"JIRAMA : une actualité importante."
(publié par Tafatafa.eu.org en mai 2004)
Bien que le coût de la vie préoccupe à
juste titre les citoyens, il ne faut pas oublier pour autant d’autres
sujets qui vont engager l’avenir du pays. Et notamment les questions
relatives à la JIRAMA.
Les décisions actuelles relatives à cette société
publique résultent des propositions de Décembre 2002 adressées
par le Gouvernement malgache à l’intention du FMI. Elles
ont été dictées uniquement par la nécessité
de prendre des mesures d’assainissement financier. A l’époque
étaient prévus : une hausse des tarifs, le règlement
des dettes aux pétroliers, le recouvrement des impayés et
l’audit par un consultant étranger.
Ces mesures n’ayant été concrétisées
dans les délais que partiellement, le Gouvernement a dû céder
et a ajouté : l’appel à la consultance étrangère
pour élaborer la politique tarifaire de la Jirama, en s’engageant
à accepter d’avance ce que les conclusions de ladite consultance.
Deuxièmement, il a proposé la mise en place à la
tête de la JIRAMA en janvier 2004 d’une société
étrangère pour « rendre sa gestion plus performante
». En réponse, le FMI a indiqué que le gouvernement
"devrait donner une haute priorité" à la réalisation
de ses propositions.
Il est vrai cette dernière solution a donné des résultats
bénéfiques dans un certain nombre de cas. C’est notamment
le cas dans la décision de confier la Société AIR
MADAGASCAR à des entités étrangères. A ce
jour, AIR MADAGASCAR est en plein redressement. Et on comprend, dans ce
cadre là, que les autorités aient voulu appliquer la même
recette à la JIRAMA. Cependant, le contexte dans lequel évoluent
AIR MADAGASCAR et la JIRAMA n’est pas du tout similaire. AIR MADAGASCAR
avait des créances privés. Elle a bénéficié,
conséquence, d’un recouvrement efficace de ses créances.
L’endettement de la JIRAMA résulte des impayés de
l’Etat et de ses démembrements. La mauvaise situation de
cette entreprise est d’abord le résultat de la mauvaise gestion
de l’Etat. Les factures impayées de l’Etat envers la
JIRAMA est de 400 Milliards de Fmg. Les dettes de la JIRAMA envers l’Etat
au titre du financement des infrastructures étant de 130 Milliards,
on comprend donc que l’Etat doit actuellement 270 Milliards de Fmg
à la JIRAMA.
A l’avenir cet endettement dépendra, d’une part, de
la capacité de l’Etat à payer ses factures d’électricité
et, d’autre part, de l’évolution du prix du pétrole
sur le marché mondial. Or, compte tenu de la situation actuelle
de son budget, tout indique que l’Etat ne sera pas en mesure de
payer la JIRAMA. En outre, il est clairement établi que le prix
du pétrole va continuer à augmenter.
En conséquence, l’arrivée d’une société
étrangère ne résoudra pas la mauvaise santé
financière de la société nationale. Bien au contraire,
il est à prévoir que la situation s’aggrave. Sauf
à ce qu’on permette à cette société
de bénéficier d’une hausse très importante
du prix de l’électricité. Et ce contrairement à
ses prédécesseurs nationaux.
On voit en conséquence que le problème ne peut être
analyser en terme de mauvaise gestion. Et il s’agit désormais
de trouver une solution plus réfléchie à ce problème,
laquelle sauvegarde les intérêts des salariés et au
delà des citoyens.
Razafy2
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