la perdant ou conscient de sa faiblesse mais n'avoir aucun moyen d'agir pour influer son destin. C'est comme une torture mentale bien menée.

De Madagascar….

Madagascar est en conflit depuis plusieurs mois et ce conflit a évolué. De la "révolution des ombrelles", le conflit s'est transformé en "stratégie de sauts de puce". Après les chants des citoyens, nous sommes maintenant dans la phase "son de mitraillettes". Les évanouissements de fatigues (au 13 Mai) laissent leur place aux blessés et décès par balles. C'est ainsi.
Parallèlement à ces événements graves qui se produisent sur le territoire national de Madagascar, le ballet diplomatique continue. L'objectif de ce genre d'exercice est simple : dénouer le conflit par la négociation. La philosophie de la diplomatie est louable mais en réalité, comme je l'ai mentionné, ce moyen est également une violence.
Prenons les parties en présence. D'un côté, au niveau national, les anti-Ratsiraka et les pro-Ratsiraka, de l'autre, au niveau international, la Communauté Internationale qui est en fait (dans le cas "Madagascar") composée de La France et de quelques pays francophones.
Au niveau national, la situation est claire : les Malgaches aspirent à des changements réels et effectifs, ils ont donc désavoué l'amiral Ratsiraka. Les résultats des urnes en constituent la preuve. La situation est claire mais elle n'est pas acceptée par tous. Le camp de l'amiral a donc commencé et continue de déstabiliser Madagascar en terrorisant et en essayant de détruire le peuple Malgache. Ce camp, par les déclarations et les actes de ses principaux meneurs, est entré en guerre contre l'aspiration démocratique des Malgaches. Par leurs actes, l'amiral rouge et ses amis ont choisi la couleur du sang, et s'érigent ainsi contre les principes de la déclaration universelle des droits de l'homme et du citoyen.
Ce basculement place la "crise malgache" au rang des problèmes internationaux. En effet, lorsque les droits de l'homme sont bafoués à grande échelle et de façon systématique dans un pays, la Communauté Internationale est désormais impliquée et a le devoir de s'impliquer. Elle l'a prouvé à plusieurs reprises dans différents conflits intra et inter-nationaux. Mais ces interventions ne relèvent pas du même registre et de se font pas de la même manière.

.....à la pénombre des relations internationales.

Dans la pénombre des relations internationales, le monde est en réalité découpé en "zones d'influence". Ainsi, les anciennes colonies de la France font partie de la zone d'influence française. Pour s'informer ou régler les conflits sur cette zone, la Communauté Internationale (en réalité l'ONU et les grandes puissances) s'adresse prioritairement à la France. La France est donc la MC (maîtresse des cérémonies) dans sa zone d'influence.
Si elle peut "faire la pluie et le beau temps" dans sa zone, elle ne maîtrise pas forcément l'ensemble du système car il s'agit bien d'un système. Les pays francophones (africains dans le cas qui nous intéresse) mais également des organisations et des personnes plus ou moins occultes font partie intégrante de ce système. Les sous-systèmes plus ou moins officiels et "propres" dont les racines se perdent parfois dans l'histoire coloniale cohabitent avec les "nouvelles relations de partenariat" proclamées depuis environ une décennie. Mais ces deux pôles ne sont nullement indépendants, ils sont en interrelation permanente même si occasionnellement - selon les besoins diplomatiques - on tire un peu plus sur la ficelle de l'un ou de l'autre pôle.
Cette facette à géométrie variable est au centre du (non)règlement du conflit malgache. En effet, si la France tergiverse autant dans sa prise de position officielle, c'est tout simplement à cause de la crainte d'éventuelles turbulences dans sa zone d'influence. Monsieur Ratsiraka appartient au cercle des amis de la zone Afrique francophone qui comporte quelques dinosaures adeptes du pouvoir fort. Les racines des réseaux (par exemple : françafrique) français s'infiltrent profondément au sein de ces pays dont la démocratie n'est pas toujours leur première préoccupation. Ces réseaux "s'acoquinent" avec les différents services au service de la France et disposent d'un certain pouvoir qui peut déstabiliser l'écologie du système étatique (donc économique) français. Toucher à un élément du système équivaut à secouer l'ensemble du système. Désavouer officiellement monsieur Ratsiraka c'est toucher à un élément du système Afrique francophone voire beaucoup plus car il est question de zone d'influence.
La France et, par son intermédiaire, la Communauté Internationale se trouvent donc devant un dilemme : sacrifier le peuple Malgache ou titiller le système ? Quelques pays de façon isolée ont reconnu l'aspiration des Malgaches mais comme la France n'a pas donné son aval, la Communauté Internationale n'a émis aucune reconnaissance officiellement du président élu de Madagascar. Cette Communauté Internationale dont La France est la représentante dans sa zone d'influence préfère pour le moment sacrifier le peuple Malgache. C'est un fait qui ne nécessite aucun discours philosophique ou politique. Et les Malgaches ne sont pas dupes, ils voient et vivent leurs souffrances au quotidien.

La question est la suivante : jusqu'où la Communauté Internationale, et la France, peuvent-elles aller dans le sacrifice de Madagascar sur l'autel de la démocratie ?
Oui, la politique propre n'existe pas.


Andriandrahiraka N.

De la part de Soromilanja (le 15/05/02) :texte d'analyse suivi d'une lettre "Appel aux élus du peuple Français."

_____________TEXTE D'ANALYSE_____________________

Chers amis, élus du peuple français !

Je vous prie de m'excuser si je m'adresse à vous personnellement aujourd'hui.

Je suis français d'origine étrangère : je suis d'origine malgache.

Aujourd'hui tous les dirigeants, élus, et associations diverses sont unanimes pour lutter contre la montée du racisme, et de la ségrégation de toute sorte que représente l'arrivée de Jean Marie Le PEN à deux doigts du poste présidentiel, en France, à l'issu du premier tour de la présidentielle.

Mon propos n'est pas de vous dire qui en est responsable, mais plutôt de cet élan contre ce mouvement qui n'est même pas encore arrivé au pouvoir, en France.

Je m'associe avec mes amis français d'origine malgache, et qui sont contre ce type de mouvement, ce type principe, ce type ségrégation, véhiculé par Mr Jean Marie Le PEN, à toute la population française qui lutte contre cette idée, pour : VOTER CONTRE LE PEN.

Je m'adresse à vous particulièrement, en association avec le peuple malgache, puisque je n'ai pas le moyen d'entrer en contact directement avec tout le peuple français. Alors par ce message, et par ce cri, je vous prie de transmettre à tous vos électeurs que le peuple malgache lutte aussi depuis 20 à 25 ans contre un dictateur, Mr Didier RATSIRAKA, contre une dictature qui, aujourd'hui, est vomie par la majorité (plus de51%) de la population.

Lors de l'élection du 16/12/2001, la population a voté. Le résultat a été falsifié. On vous a menti. On vous a caché la vérité.
- Ce n'est pas le propre de Mr Didier Ratsiraka de ne pas profiter de la faiblesse de son adversaire pour l'écraser : s'il n'avait vraiment pas triché, ce serait lui qui proposerait la confrontation des voix.
- Tout le monde savait à Madagascar que Ratsiraka a effectué une épuration administrative bien longtemps avant cette élection : il a fait muter plusieurs instituteurs en brousse qui n'étaient pas de l'Arema (son parti politique) ; - c'est le chef de circonscription scolaire (lui aussi de l'Arema) qui s'en chargeait.
- Toute le monde savait que les gouverneurs de chaque province, avec des principaux fonctionnaires dans chaque province étaient à la solde de Ratsiraka.
- Tout le monde savait que le nombre des bureau de vote n'était même pas arrêté une semaine avant l'élection : donc tous les candidats ne savaient même pas ni le nombre exact, ni l'endroit où on allait mettre des bureaux de votes.
Je vous prie de lire donne cet extrait d'un journal local qui donne un peu une explication sur ce point :

Extrait de " Midi Madagasikara " du samedi 5 Janvier 2002

....La demande de confrontation des procès-verbaux n'est pas un caprice. Les preuves sortent des tableaux d'affichage de la Coupole elle-même. Le 17 décembre 2001, soit au lendemain du scrutin, le nombre total des bureaux de vote était de 14910. Le 22 décembre 2001, le journal officiel a sorti le chiffre définitif de 16510 bureaux de vote pour 6 358 784 électeurs. Soit un gain de 1600 bureaux de vote fictifs. Ce qui représente 608300 électeurs de plus à raison de 385 inscrits en moyenne par BV.
Entre ces deux dates, le nombre des BV a oscillé sans explication. Au profit du candidat du pouvoir et au grand dam de Marc Ravalomanana lequel a vu son score glisser de 61% jusqu'à 46%.
Il va de soi que les procès-verbaux issus de ces bureaux de vote fictifs n'ont été ni signés ni contre-signés par les délégués des autres candidats là où ils étaient présents. Bref, les Crmv ayant cautionné ces BV demeurent également fictives.
Les fraudes étant plutéiformes, les observateurs et les autres candidats découvrent petit à petit les mécanismes par lesquels elles ont été organisées. Ainsi, dans certains endroits du fameux "pays profond" ou la campagne, les abstentionnistes ont pu néanmoins voter contre leur gré. Leur vote a été systématiquement dirigé en faveur du candidat du pouvoir.
Un autre subterfuge consista à diviser par deux, voire par trois, le score de Marc Ravalomanana et d'arranger soit à la hausse soit à la baisse ceux des outsiders en fonction de l'objectif visé.
D'innombrables magies ont opéré leur ruse lors de ce scrutin. Elle seront mises à jour au fur et à mesure que les procès-verbaux des candidats et des observateurs arriveront à Antananarivo pour examen.
Dans ces conditions, il s'avère difficile d'accorder un crédit quelconque au verdict de la Hcc, puisqu'il sera basé sur les PV issus de ces bureaux de vote fictifs. Et s'ils ne l'étaient pas, le pouvoir devra le démontrer par la confrontation des PV."...

Sans parler du fait que les membres de la haute Cours Constitutionnelle ont été modifiés par Mr Didier Ratsiraka, maintenant on sait pourquoi. Veuillez lire cet extrait d'une dépêche de l'AFP de 27/02/2002 suivant :

mercredi 27 février 2002, 18h08
Violences entre partisans de MM. Ratsiraka et Ravalomanana: un mort
ANTANANARIVO, Madagascar (AP).
" . . . Les affrontements ont commencé mercredi matin devant le bâtiment de la Haute Cour constitutionnelle, qui avait proclamé des résultats donnant le maire d'Antananarivo en tête mais sous la barre des 50% . . . "
" . . . Des journalistes sur place ont toutefois affirmé que les violences avaient éclaté après qu'un juge de la Haute Cour eut annoncé son intention de proclamer les ''vrais résultats'' du scrutin présidentiel.
Soutenant les accusations de l'opposition selon lesquelles le pouvoir s'est rendu coupable de fraude électorale, le juge a assuré que le gouvernement avait exigé de la Haute Cour qu'elle certifie des résultats ouvrant la voie à un second tour . . . "


Le témoignage, dans un journal local, de cet avocat général de la province de Fianarantsoa corrobore ce fait :


(L'EXPRESS DU 30 AVRIL 2002 )
Ravalomanana Président, les provinces sur la voie risquée de l indépendance
" . . . Le témoignage de l avocat général de Fianarantsoa a également été cite hier. Selon Me Randranto, ancien bâtonnier, quelques jours après le scrutin, le gouverneur de Fianarantsoa Emilson, fidèle à l'Amiral, avait réuni les préfets et les sous-préfets à qui il a donné la consigne de "retarder autant que possible l'acheminement des PV au ministère de l intérieur" et de "faire le nécessaire" pour que les résultats tournent en faveur du candidat Ratsiraka. La fraude a été constatée au niveau de plusieurs localités de la province de Fianarantsoa . . . "


Mr Didier Ratsiraka a tout prévu. Il a accepté la mise en place des provinces autonomes, parce ce serait uns stratégie de " second best " pour lui : au cas où il ne serait pas reconduit au pouvoir, il mettrait en application ce qui se passe aujourd'hui : exactions, bocages, dynamitage de ponts, guerre tribalisme, indépendances des provinces, etc. Je vous prie de lire l'extrait du monde du 27/02/2002, où une collaboratrice de Ratsiraka a déjà ce que celui allait faire aujourd'hui :

Monde
Guerre des nerfs entre les deux pouvoirs à Madagascar
Premiers morts depuis le début de la crise présidentielle.
Par Louis HENRIQUET - Le mercredi 27 février 2002

Madagascar correspondance
"Le scénario se répète partout : les partisans de Ravalomanana manifestent devant le domicile des élus du parti au pouvoir, avant d'y mettre le feu en cas de répression."

Répression.
" . . . En province, là où les électeurs de Ravalomanana sont plus éparpillés dans les campagnes, à l'exception de celles d'Antananarivo et de Fianarantsoa où il a fait le plein des voix lors de la présidentielle du 16 décembre, les autorités locales ont mis en place le dispositif de l'état de nécessité nationale, décrété en fin de semaine dernière . . . ".
" . . . Une collaboratrice du président Ratsiraka explique cette stratégie : "Laisser pourrir la situation à Antananarivo en l'isolant de ses appuis dans le reste du pays. Après, on s'occupera de la capitale." . . .


La position officielle de l'Elysées, et de Matignon est de faire confiance au vote de la population au point de suggérer, et d'accepter que l'on recompte les résultats du premier tour, dans le cadre de l'Accord de DAKAR. L'extrait de la dépêche de l'agence Reuters suivant montre la première condition de cet accord :

jeudi 18 avril 2002, 15h02
Accord entre les deux présidents rivaux de Madagascar
Par Diadie Ba
DAKAR (Reuters) - Les deux présidents rivaux de Madagascar, le sortant Didier Ratsiraka et l'autoproclamé Marc Ravalomanana, se sont mis d'accord sur l'organisation d'un référendum au cas où aucun vainqueur ne sortirait clairement d'un recomptage des voix du scrutin présidentiel du 16 décembre.
Le texte signé par les deux hommes prévoit que les Malgaches choisiront par référendum entre les deux hommes si aucun des deux eux n'obtient la majorité absolue au premier tour.
"(..) Les partis conviennent que dans l'hypothèse qu'aucun candidat n'a obtenu la majorité requise pour être élu au premier tour de scrutin, un référendum populaire pourtant sur le choix entre les deux candidats sera organisé avec l'assistance des Nations unies, de l'OUA, de l'Union européenne et de la communauté internationale dans un délai de six mois maximum", indique le texte.
"Dans ces conditions, un gouvernement de réconciliation nationale de transition sera mis en place", ajoute le document.

La population a voté. Les voix ont été recomptées avec / par les mêmes juges de la Haute Cour, qui ont proclamé Mr Didier Ratsiraka, en 1997, comme Président de la République. Il en sort que c'est Mr Marc Ravalomanana qui obtient la majorité dès le premier tour. Par conséquent la France, L'OUA, l'Union Européenne, l'ONU etc. n'ont plus qu'à se soumettre à la volonté du suffrage de la population malgache.
Il faut laisser la paix à la population malgache, et au mieux l'aider à reconstruire son pays, plutôt que de protéger à tout prix un dictateur qui a déjà fait pire que Mr Le PEN en 20 / 25 ans de régime de corruption généralisée.
La population n'en veut plus.
Ratsiraka est aujourd'hui un criminel d'après la constitution malgache, voyez l'extrait suivant :

Crime contre la Nation
La Constitution malgache stipule dans son article 129 :
"Toute sécession ou tentative de sécession d'une ou plusieurs provinces autonomes est interdite. Les auteurs de tels actes portant atteinte à l'intégrité territoriale et l'unité nationale et qualifiés de crime contre la nation, sont passibles de la peine maximale prévue par le Code pénal (ndlr : la peine de mort). Est nul de plein droit tout acte ou toute mesure de nature à porter atteinte à l'unité de la République ou à mettre en péril l'intégrité du territoire national pris par une autorité d'une VERDICT DE LA HAUTE COUR CONSTITUTIONNELLE SUR L'ÉLECTION DU 16 DÉCEMBRE

Alors pour étayer l'interrogation, et le souhait de la population Malgache, je vous prie de lire l'extrait de l'article de " Libération du 11/03/2002" suivant :

Libération.com
Courrier. Le légalisme à deux vitesses de Paris est néo-colonial.
Que la France respecte le vote malgache
Le lundi 11 mars 2002

La position aveugle de la France sur les événements de Madagascar contribue de manière déterminante à la gravité de la situation. En effet, l'appel a priori à la tenue d'un second tour sans de réelles garanties de transparence ­ entre autres la clarté sur le premier tour et le remplacement de la pseudo Haute Cour constitutionnelle par un organe indépendant ­ ne peut conduire qu'à cautionner la répétition des fraudes massives et avérées du premier tour.
Cette position se fonde sur un légalisme à deux vitesses, qui condamne la proclamation légitime d'un Président par le peuple, mais ferme les yeux sur le coup d'état électoral du 16 décembre: fraudes massives, mais aussi intervention du candidat Ratsiraka sur le risque de chaos, diffusée en boucle pendant le scrutin par la radiotélévision officielle, etc., et sur l'illégalité des mesures prises récemment, jusque et y compris la loi martiale.
En outre, la République française, comme ses citoyens résidents ou non-résidents, n'a pas à décider à la place du peuple malgache quel est le meilleur candidat, mais à demander, comme partout ailleurs, le respect du processus démocratique et du vote du peuple malgache.
Le Président élu et proclamé par le peuple ne représente nullement une minorité, mais est le seul à avoir dès le premier tour une implantation nationale que pourraient lui envier bien des candidats à des élections dans d'autres pays.
En utilisant des grilles de lecture périmées qui la conduisent à cautionner les encouragements à la guerre inter-ethnique, dernière arme d'un ex-président déchu, la France prendrait une grave responsabilité devant l'Histoire.
Il est grand temps que la France comprenne que le peuple malgache et son Président ne sont nullement anti-français, mais refusent simplement les attitudes néo-coloniales et souhaitent continuer à travailler avec la France sur la base de relations de partenariat.
Maurice Robert

Ratsiraka a volé le pays depuis plus de 20 ans. Si le pays a besoin de lui, ce n'est pas pour diriger le pays lors d'une quelconque transition, mais pour rembourser et payer ce qu'il s'était approprié indûment sur le dos du pays et de la population malgache. Voici un exemple de trafic auquel il s'est adonné, parmi tant d'autre.

Enough to turn you green with envy STRAITS TIMES
http://web.singnet.com.sg/~twells/news023.htm
THAILAND - Gemologist Christian Dunaigre and sales agent Jeffery Bergman smile when holding the world's largest known cluster of emeralds worth an estimated US$50 million (S$71 million).
The cluster of 127 medium green emeralds, weighing 380,000 carats, was extracted by Bangkok gemologists from what was thought by its owner to be a large black rock.
The unidentified owner of the cluster, who found the rock while mining in Madagascar five years ago, had thought it might be special but had no idea that it would be so valuable until an initial cleaning by gemologists revealed its splendor.
Mr. Bergman said he expected the emeralds to be bought by a private collector or a museum. The cluster had been certified by the Asian Institute if Gemological Sciences and is now on display at the Mid-east Watch and Jewellery Fair in Sharjah in the United Arab Emirates.

Ce n'est qu'une pièce d'émeraude, mais une pièce qui vaut 50 millions de $US : il y a de quoi à rendre fou des dirigeants autres que lui (Ratsiraka pourrait payer une commission de 57 millions de Francs - équivalant de la commission en jeu, et versée, dans l'histoire des frégates françaises à Taïwan - à quelqu'un). A Madagascar, ce n'est pas tout le monde qui peut exploiter de l'émeraude. Tout le monde sait qui en monopolise l'exploitation.

Enfin, l'utilisation de L'OUA ne justifie pas de " marcher sur le vote du peuple malgache ". Nous avons déjà constaté beaucoup de démarche similaire en Afrique, et qui a pu remettre des dictateurs au pouvoir, alors même que leur population les a désavoués lors d'élections normales et légales. Me Ratsiraka sachant que cela a marché, alors il use et abuse de l'utilisation de l'OUA, pour s'asseoir sur le vote de plus de 50% du peuple malgache qui le rejette. Je vous prie de lire les quelques lignes suivantes, dont la teneur n'engage que celui qui l'a écrit. Mais au moins cela explique au peuple malgache, qu'est-ce qui se trame au-dessus de leur tête, au-dessus de leur vote

C O M M U N I Q U E Paris, le 26 février 2002 Associataion Survie
Survie est présidée par F.X VERSCHAVE, auteur de la FrançAfrique

Dans plus d'une dizaine de pays, la Françafrique a institutionnalisé la tricherie électorale avec des coopérants très spéciaux - employés fictifs du Paris chiraquien ou affiliés des réseaux Pasqua, principalement. Tandis qu'ils diffusaient les mille et une ficelles de la fraude (depuis les listes électorales jusqu'au décompte des résultats), des juristes de haut vol, genre Charles Debbasch, pipaient les règles du jeu constitutionnel afin d'invalider les candidats gênants ou la contestation des scrutins.
Ainsi fut validée au Togo la réélection-bidon du tyran Eyadema, contre l'élu du peuple Gilchrist Olympio. Le lot de consolation, une médiation "européenne" pilotée par Paris, a achevé de montrer sa finalité : le digestif d'une forfaiture.
Le scénario s'est répété au Tchad en juin 2001, avec la réélection de Déby contre un Yorongar porté par un raz-de-marée de votants.
Il va avoir lieu au Congo-Brazzaville, où l'Union européenne va scandaleusement bénir, par l' envoi d'observateurs impuissants, le sacre électoral truqué d'un criminel contre l'humanité, Denis Sassou Nguesso.
À Madagascar, une nette majorité de l'électorat a élu le 16 décembre Marc Ravalomanana ; toutes sortes de manipulations de dernière heure (dont l' apparition de nouveaux bureaux de vote) ont rogné ce résultat, mais deux décomptes parallèles démontrent un solde supérieur à 50 %. Chéri par les réseaux françafricains, l'"amiral" Didier Ratsiraka, qui fit tirer sur la foule en 1991, refuse obstinément un examen de ces décomptes. Il préfère les "calculs" d'une Haute Cour constitutionnelle à sa botte qui, ramenant à 46,21 % le score du vainqueur, exige un second tour.

Enfin, chers amis : élus du peuple français, il y a des élus français qui se sont déjà prononcés pour le respect du vote du peuple malgache, et pour son souhait d'en finir avec le régime de corruption généralisé de Mr Ratsiraka. Je peux citer le nom de Mr Noël Mamère, Mr François Bayrou, Mr Guy Penne, un sénateur maire de la Réunion, et certains élus des départements et des régions de la métropole.
Alors, en guise de conclusion, je vous prie de lire ces quelques lignes d'intellectuels malgaches :

Appel à la Communauté Internationale

(notamment les Chancelleries, les Universités du monde entier, Institutions et organismes internationaux, Ligue internationale des droits de l'homme, Amnesty international et à toutes les personnes de bonne volonté)

Le Syndicat des Enseignants Chercheurs de l'Université de Madagascar, section Fianarantsoa :
- Faisant suite à l'investiture officielle du Président de la République de Madagascar, Marc RAVALOMANANA, élu démocratiquement au premier tour, le 16 Décembre 2001; après décompte contradictoire des voix effectué par la Haute Cour Constitutionnelle en application de l'arrêt n°4 du 16 Avril 2002 de la Chambre Administrative de la Cour Suprême;
- Devant l'entêtement de certaines chancelleries et de l'OUA à méconnaître les réalités, ainsi que leur insistance étonnante et suspecte à exiger encore la mise en place d'un "gouvernement de consensus" et la tenue d'une "consultation populaire" alors que l'article 1 de l'Accord de Dakar n'envisage cette éventualité que "dans l'hypothèse où aucun candidat n'a obtenu la majorité requise pour être élu au premier tour de scrutin";
- Face à la persistance des velléités de sécession et aux derniers actes de terrorisme perpétrés par la bande du président déchu Didier Ratsiraka ayant fait fi des accords de Dakar, notamment le dynamitage du pont de Marovola (à 30 km de Brickaville), coupant définitivement toute communication entre la Capitale, les Hautes Terres et la Côte Est; aggravant ainsi les diverses pénuries en produits de première nécessité, médicaments, carburant, matières premières destinées aux industries;

Fait remarquer que Monsieur RATSIRAKA et consorts sont très mal placés pour contester les résultats officiels, ayant refusé de participer à la confrontation des documents électoraux;
S'interroge si le Président Jacques CHIRAC accepterait de former un
gouvernement de consensus avec l'équipe de Monsieur Jean Marie LE PEN si des instances internationales le demandaient et irait vers de nouvelles consultations populaires au cas où son rival le réclamait sans preuves;
Est certain que le Président George BUSH ne négocierait jamais avec un terroriste avéré de la trempe de BEN LADEN comme on demande avec
acharnement au Président RAVALOMANANA de le faire avec le terroriste RATSIRAKA;
Rappelle à la Communauté Internationale que le génocide perpétré au Rwanda a commencé de la même manière.

Nous, intellectuels de Madagascar,

1. Lançons un cri de détresse aux gouvernements de tous les pays de bonne volonté du monde entier pour qu'ils constatent l'urgence et la gravité de la situation et cessent de tergiverser dans la reconnaissance de la légalité du Président Marc RAVALOMANANA et de son gouvernement.
2. Prions la Communauté internationale d'intervenir pour faire cesser
définitivement les actes de sécession, de terrorisme et les préparatifs de génocide avant qu'il ne soit trop tard.

Fait à Fianarantsoa, le 08 mai 2002
Au nom du bureau
Le Secrétaire Général
RANDRIANIRINA Benjamin

Aussi vous fais-je lire ces quelques lignes d'une concitoyenne, femme de diplomate français à Madagascar (je crois vraisemblablement et sûrement que la hiérarchie de son mari l'aurait faite taire, sinon même avait fait muter son mari en métropole), et qui est vraiment perdue face au double jeu des dirigeants français, vis à vis du peuple malgache :

Antananarivo le 25 février 2002-03-10

A mes amis malgaches et à mes compatriotes français

Chers amis, chers compatriotes,

La présente lettre n'a qu'une seule intention, celles d'informer mes amis malgaches et lancer un appel à tous les Français.

Je suis la femme d'un diplomate français, et je suis à Madagascar depuis trois ans, vous me comprendrez si j'évite de citer mon nom ici afin d'éviter de compromettre mon mari, cependant je signerai cette lettre et apporterai mon témoignage si plus tard est impérativement de le faire.

Je suis sûre que je ne suis pas la seule à être au courant des affaires qui se font entre de Très Hautes Personnalités malgaches avec de Très Hautes Personnalités françaises. Celles-ci touchent entre autres et particulièrement le trafic de pierres précieuses (saphir, émeraudes, rubis etc…), par le canal de voyages diplomatiques, dans lequel les rôles sont bien départagés, celui des hommes d'état malgaches consiste à fournir les pierres et celui de très hautes personnalités françaises de les écouler, ce trafic constituera tôt ou tard, j'en suis certaine, le scandale du siècle en France.

L'Elysée a pris l'initiative en réunissant les chefs d'Etat des pays africains francophones de recommander à ceux-ci un soutien tacite à leur homologue malgache Ratsiraka.

L'opportunité du passage d'un mauricien (dont le pays d'origines a de grands intérêts à Madagascar, à travers les zones franches), à la tête du Conseil de Sécurité de l'ONU, a été saisi par des hommes au pouvoir en France pour lui faire faire une déclaration en faveur du président malgache Ratsiraka pour le second tour, il en de même pour l'ONU.

Le SG de l'OUA a été " prié " d'aller à Madagascar, par le Président français en personne pour " régler " le " Dossier Madagascar ". Avant son déplacement à Tananarive, un émissaire algérien a été envoyé en éclaireur pour discuter de la stratégie en mettre en œuvre, un Algérien a été par la suite adjoint à la mission pour boucler la boucle.

Plusieurs hommes d'affaires français installés à Madagascar frileux et jaloux de immenses profits qu'ils tirent de leurs " investissements " dans cette île sont partie prenante à part entière dans cette affaire, j'éviterai de citer tous les noms, ils ne sont pas difficiles à reconnaître, puisqu'ils se réunissent presque chaque soir d'un endroit à l'autre de la ville, toutefois les noms suivants ne sont un secret pour personne puisqu'ils servent d'avant-garde dans cette entreprise, MM De Foucault, Fraise, De Chateauvieu, De La Chaise. J'estime que ces personnes sont des égoïstes, ternissant l'image de leurs compatriotes, se délectant d'un esclavage moderne dans lequel un ouvrier malgache ne coûte même pas le coût d'une paire de souliers à la mode qu'ils achètent en France.

Un mission militaire française, dirigée par un très haut officier de l'armée française vient de séjourner à Madagascar, pour une opération X (dont le nom m'échappe), avec l'objectif de ne laisser en aucun cas le pouvoir entre les mains de l'adversaire de Ratsiraka, dont le régime serait les Terres Centrales ?.Ce, quel qu'en soit le prix. Le bateau de guerre SIRROCO mouillé à Djibouti est une garantie faite à Ratsiraka et s'apprête à intervenir à tout moment, au cas où l'armée malgache ferait défection à Ratsiraka.

Mise à part les coopérants militaires français actuellement intégrés dans l'armée malgache d'autres militaires sont déjà sur place, certains ont été aperçus lors de la manifestation à l'ambassade de France…
Voilà donc quelques informations, qui je le souligne n'ont aucun caractère officiel, ce pourquoi je fais appel à tous les Français et Françaises de Madagascar, de France et de par le monde, d'avoir le courage de dénoncer cette politique de la France qui n'a aucun sens et qui jette dans la poubelle l'honneur de tous les Français de ce monde.

Dénonçant les magouilles qui se font dans les Plus Hautes Sphères de l'Etat Français, et j'insiste, l'opportunité est d'autant plus grande que la France est actuellement en pleine campagne électorale.
Osons interpeler M. Chirac justement en pleine campagne pour qu'il s'explique sur cette politique sale et honteuse tirant derrière elle un dictateur de plus de 27 ans, et cela, au mépris de tout un peuple assoiffé de changement.
Contactons tous nos amis, des membres de notre famille, des contacts ou des simples connaissances en France ou partout ailleurs, pour dénoncer ensemble ce scandale

Je vous salue tous et courage jusqu'au bout !

Mon mot dernier est le suivant :

Quel est l'intérêt du peuple français en Afrique et à Madagascar ?
Quel est l'intérêt des élus français en Afrique et à Madagascar ?
Quel est l'intérêt des dirigeants français (cellules africaines de l'Elysées et de Matignon) en Afrique et à Madagascar ?
Quel est l'intérêt des fonctionnaires français (cellules africaines de l'Elysées et de Matignon) en Afrique et à Madagascar ?

Pourquoi soutenir un Dictateur et piétiner le vote du peuple Malgache ?
Le peuple Malgache ne mérite-t-il pas de vivre dans un pays sans corruption généralisée ?

Je vous fais confiance chers élus, comme vous aviez pu mobiliser le peuple français pour barrer la route à Mr Le Pen, en France, pour aider le peuple malgache, aujourd'hui, à se défaire de l'emprise de ce dictateur
Alors je vous prie d'ouvrir la route de la paix civile, et la reconstruction de leur pays au peuple malgache.

Un citoyen français d'origine malgache qui a aussi barré la route à Le Pen, dans une France républicaine (si j'ose y croire encore).

RANAKANDIANTSOA Soromilanja

_______LETTRE "APPEL AUX ELUS DU PEUPLE FRANCAIS"____________

"Chers élus du peuple français !

Je vous prie de m'excuser si je vous adresse ce message. Je voulais vous demander de l'aide, au nom du, et pour le peuple malgache.

Veuillez lire le document ci-joint s'il vous plaît !

Quel est l'intérêt de la France à Madagascar ?
Quel est l'intérêt du peuple français à Madagascar ?
Quel est l'intérêt des élus français à Madagascar ?
Quel est l'intérêt des dirigeants français à Madagascar ?
Quel est l'intérêt des cellules africaines de l'Elysées et de Matignon à Madagascar ?

=> pour soutenir un dictateur comme Mr Ratsiraka, au détriment du suffrage universel exprimé par la population, afin d'en finir avec un régime de corruption généralisée.

Les dirigeants français remuent ciel et terre pour barrer la route à un Le PEN, qui n'est pas encore au pouvoir, alors que le peuple malgache a exprimé, à travers leurs votes, un refus d'un dictateur comme Ratsiraka qui a fait ses preuves depuis plus de 20 ans.

Les dirigeants français jouent un double jeu, à Madagscar, incompréhensible par le peuple français lui-même, et le peuple malgache.

Le peuple malgache a besoin de votre réponse, de votre aide, de votre soutien, et de votre action.

Je vous adresse mes remerciements anticipés.

RANAKANDRIANTSOA Soromilanja"